Auteure-compositrice-interprète, danseuse, Shy’m (de son vrai nom Tamara Marthe, née en 1985) est aussi animatrice de télévision.

La musique l’a guérie

Shy’m, la présentatrice de «Nouvelle Star» et la gagnante de «Danse avec les stars» nous parle de sa timidité, de sa vie et de l’expérience extraordinaire qu’elle a vécue avec Mike Horn. Elle sera à Lausanne pour un concert unique, le 24 mai.

Shy’m maîtrise la technique et a gagné l’émission «Danse avec les stars», elle est un brin provoc dans son ancien clip à succès «Et alors!», romantique dans son nouveau single «Si tu m’aimes encore», et glamour quand elle présentait dernièrement «Nouvelle Star». Mais elle a aussi joué le jeu de l’aventure avec Mike Horn dans «A l’état sauvage», a le rire facile et confesse avoir été timide. Interview d’une artiste pleine de surprises.

Vous dites que vous êtes réservée. Il y a le mot timide en anglais dans votre nom d’artiste. C’est pourtant difficile à croire!
Je fais bien semblant, hein? Quand j’ai commencé, j’avais 19–20 ans, et je ne sais pas si je serais devenue la même femme si j’avais fait un autre métier. La musique, c’est l’art qui vous expose le plus. L’apprentissage a été assez douloureux au départ et, au final, ça a été très formateur. Après ces douze années de carrière, c’est vrai que je suis heureuse aujourd’hui d’avoir pu faire tout ce chemin. Je me rends compte que c’est quand même plus agréable de pouvoir exister sans s’excuser. Il y a 6–7 ans, je faisais semblant d’être à l’aise dans les interviews. Aujourd’hui, je le suis pour de vrai. Pas tout le temps, mais je me sens beaucoup moins complexée qu’il y a quelques années. Il y en a qui vont voir des thérapeutes, moi mon remède, ça a été de faire de la musique.

Et présenter «Nouvelle Star», comment c’était?
Génial. J’ai adoré. J’ai eu la peur de ma vie. Je faisais les plateaux, je sortais de scène, et je tremblais de la tête au pied. Je parlais de faire semblant: pour «Nouvelle Star», il fallait faire semblant d’être à l’aise. Mais j’ai pris un plaisir fou, l’adrénaline, j’avais l’impression d’être en parachute. En fait, je sautais dès que j’entrais en scène, et j’ouvrais enfin mon parachute en disant: «Au revoir, bonne soirée, retrouvez-nous pour la suite.» La peur à chaque fois. La première fois, je me suis demandé: «Pourquoi j’ai accepté, pourquoi je me suis fait ça!»

Il y a de l’humour dans votre clip «Et alors!». L’humour, c’est important pour vous?
Oui, beaucoup. Le second degré, le sarcasme, c’est une façon détournée pour moi de dire les choses, et en même temps de leur enlever de leur sérieux. Souvent, les gens ont tendance à être trop sérieux sur des choses qui n’en valent pas la peine. Nos vies peuvent être tellement douloureuses qu’on n’a pas besoin de tant de méchanceté ou de haine sur des sujets concernant la musique ou sur l’art en général, parce que ça reste subjectif. J’aime bien les gens qui arrivent à avoir du recul sur eux-mêmes, qui arrivent à avoir de l’humour, de l’autodérision, qui arrivent à rigoler de tout ça.

«

J’ai pris un plaisir fou, avec l’impression d’être en parachute»

Shy’m, chanteuse

Quand vous invitez des amis, qu’est-ce que vous leur faites à manger?
Je suis une personne assez épicurienne. J’ai découvert il n’y a pas longtemps qu’il y a des gens qui n’ont pas cette passion pour la nourriture, ça me semble invraisemblable encore aujourd’hui: des gens mangent pour se nourrir, sans avoir besoin d’apprécier ce qu’ils mangent. Moi, tous les jours, j’ai envie de quelque chose de différent. J’apprécie d’aller dans un restaurant et de me faire servir, et de pouvoir découvrir le plat sans l’avoir cuisiné pendant quatre heures auparavant. En revanche, j’aime aussi recevoir mes amis à la maison, et préparer moi-même le repas. Je trouve qu’on l’apprécie moins quand on a cuisiné soi-même, c’est le seul petit bémol!

Mais qu’est-ce que vous leur faites?
J’adore les apéros dînatoires. Ce n’est pas le plus compliqué à faire, mais je vais vous donner l’un de mes petits secrets. Sur les réseaux sociaux, Instagram notamment, il y a plein de petits comptes qui vous font des recettes sur des vidéos d’une minute, qui sont très simples, et il y a du sucré, du salé, c’est diversifié et ça va remplir la table et correspondre à tout le monde parce qu’il y en a pour tous les goûts.
Au-delà de ça, j’adore cuisiner les pâtes, le riz, parce que la culture antillaise (ndlr: son père vient de la Martinique) fait que le riz existe dans chaque plat, et la
fameuse raclette qui est le sommet de mon sapin de Noël. C’est mon étoile de Noël! Du coup pour la préparation, il n’y a pas grand-chose à faire.

Shy'm en concert:

Que connaissez-vous de la Suisse?
Je suis partie faire l’émission «A l’état sauvage» avec Mike Horn, qui est Suisse, et on s’est retrouvés dans l’Himalaya sans pouvoir manger. La première soirée, j’évoquais la nourriture toutes les 30 secondes. J’avais juste de l’eau et du sel, et des bouts de bois que Mike Horn a voulu me faire passer pour de la rhubarbe. On parlait de nos plats préférés, et lui m’a décrit un plat, les yeux remplis d’étoiles, avec des pommes de terre en lamelles et du fromage. Ça s’appelle le rösti. J’ai revu les images, parce que c’est dans le bêtisier, j’ai la bouche ouverte!
Je n’en ai jamais goûté, mais ça doit se rapprocher de la raclette, qui est mon plat préféré, puisqu’il y a les mêmes ingrédients. Quand on a faim, quand on a froid, c’est juste merveilleux.

Shy’m lors de notre rencontre: «Mike Horn, ça a été la rencontre d’une vie. J’ai énormément appris sur la vie et sur moi, à travers lui.»

Vous n’aviez rien à manger?
On mange ce qu’on trouve, c’est le but! Partir d’un point A et arriver à un point B et sans aucune aide alimentaire pendant tout ce trajet. On part avec un litre d’eau, mais après il faut utiliser les sources qu’on trouve sur notre chemin. Et la nourriture, c’est ce qu’on trouve sur place, donc du sel, parce que dans l’Himalaya, il y a des stalactites de sel. On a aussi eu droit à de l’ail des ours, c’était vraiment pas mal. Et on est tombés sur une chèvre qui avait été tuée, apparemment, quelques heures auparavant, qu’on a fini par bouillir dans l’eau. Et ça a été vraiment la soupe la plus délicieuse de ma vie. Sur le moment, entre l’ail et le sel, l’eau bouillie et cette chèvre, j’avais l’impression que c’était du filet mignon, tellement c’était bon!

Que vous apporté cette expérience?
Ça va être très difficile à résumer; car c’est encore frais. La chose la plus marquante, c’est que j’ai été heureuse là-bas. Je peux m’épanouir dans mon métier, j’ai conscience du privilège d’être là encore après six albums et douze ans de carrière, mais le bonheur pur et absolu, on ne le vit pas tout le temps, et ça c’est pour tout le monde. Là-bas, ce qui m’a bouleversée, c’est d’être affamée, d’avoir mal, de n’avoir jamais pleuré autant, parce que je n’avais jamais été dans une telle difficulté, et d’être heureuse malgré tout. Quand on ressent ça, on se pose beaucoup de questions sur sa vie et ses ambitions. Et quand on revient, c’est la claque.

Et Mike Horn?
Mike Horn, ça a été la rencontre d’une vie, pour moi. J’ai appris énormément sur la vie et sur moi, à travers lui. Beaucoup dans ses silences, dans son écoute, mais aussi dans ce qu’il a pu dire, sans être donneur de leçons. Ça aussi, ça a été lourd d’impact. J’ai toujours du mal à en parler, c’est toujours beaucoup d’émotions à chaque fois.

Gagner des places pour son concert du 24 mai à Lausanne
Site officiel de Shy'm

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texte:
Laurence de Coulon
Photo:
Arno Bani, Martine Dutruit 
Publication:
lundi 16.04.2018, 12:52 heure



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