Sharleen Spiteri: avec Texas, le groupe qu’elle a fondé il y a 30 ans, elle revient en Suisse.

«J’ai toujours 25 ans dans ma tête»

Sharleen Spiteri La chanteuse de Texas fête ses 50 ans, 
a une pêche contagieuse et vient de se fiancer. Elle 
se livre sans filtre avant ses concerts en Suisse, à Genève et Zurich. Rencontre dans sa loge.

Elle souffle cinquantebougies aujourd’hui, mardi 7 novembre, mais Sharleen Spiteri conserve un air d’adolescente et une attitude rock’n’roll. C’est en jean et baskets et la mèche rebelle que la chanteuse de Texas nous accueille chaleureusement dans sa loge au Bridgewater Hall, à Manchester, peu avant de monter sur scène.
La tournée du groupe écossais, qui défend «Jump on Board», un neuvième album à la tonalité pop et joyeuse, s’arrêtera le 17 novembre à Genève (complet) et le 19 novembre au Volkshaus, à Zurich. «Je suis vraiment touchée et fière que notre nouveau disque soit devenu numéro 1 en France, pour la première fois en trente ans de carrière. Je me sens presque comme une artiste française!», nous glisse-t-elle d’emblée, en nous invitant à la rejoindre sur le canapé. Interview.

Comment expliquez-vous l’affection particulière que vous porte le public français et romand? Est-ce réciproque?
Oui, d’ailleurs ma grand-mère est Française et mon grand-père a vécu à Bordeaux. J’ai toujours eu un lien fort avec la France. Je ne sais pas si c’est juste une question d’ADN mais je me sens très à l’aise quand je suis dans l’Hexagone.

Vous êtes souvent venue en Suisse romande. En gardez-vous de bons souvenirs?
Absolument. J’aimerais revenir en Suisse pour rejouer dans les grands festivals, ce que nous n’avons plus fait depuis un moment, parce que je garde plein d’images dans ma tête de ces concerts. Je ne veux pas que le public suisse oublie Texas! La Suisse a toujours été l’un des marchés où nous avons eu le plus de succès.

«

Ma spécialité en cuisine? Je fais un fabuleux rôti 
et un bon cassoulet»

Avez-vous un rituel avant de monter sur scène?
Dans l’après-midi, j’avale un bol de soupe. Ensuite, je repasse mes vêtements de la veille. J’aime faire ce genre de chose moi-même.

Vous ne vous baladez donc pas avec une cour de diva…
J’ai horreur qu’on touche à mes vêtements et qu’ils ne soient pas repassés à mon goût. J’aime nettoyer mes propres habits donc je suis très difficile à cet égard. Et puis cela distrait mon esprit, m’évite de penser à tout ce que je dois faire. Ensuite, je sors ma trousse de maquillage, j’allume mon iPad et je regarde un peu la télé pendant que je me prépare.

Faire partie d’un groupe est toujours ce qu’il y a de mieux au monde pour vous?
Encore plus aujourd’hui, je pense. Mais en même temps, il n’y a pas que le travail. Mon boulot doit être en harmonie avec ma vie et ma famille.
Je suis en tournée jusqu’en décembre mais ensuite, je consacrerai Noël aux miens. Oui, j’adore toujours mon métier. Quand je monte sur scène et vois la foule, je me dis encore «Wow, Jesus Christ!» Je ne suis pas arrogante à ce niveau-là. Je respecte et j’apprécie mon succès à 100%.
Vous donnez l’impression d’avoir peu changé après toutes ces années.
Dans ma tête, j’ai 25 ans. Parfois, je pense que je suis capable de faire un truc, physiquement. Et après coup, je me dis «Oh non!» Comme lorsque je me suis déchiré un ligament d’une cheville, il y a six mois, parce que je pensais avoir toujours 25 ans!

Quand Sharleen Spiteri s'essaye au hard rock :

Que s’est-il passé?
J’attendais avec mon groupe de passer à la télé dans une émission de la BBC. Nous avions du temps à tuer et nous n’avons rien trouvé de mieux que d’aller sauter sur une sorte de château gonflable installé sur le plateau. Ma cheville me fait encore souffrir à ce jour!

Vous vous êtes fiancée dernièrement…
Je fais tout tellement tard. Qu’est-ce qui cloche chez moi? Pourquoi est-ce que je fais tout à l’envers?
Vous avez l’air heureuse et sereine aujourd’hui…
Je suis avec lui depuis dix ans. Oui, je suis vraiment contente qu’on se marie parce que je commençais à me sentir comme une cougar! (ndlr: il a 40 ans) J’en avais marre de le présenter comme «mon copain». Ou peut-être que je l’aime tellement que je veux qu’il devienne mon mari. C’est la première fois de ma vie où j’ai envie de dire aux gens «Voici mon mari. Je veux que vous sachiez que c’est l’homme avec qui je choisis d’être pour toujours.»

Votre fiancé est chef cuisinier. Êtes-vous un fin gourmet?
Oh oui, j’adore manger. Avec une grand-mère française, j’ai grandi en appréciant la nourriture et en apprenant à cuisiner. Je cuisine beaucoup. L’autre jour, j’avais une journée de libre à Glasgow. J’ai débarqué chez mes parents et dit: «Je m’occupe du dîner!» Mais manger n’est pas qu’une question de nourriture.

C’est-à-dire?
Manger, c’est partager, discuter, débattre de tout, en famille. Petite, j’allais toujours chez ma grand-mère après l’école. On dînait tous ensemble, ma mère, ma sœur, mon cousin Mark, ma tante, mon grand-père, l’oncle Bill, parce que mon père était en mer avec son boulot dans la marine marchande. Donc s’asseoir à table en famille, c’est très important pour moi. Cela l’est aussi pour Bryn, mon fiancé. Même s’il est chef, c’est surtout moi qui cuisine à la maison car il travaille la plupart du temps.

Clip de «Let’s Work It Out», avec dans la voiture son ami Thierry Henry

Quelle est votre spécialité? 
Je fais un fabuleux rôti et un bon cassoulet. Pour le repas de Noël, Bryn et moi nous partageons les tâches. Je suis préposée aux pommes de terre rôties – je suis imbattable, d’après lui – ainsi qu’aux choux de Bruxelles, à la pancetta et aux châtaignes. Je ne suis pas très portée sur les desserts mais quand il m’arrive d’en préparer, j’opte généralement pour un dessert britannique traditionnel comme un crumble aux pommes. Nous avons une maison dans le Pays de Galles et des terres sur lesquelles nous cultivons des fruits et des légumes que nous fournissons à des restaurants. Pour moi, c’est le paradis. Je peux récolter mes légumes dans mon jardin.

À quelles valeurs accordez-vous une importance primordiale aujourd’hui?
La loyauté, l’amour, l’amitié, l’honnêteté. Ces valeurs ont toujours été vitales pour moi. Je ne plaisantais pas quand j’ai composé «I Don’t Want a Lover» il y a toutes ces années. Si tu veux être avec moi, je veux tout. Je n’ai pas juste besoin d’amour, de sexe. J’ai besoin de ton esprit, de ton âme, de ton corps. Je veux tout parce que moi, je te donnerai tout et tu dois me le rendre en retour. En amitié aussi, je demande beaucoup parce que je ferais tout pour mes amis. C’est pour ça qu’ils sont mes amis depuis des années. Dans mon groupe, nous sommes tous incroyablement loyaux.

Pourquoi la loyauté est-elle si importante pour vous?
J’ai été élevée comme ça. Et puis… j’ai été méchamment harcelée à l’école quand j’étais gosse. Aujourd’hui encore, à 50 ans, au moindre signe de harcèlement autour de moi, je suis envahie par le même feeling qu’à l’époque. Je suis prise d’angoisse et je dois déguerpir. Je pense que cela explique en grande partie la loyauté absolue que j’exige de mon entourage.

Que souhaitez-vous transmettre à votre fille? Bonus web
Ma fille a 15 ans et grandit dans des circonstances très différentes des miennes quand j’avais son âge. Elle vient d’un milieu privilégié et a beaucoup de chance. Elle est douée pour l’écriture et a signé quelques textes pour le magazine de son père (qui est rédacteur en chef d’«Arena», ndlr). Je lui répète «tu dois être vingt fois meilleure que les autres parce qu’il y aura toujours quelqu’un pour dire que tu as été pistonnée». J’essaie de lui inculquer le goût du travail parce que même si tu a le meilleur job du monde, il y a des jours où tu n’as pas la pêche et tu dois pouvoir te motiver pour aller bosser. 

Brune à la voix d’or

Un père marin, une mère chanteuse, elle a 50 ans et vient de se fiancer.

Née en 1967 à Glasgow, Sharleen Spiteri est coiffeuse lorsqu’elle fonde Texas avec le guitariste Johnny McElhonne. La carrière du groupe rock écossais décolle en 1989 avec le tube «I Don’t Want a Lover» mais «White on Blonde» (1997) est l’album de la consécration. Malgré une parenthèse en solo («Melody»), la brune à la voix d’or et au caractère bien trempé reste fidèle à la formation aux 40 millions d’albums vendus. Fiancée au chef cuisinier gallois Bryn Williams, elle a une fille de 15 ans, Misty Kid, issue d’une précédente relation. 

Retour dans les années 80, le grand tube de Texas :

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Miguel Cid

Rédacteur

Photo:
Julien Broad, Dukas
Publication:
lundi 06.11.2017, 13:30 heure



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