Selon Irène de Escoriaza: «La signature est un geste symbolique où se retrouvent l’attitude intime et sociale.»

Signez, vous êtes scrutés 

Analyse Irène de Escoriaza, graphologue genevoise, étudie la personnalité au travers de l’écriture manuscrite originale. Découvrez les secrets de la signature, l’un des gestes les plus courants et aussi les plus riches en signification.

La signature ambitieuse de l’ancien président américain Richard Nixon (en haut) s’est écrasée et simplifiée pour ne devenir qu’une simple ligne après le scandale du Watergate à l’origine de sa démission (en bas).

La signature ambitieuse de l’ancien président américain Richard Nixon (en haut) s’est écrasée et simplifiée pour ne devenir qu’une simple ligne après le scandale du Watergate à l’origine de sa démission (en bas).
http://www.cooperation.ch/Signez_+vous+etes+scrutes La signature ambitieuse de l’ancien président américain Richard Nixon (en haut) s’est écrasée et simplifiée pour ne devenir qu’une simple ligne après le scandale du Watergate à l’origine de sa démission (en bas).

L’enfant signe de son prénom, puis va remplir des pages avant d’en trouver «une bonne» à l’adolescence. Adulte, il se révèle à travers sa signature. «Le scripteur y met ce qu’il veut transmettre de lui, mais il y laisse aussi émerger les couches profondes de sa personnalité», affirme la graphologue genevoise Irène de Escoriaza, également vice-présidente de la Société romande de graphologie. Notre signature est en outre une représentation sociale, une carte de visite: «C’est un geste symbolique où se retrouvent l’attitude intime et sociale.» La mode est actuellement aux signatures rondes et en volutes, «car la facilité de l’existence et le bien-être de la société de consommation sont davantage exprimés par la courbe que par l’angle. Le nom n’est pas visible, on ose plus exprimer notre personnalité», explique l’experte.
Mais attention: l’étude de la signature est indissociable du texte qui la précède. On analysera la position de la signature par rapport au texte pour les comparer. Si le paraphe est semblable au graphisme du texte, il y a alors une bonne dialectique entre l’image que l’on donne et celle que l’on a, entre le conscient et l’inconscient. Une différence entre les deux – par exemple un texte incliné et une signature en inclinaison opposée – signifie que le scripteur n’a pas trouvé dans son écriture le moyen d’exprimer tout de lui-même et qu’il a besoin d’ajuster ou de compléter d’autres aspects dans sa signature. Quand cette dernière est plus grande que le texte, cela veut dire que la personne connaît sa valeur, qu’elle a de l’ambition. Lorsque la signature est plus petite que le texte, le scripteur révèle sa timidité, sa modestie voire son manque d’assurance.

Formations et analyses

«La graphologie est une science humaine et il est difficile de faire des généralités. Chaque signe fait partie d’un ensemble qui détermine la personnalité du scripteur, précise la graphologue. On regarde aussi les éléments de pression, les mouvements, la forme et l’espace.» Irène de Escoriaza forme au sein de la Société romande de graphologie les futurs graphologues, un métier qui doit s’ajuster avec l’avènement du numérique. Sa profession l’amène à analyser des personnalités en vue d’un recrutement, à donner des formations à des banquiers, des avocats pour déceler de fausses signatures. Avec passion, elle raconte aussi les quinze signatures de l’artiste Miró, qui en a fait une œuvre d’art. Ou l’ancien président américain Nixon, dont la signature ambitieuse s’est écrasée et simplifiée pour ne devenir qu’une simple ligne après le scandale du Watergate à l’origine de sa démission.

Rééducation de l’écriture

«Les jeunes écrivent moins. Étant habitués aux écrans tactiles, ils sont moins habiles avec le geste graphique et ont parfois des difficultés à placer leur texte sur la feuille. Il y a certaines personnes qui n’osent carrément pas écrire.» Ainsi, pour ceux gênés par leur écriture (illisibles, trop ralentis, trop crispés sur le crayon), la Société romande de graphologie propose une formation en graphothérapie (rééducation de l’écriture). «Et il y a une forte demande de graphothérapeutes, encore trop peu nombreux, en Romandie. Car beaucoup d’enfants ont besoin de rééducation de l’écriture.»

Plus d’infos sur la Société romande de graphologie (graphothérapie, analyses, formations, etc.): srgraphologie.ch

La signature de Donald Trump

Irène de Escoriaza propose une analyse de la signature de Donald Trump, se basant sur une étude approfondie de plusieurs documents et signatures du président américain réalisée par Monique Riley et Myriam Surville de la Société française de graphologie. «La signature est grande et le trait épais. Cela montre l’ambition et la forte personnalité de Donald Trump. Un homme sûr de lui, appliqué à faire forte impression, soucieux de son image et de son impact. Les lettres sont larges et la zone médiane est grande. Il prend son temps pour signer. Les traits sont liés, il n’y a aucune levée de plume ce qui montre le côté accrocheur du personnage. Dans ses écrits, l’utilisation permanente du feutre, souvent considérée par les graphologues comme une prothèse, renforce ici une volonté de ne pas passer inaperçu. Les gestes sont verticaux, ce qui signifie «je veux» et les nombreux angles sont synonymes de combativité. Il y a beaucoup de gestes qui retournent vers l’arrière, ce qui montre qu’il réfléchit et calcule. On peut encore noter des lettres confondues qui nuisent à la clarté, il tente de brouiller les pistes. Il y a une sorte de jeu montrer/cacher.»

Irène de Escoriaza analyse la signature de Donald Trump.

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Sylvain Bolt

Rédacteur

Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno
Publication:
lundi 26.06.2017, 13:15 heure





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