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Jacques Wullschleger
écrit le 09.07.2018 dans Sports collectifs


Serge Ribordy, ancien footballeur et chanteur

Il chante la vie et enchante. Il n'est pas du genre, Serge Ribordy, 62 ans, conteur et acteur vivant bien dans son époque à faire des pas de côté pour comprendre le monde, mieux l'apprivoiser. Où qu'il atterrisse, il se sent bien, à l'aise. Ses discours sont alertes, sensibles, sentent une grande expérience, née à Genève, alimentée dans le monde sillonné, renforcée en Asie, au Japon, pays du soleil levant où il a vécu une année. Inoubliable. "Là, ma vie a été intense et magnifique", dit-il le regard brillant, reconnaissant. "A Kanazawa, tout le monde m'a aidé. Dans l'équipe, j'étais le seul étranger. On m'a invité partout. On m'a fourni une voiture. Je n'ai pas gagné d'argent mais socialement, tout ce que j'ai vécu là-bas, m'a enrichi. Depuis, le club est devenu pro." À l'ombre de la "Petite Vendée", il ajoute: "J'ai marqué un certain nombre de buts dont un de la tête. C'était si rare que j'en inscrive un du chef, que je m'en rappelle, comme si c'était hier. Bon, j'avais profité de la petite taille des Japonais..." Il rit, Serge Ribordy, de bon cœur.

A propos de cœur, celui du Genevois, qui a bourlingué, est grand, accueillant, festif, riche socialement. "J'aime le foot, j'aime la vie et j'adore les gens." Sa vie? " Elle est saine mais je ne me suis jamais rien refusé." Le temps est au passé, mais le présent lui ressemble avec tout de même un zeste de modération, une retenue naturelle qui n'altère en rien l'amour fou qu'il éprouve pour l'existence. La générosité est en lui. "Il faut savoir donner." Et il donne.

Le groupe Ribordy Etcaetera

Il a été footballeur, un très bon centre-avant, un buteur. Depuis une bonne trentaine d'années, Serge Ribordy chante et se produit sur scène, avec son groupe "Ribordy Etcaetera". Il est auteur-compositeur-interprète. Il aime les mots, tellement, qu'il lui arrive de lutter contre ceux qui sont fragiles. "J'écris accompagné de ma guitare, et tout ça en en même temps. Une mélodie se dessine." Alors, il l'a chante qui dans le dictaphone, qui dans l'IPhone. Ensuite, elle est mise en musique avec le groupe qui l'accompagne. À l'époque il écrivait les paroles, des idées sur un cahier. Aujourd'hui, il pianote ses œuvres sur son ordinateur.

Le plaisir est une notion unique, un bien-être apaisant que Serge Ribordy a cultivé avec patience, en y injectant son savoir, ses connaissances apprises ici ou là-bas, souvent lointain. "J'ai éprouvé le plaisir d'être bon sur un terrain, même quand je ne l'étais pas, avec des émotions. Quand tu marques un but, décisif ou pas, elles sont fortes. Chanteur, tu tiens le micro, et les émotions sont là, quand tu dis ta chanson. C'est une chance de vivre ça, de connaître ces deux mondes, qui tissent de belles amitiés. Ces émotions, elles m'accompagnent toujours. Elles m'accompagneront jusqu'à la fin."

Il est un artisan

Le football et la musique, c'est un lien avec les autres. "Seul, tu ne peux rien faire." Pourtant, dans son métier, Serge Ribordy est un artisan indépendant. Il est patron d'un atelier de peinture en publicité; il crée des enseignes et des logos. Son atelier?
Il se trouve au Petit-Lancy, auparavant il était à Carouge. "Depuis l'âge de 20 ans, je suis indépendant. Mon apprentissage, je l'ai effectué aux côtés d'un "vieux" patron hyper fort. Je lui dois tout."

Ce caractère d'indépendant "Je n'aurais jamais pu avoir de patron", Serge Ribordy
l'a découvert en étant adolescent. "Quand je jouais avec Carouge -il a aimé ce club, cette période de cinq ans en son sein - tous les joueurs travaillaient. Ils arrivaient à l'entraînement en costard-cravate et à la dernière minute, stressés. Ils avaient des responsabilités. ils étaient directeurs ou assureurs. Mon statut était différent. Je l'ai voulu, je l'ai choisi, j'ai rapidement senti que je devais gagner ma vie. Mais à la fin de l'entraînement, on allait tous boire l'apéro."

De Bashung à Nougaro

Depuis une bonne trentaine d'années, Serge Ribordy "fait" de la musique "Mais j'en écoute peu", dit-il. Son timbre de voix ressemble à celui d'Alain Bashung et d'aucuns lui en ont fait part. "C'est une bonne référence", souligne souriant le Genevois. J'aime Bashung mais je ne suis pas un aficionados."

Le chanteur qui l'a profondément marqué, qui a poussé sans doute Serge Ribordy à se lancer dans la chanson, à fréquenter le milieu artistique c'est Claude Nougaro, un amoureux des mots, des jeux de mots, de la poésie. "Un jour j'ai assisté à un concert de Nougaro au Victoria Hall. Il était en trio. J'étais au 1er rang. Quelle belle soirée. À la fin, quand je suis sorti, j'ai dit: "Celui qui s'est le plus marré ce soir, c'est lui."

Nu-pied près de l'Annapurna

Le plaisir est une sensation agréable, essentielle au fonctionnement du système de récompense. Cette sensation accompagne quotidiennement Serge Ribordy. Il en a épousé la philosophie. "J'ai beaucoup voyagé. Dans les années 1980, j'ai fait le tour de l'Annapurna, nu-pieds. Je chantonnais les chansons de Nougaro."

Il écrit des chansons, le Genevois. Des messages? "Il y a des sous-entendus et des références à des moments vécus ou à des répliques échangées avec quelqu'un. Dès qu'un texte est bon -en général-, je le fredonne. Je sais m'inspirer des belles choses. Il faut aussi se souvenir des belles choses."

A Paris en studio

Il est "monté" à Paris. "J'ai "fait" du studio, je n'ai pas donné de concert." Cela a été une expérience pour lui, la rencontre d'un milieu artistique, d'un monde différent et souvent improbable mais toujours intéressant. "En TGV, je faisais des allers-retours entre Genève et Paris. Ça a duré environ 2 ans, avec des coupures. En même temps, j'étais entraîneur de foot."

Serge Ribordy a enregistré plusieurs disques et CD. Dont deux (électro-pop) avec Gabriel Scotti, fils d'Achille Scotti (1925-1988), pianiste et organiste non-voyant dès l'âge d'un an, qui n'a jamais voulu s'accompagner d'une canne blanche, préférant la présence d'un proche ou d'un ami pour se déplacer. "Achille, souligne Serge Ribordy, c'était le Ray Charles genevois."

Palmarès


Serge Ribordy est né le 30 avril 1956 à Genève, "Mais je suis un Valaisan de Sembrancher."

Ancien footballeur, attaquant (centre-avant).

A été junior au CS Chénois. Puis a joué avec ce club en LNA. "J'étais bon, on m'a "balancé" en LNA, presque un peu trop vite. J'étais encore un peu "tendre."

A évolué dans les années 1980 avec Carouge (LNB).

A évolué durant une saison avec Nyon.

A joué au Japon durant une saison avec Kanazawa Soccer.

Serge Ribordy a arrêté le foot à 33 ans, un genou fracassé.

Puis a été entraîneur du FC Grand-Lancy (1ère Ligue), durant 5 ans, jusqu'en 1994.

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger  a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures») dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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