Simon Ammann est titulaire du brevet de pilote privé. Ici, à Granges, le 24 octobre – après le baptême du dernier Airbus A320 de Swiss.

«Je suis heureux de pouvoir voler»

Simon Ammann est aujourd’hui le Suisse le plus titré aux Jeux olympiques. Alors que les JO de Sotchi marqueront la saison, à 32 ans, il évoque ses motivations, son rapport au saut à ski, et le fait de voler.

Coopération. Des vols que vous avez expérimentés, entre le parachute, l’avion et le ski, où va votre préférence?
Simon Ammann. Je ne pourrai pas pratiquer le saut à ski éternellement. C’est la différence. Je suis heureux de pouvoir voler, de prendre du plaisir à le faire mais aussi de continuer à me former.

C’est une saison olympique, donc une saison en or?
Je ne sais pas, mais je suis content qu’elle commence. J’ai eu un été difficile, en raison de douleurs dorsales, tout comme une saison dernière délicate. C’est une période où j’ai néanmoins beaucoup travaillé, presque un peu trop. Mais les réglages de la saison passée étaient très utiles: en été, on a peu de temps pour des essais. Je ne sais pas ce que sera 2013-2014, mais je viens d’enchaîner quatre bonnes semaines, et des super sauts, à Planica. Malgré les problèmes évoqués, j’ai un certain calme.

En quoi le Simon Ammann de 2013 est-il différent du Simon Ammann de 2010?
Tout d’abord, nous n’avons plus le même matériel. S’élancer du tremplin est devenu plus difficile. Et puis, en 2011, j’ai réfléchi quant à la question d’arrêter la compétition ou pas. Il était clair que je voulais aller à Vancouver et aux Mondiaux d’Oslo (ndlr: en 2010 et 2012), mais je me suis tout de même demandé comment prendre de la distance avec le saut à ski, afin que je puisse lentement m’en aller. Cette distance, elle s’apprend pas à pas.
Pour lâcher prise, il faut aussi du temps. Ces deux dernières années, j’ai vécu cette évolution. Avant, il n’y avait rien d’autre que le saut à ski. Aujourd’hui, je suis plus détendu. Je dois donner le 100%, et même 120%, pour être efficace. Je n’aurai pas le temps de dire au revoir aux tremplins. En saut à ski, j’ai presque tout vécu. En 2011, j’ai néanmoins pensé que je n’avais pas encore tout vécu.

«

Ce qui importe, c’est d’accomplir la meilleure performance possible»

Avez-vous encore besoin de victoires?
Oui. Réaliser de bons sauts est plus difficile pour moi qu’autrefois, notamment en
raison de mes douleurs au dos. Mais le sport d’élite tourne autour des victoires.

Les médailles sont terrestres, alors que vous volez.
Ce qui importe plus que la victoire, c’est d’être le meilleur, d’accomplir la meilleure performance possible. Depuis 2010, je ne pense pas souvent aux médailles, mais aux sentiments, car c’est ce qu’on emporte avec soi.

Lesquels?
Quand on s’échauffe, il faut prendre du temps, afin d’être ponctuel. On en acquiert aussi de la sérénité. Ces moments avant le saut ont été très intenses. J’y pense souvent. Naturellement, gagner rend ces moments particulièrement beaux. Ressentir est un mot important, car je suis très sensible. Ça me permet aussi de bien faire.

La saison de trop, ne l’avez-vous jamais crainte?
Le processus que j’ai évoqué demande du temps. Les gens doivent le comprendre. Agir en un claquement de doigts, pour la tête, ça ne va pas.
Par ailleurs, je côtoie des jeunes athlètes, qui étudient, qui progressent. Et c’est bien!

Que vous inspire le temps qui passe?    
Ce n’est pas si grave! J’ai fait beaucoup de choses. Je ne voudrais pas revivre les dix dernières années. Elles étaient si accaparantes, positivement comme négativement.

Vivre sans le saut à ski: comment considérez-vous cette perspective aujourd’hui?
Un jour, ce sera simplement fini. J’ai une histoire avec le saut à ski. C’est bon de devoir changer, de changer totalement, car c’est une ouverture.

Actuellement, toutefois, vous n’avez pas l’impression d’avoir le choix ou pas de continuer le saut à ski?
Plus tard, j’espère que j’aurai aussi ce sentiment absolu.

Est-ce délicat de rester sur la surface terrestre?
Il n’y rien d’aussi intense que voler. Etre sur terre, ça va, mais quand vous avez déjà volé… C’est fou, le nombre de choses qu’on voit.

Si vous pouviez photographier en vol, que capteriez-vous, et à quelle distance?
Bonne question! On peut faire tellement d’images, de nos jours. Assurément, d’en haut, c’est mieux de voir les choses soi-même que de les photographier. Mais peut-être que je suis trop habitué à cela!

Parmi les endroits où vous avez concouru, lesquels aimeriez-vous découvrir?
Quand j’aurai terminé ma carrière, je ferai un tour du monde de tous ces endroits. Cette année, je suis allé au Pérou. C’était passionnant de voir ce que les gens ont réalisé – ils ont bâti des maisons de leurs mains. Comme sportif, j’ai transpiré, mais quand tu sais combien ces gens ont travaillé, tu te dis maintenant, je peux à nouveau travailler. Il faut des exemples, que ce soit d’un point de vue créatif, d’un point de vue du travail. Sinon, tu es toujours dans tes entraînements, et la routine.

Comment vous voyez-vous dans dix ans?
Je ne sais pas. Peut-être que j’étudierai. Peut-être que je serai pilote professionnel.

Le plus grand défi, dans la vie?
Quand on veut quelque chose, il faut travailler pour l’obtenir. Alors, on peut beaucoup. Et j’ajouterais le défi d’être toujours heureux.

Portrait

Simon Ammann

Naissance. Le 25 juin 1981.

Fils d’agriculteurs. Il a grandi à Unterwasser, dans le canton de Saint-Gall.

Palmarès. Il est le seul sauteur à ski de l’histoire à avoir remporté quatre médailles d’or aux Jeux olympiques en individuel (deux en 2002, deux en 2010). Il est également le sportif suisse le plus titré aux JO. Champion du monde en 2007 sur grand tremplin et en 2010 en vol à ski, il a remporté en 2010 le classement général de la Coupe du monde.

Saison 2013-2014. Son grand objectif sera les Jeux olympiques, à Sotchi, en février prochain. Quant à la Coupe du monde, elle débutera le 22 novembre en Allemagne, à Klingenthal.

Le conseil à ses jeunes coéquipiers. «Se focaliser à un moment donné sur le sport à 100%, pour qu’ils puissent se dire plus tard qu’ils ont tout mis en œuvre et soient satisfaits.»

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Ariane Pellaton

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 28.10.2013, 18:00 heure

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