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Jacques Wullschleger
écrit le 03.04.2018 dans Sports de combat


Sergei Aschwanden, ancien judoka, directeur et politicien

Sergei Aschwanden: "Le sport est une merveilleuse école pour la suite." Il est directeur de la station de Villars-sur-Ollon et, depuis septembre 2017, occupe le poste de directeur général de l'Association touristique de la Porte des Alpes (celle-ci englobe Villars-sur-Ollon, les Diablerets, Bex et Gryon). "C'est énorme, cela demande beaucoup de travail, c'est surtout extrêmement intéressant", dit Sergei Aschwanden, 42 ans, rencontré dans un restaurant morgien, à l'heure de l'apéro du soir.

Le travail ne lui cause aucune frayeur ni peur. Alors grand judoka -il en avait bavé aux entraînements, tout au long d'une carrière qui a duré 18 ans-, il s'était astreint à une discipline de fer, à une rigueur qui aurait pu le dévaster. Mais l'homme est intelligent, possède des ressources, est ambitieux. "Le judo, dit-il, c'est un sport de "baston", il faut être un crève la "dalle" et aller au charbon" image-t-il. "Quand tu participes aux Mondiaux, il y a 190 pays. Alors, il faut aller à la guerre, c'est un état d'esprit, tu dois mettre du temps et de ta personne. Adolescent puis adulte, tout ça est imprégné en toi. Tous les efforts que j'ai consentis m'aident aujourd'hui dans mon travail, dans la gestion de mes journées, de ma carrière. On a tendance à sous-estimer cet aspect. Les gens oublient ça. Le sport est une merveilleuse école pour la suite." Aujourd'hui, Sergei Aschwanden travaille, grosse modo avec une cinquantaine de personnes. Il a d'autres responsabilités et, sans doute, lui arrive-t-il encore d'avoir des réflexes de solistes.

Sergei Aschwanden, papa de 4 enfants. habite toujours à Prilly. Quotidiennement, il est sur la route pour des trajets aux aventures jamais les mêmes. "Habiter Prilly, ça me procure une neutralité, pour un poste exposé", explique-t-il. "Elle me donne une liberté dans les choix, importante. Je considère tout ça comme un avantage."

Y'a-t-il néanmoins un inconvénient à ne pas vivre sur place? "Oui", avoue-il. "Il faut plus de temps pour comprendre les rouages, d'autant que je n'ai pas grandi dans la région. Les efforts, voulus, sont conséquents mais le jeu en vaut la chandelle." Ses journées sont bien remplies. "Je me lève à 04h30 pour être au boulot à 06h00. Des séances m'attendent, on y parle de stratégie, on règle les éventuels différends. J'ai des chefs de service ou des responsables de stations qui sont là. La priorité? C'est  générer plus de nuitées (de 2010 à 2017-2018 elles ont diminué de 40%). Ça passe par le renouvellement des installations et l'optimisation de la promotion, avec l'aide des nouveaux supports de la communication." Dans la foulée, Sergei Aschwanden tient à souligner en gras deux points importants. "Les remontées mécaniques sont à niveaux et l'entreprise (Télé Villars-Gryon-Les Diablerets) est saine financièrement."

La politique en PLR

"Souvent, mon papa me disait: "On est dans un pays démocratique. Tu as le droit de vote, c'est sacré. J'avais 18 ans et je m'en foutais", se rappelle Sergei Aschwanden. "C'est après que j'ai pris conscience de ça. Quand tu es sportif de haut niveau tu es confronté à des barrières. C'est le politique qui décide. Du coup, tu te dis que ça ne peut pas continuer comme ça, qu'il faut essayer de faire bouger des choses. Soit tu gueules en gardant les bras croisés, soit tu gueules en les mettant dans le cambouis."

Il a choisi le cambouis. D'être PLR. "Ce parti respecte la liberté de penser de chacun. J'y ai retrouvé des valeurs, qu'on m'avait apprises. Dans une séance de groupe, nous ne sommes pas tous du même avis. Alors on discute, on n'impose rien, on va manger,  ça se passe bien. C'est dans ma philosophie."

En 2015, pour acquérir une expérience, aussi pour en vivre une, il se "met" sur une liste fédérale et récolte 40'000 voix. "Encore aujourd'hui, je n'ai rien compris, je ne m'explique pas ce score. On n'a pas cherché à analyser ce résultat." Sa notoriété a peut-être facilité ce résultat, ce gros score. Sergei Aschwanden est le premier des viennent-ensuite. "Si, pour une raison quelconque, un PLR vaudois venait à quitter le Conseil national, c'est moi qui irai à Berne." Cela demanderait une intense réflexion, l'obligation aussi d'en discuter avec son employeur. "C'est une évidence. Au Centre des sports, j'ai un Conseil d'administration et un Comité au niveau du tourisme." Car, au-delà des priorités, Sergei Aschwanden estime que le rôle d'un Conseiller national, c'est un 50%.

Depuis 2016, il est Conseiller communal à Prilly. Les journées de Sergei Aschwanden sont bien remplies. "Vu mes occupations, j'estime le rythme quotidien logique. Il faut une grande organisation, être discipliné. Ainsi, j'ai rarement des repas d'affaires à 12h (midi). Si j'en ai, c'est le soir. Le midi je le consacre aux sports (squash, tennis, course  à pied, badminton), pour être davantage performant dans mon travail." Et le judo? "Je ne le pratique quasi plus." Il soigne son hygiène de vie, comme il le faisait auparavant. Pour un impact direct, son bien-être.

Il reçoit, Sergei Aschwanden, environ 150 courriels par jour. Il répond à tout le monde. "Dans la mesure où la personne a pris un peu de son temps pour t'écrire, quoi de plus normal que de lui répondre." Sa journée de travail est longue de 16 heures. "Même en vacances, je consacre 4 heures à mon travail." Mais dans l'année, il s'accorde quinze jours de repos total, une coupure bénéfique, surtout volontaire " Avec l'accord, l'aide de mon assistante de direction."

Palmarès

Sergei Aschwanden est né le 22 décembre 1975.
Ancien judoka.
Médaillé de bronze au JO de Pékin en 2008 (moins de 90kg).
Médaillé de bronze aux Mondiaux de 2001 (moins de 81kg) et 2e aux Mondiaux de 2003 (moins de 81kg).
Champion de Suisse à de très nombreuses reprises (moins de 65kg jusqu'en moins de 90kg).
D'autres podiums importants sont à son actif, à Paris et à Hambourg, notamment.
A terminé à deux reprises 1er à Moscou (2003 et 2006).
Au Mikami Judo Club Lausanne, Sergei Aschwanden occupe le poste de directeur technique. "Mais j'y suis rarement présent."
A étudié à l'Uni de Lausanne. "Ce que j'ai surtout appris?  C'est comment utiliser les programmes informatiques."

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger  a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures») dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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