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Jacques Wullschleger
écrit le 05.12.2017 dans Sports collectifs


Sébastien Zambaz, ancien footballeur

"Quand je suis arrivé à Fribourg, je ne savais pas où était la gare...". Il regarde son interlocuteur droit dans les yeux et ne lâche pas sa prise. Dans son discours comme lorsqu'il écoute. Footballeur - il a joué jusqu'à 42 ans -Sébastien Zambaz était tout aussi concentré, pugnace avec comme autre ami un ballon, son outil de travail. Sur un terrain c'était un grand travailleur, un gagneur, tout le temps. N'est-il pas un Valaisan pur souche?

Pourtant, cela fait 11 ans - déjà! - que Sébastien Zambaz travaille à Fribourg, chez Interima SA, entreprise de services à la Rue de Lausanne. Il y est directeur régional. "Nous avons ouvert le 1er mars 2006. Une 2e agence se trouve à Bulle depuis le 1er juillet 2008. Une troisième est née en 2015 à Payerne." La politique de l'entreprise? C'est la spécialisation, dans le bâtiment et l'industrie. À Fribourg, les bureaux sont occupés par quatre personnes "Dont moi", l'une d'entre elles ayant pour mission de recruter. Interima est une filiale d'Interiman.

C'est à Sion, dans les bureaux de cette société, que Sébastien Zambaz a suivi une formation. "Le responsable m'avait contacté, il cherchait un conseiller en personnel, tout est parti de là." Alors en fin de contrat avec le FC Sion, et en partance pour NE Xamax, le Valaisan avait deux ou trois mois devant lui. "C'était soit effectuer un tour du monde soit préparer déjà ma reconversion." Il était proche de la trentaine, un âge charnière, pour un sportif surtout.

Les événements s'enchaînent. Fondateur de l'enseigne Interiman Groupe, Raymond Knigge que Sébastien Zambaz, en fin contrat à Neuchâtel, avait connu et apprécié lors de son passage au LS - Knigge y a joué -, lui téléphone. "Faut qu'on se voit", lui dit-il, plein d'espoir quant à la réponse de son interlocuteur. "Je vais continuer à me développer en Romandie. À Fribourg il n'y a pas de bureau alors je te propose d'en ouvrir un, à toi de t'occuper de tout. Tu es partant?" "Oui", lui a répondu le Valaisan. Raymond Knigge qui, en passant, lança Ecco en Suisse en 1980, savait qu'il en irait ainsi.

Sébastien Zambaz releva le défi tout en naviguant entre le Valais où il poursuivait sa formation et Fribourg, son futur lieu de travail. Tout s'est mis en place entre le mois de juillet 2005 et février 2006. "J'ai contacté beaucoup de personnes, j'ai trouvé des locaux et des collaborateurs." Le Valaisan a jonglé, passant d'une activité à une autre avec du caractère, le sien, avec cette volonté de réussir qui le détermine, qui anime toujours son quotidien. Ce bagage vital forme et alimente son bien-être.

Un valaisan pur à Fribourg

Quand on s'appelle Zambaz, Valaisan pure souche et qu'on quitte le Vieux-Pays pour un autre canton, on imagine l'adaptation peu aisée. "En fait non, tout s'est bien passé et mon intégration n'a posé aucun problème", affirme-t-il. Il fournit une explication qui tient la route, et pas seulement parce qu'elle date de la période de l'école de recrues. "Les Valaisans et les Fribourgeois ont la même mentalité. Valais et Fribourg sont deux cantons catholiques, avec cette particularité d'être tous les deux bilingues. En Valais, il y a le Haut-Valais, le Valais central et le Bas-Valais. Dans le canton de Fribourg, il y a la Singine, la Sarine et la Gruyère." Il ajoute, le sourire en forme de clin d'œil: "Le Gruyérien n'est pas Fribourgeois. Moi, je suis du Valais central." Qu'il soit de ce coin-là du pays, Vieux ou jeune, où d'un autre endroit, Sébastien Zambaz se caractérise surtout par son ouverture d'esprit. Un autre atout chez lui.

Sébastien Zambaz et Christian Constantin

Sébastien Zambaz a effectué sa scolarité à Vétroz. "Ensuite, j'ai fait un apprentissage à la Banque Cantonale du Valais." C'est un matheux. Le foot? Jusqu'à l'âge de 10 ans, il a joué au FC Vétroz, puis il a intégré les juniors du FC Sion. "Tout en étant employé de banque, j'évoluais avec les espoirs. Un jour, c'était après un match à Lugano, CC (Christian Constantin) vient vers moi et me dit: "Demain, t'appelles ma secrétaire et on voit pour la suite."

La suite? "J'ai passé pro dès la saison 1995-1996. J'ai toujours des contacts avec lui." Sur un terrain, Sébastien Zambaz était un bosseur, un milieu de terrain de couloir (à droite, surtout) avec un gros rendement. Un marathonien. "J'avais un don naturel au niveau du physique." Quel aspect auriez-voulu améliorer sans y parvenir? "Le jeu de tête." Cette mentalité de travailleur, il ne l'a pas façonnée. "C'est mon ADN."

Il a joué jusqu'à 42 ans. "Je n'ai jamais pris la place d'un plus jeune." Mais il a montré l'exemple, toujours, inculqué la culture de la gagne, partout où il a servi. Sur la fin il a évolué en attaque. "Quand on prend de l'âge on joue plutôt derrière; moi, j'ai fait tout le contraire et j'ai marqué des buts." Son regard brille. Il a pris du plaisir à poursuivre l'aventure, à jouer les prolongations. Sa démarche a aussi été d'installer du bien dans les différentes équipes où il a évolué. À considérer son parcours, Sébastien Zambaz, bon vivant aussi, a réussi sa mission.

Sébastien Zambaz et...

...Fribourg. Dans la discussion, animée, toujours intéressante, Sébastien Zambaz avoue, souriant: "Quand je suis arrivé à Fribourg, je ne savais pas où était la gare. Cela ne m'a pas empêché de relever le défi professionnel."

Dans ses dernières années de footballeur, d'entraîneur-joueur, ou de joueur tout court dans une ligue inférieure un entraînement se terminait généralement par un petit match. "Régulièrement, je sifflais sa fin quand je gagnais."

Aujourd'hui, Sébastien Zambaz a les cheveux courts, bien coiffés. Footballeur, il arborait une coupe mulet, une coiffure consistant à porter les cheveux longs et de manière désordonnée sur la nuque notamment mais pas sur les tempes où ils sont beaucoup plus courts. "On était plusieurs joueurs à avoir cette coupe (Lehmann et Lonfat, pour ne citer qu'eux). Je n'ai voulu copier personne, ni un style, c'était une mode; en ce qui me concerne, c'était quelque chose de naturel."

Son nom l'a aidé, dans sa vie d'après. "Au début, raconte-t-il, cela m'a ouvert des portes, c'était plus par curiosité qu'autre chose." Et ensuite? "Quand le téléphone sonnait, je disais: "Société Interima, Sébastien Zambaz bonjour!" Là, la personne à l'autre bout du fil me demandait: vous êtes de parenté avec le footballeur? Je lui répondais: oui, c'est moi. Du coup, ça débouchait sur des rendez-vous."

Palmarès

Sébastien Zambaz est né le 5 octobre 1974 à Vétroz.
Ancien footballeur. Milieu de couloir.
A été international à 4 reprises (en 1997, campagne pour la Coupe du monde en France en 1998).
A été champion de Suisse avec Sion en 1997.
A remporté deux fois la Coupe de Suisse en 1996 et en 1997.
A été joueur au FC Sion (de 1994 jusqu'en octobre 1997), à NE Xamax (1997-2000), au LS (2000-2003), à NE Xamax (2003-2005), à Fribourg (2005-2007, 1ère ligue).
A été entraîneur-joueur à Villars-sur-Glâne (3e ligue, 2007-2009).
A été ensuite entraîneur-joueur au CS Romontois (2e ligue inter), puis entraîneur-joueur à Sarine-Ouest (3e ligue, aujourd'hui l'équipe évolue en 2e ligue), durant 18 mois, a été joueur et assistant à l'ES Belfaux (3e ligue, aujourd'hui le club évolue en deuxième ligue), puis a été durant 6 mois joueur à Courtepin (3e ligue). Enfin, il a été entraîneur-joueur à Villars-sur-Glâne durant 2 ans et demi (3e ligue).

A mis fin à sa carrière de footballeur en juin 2016.

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger (62 ans) a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures»)dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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