Originaire des Pouilles, Antonio Diodato est né en 1981 à Aoste. Il vit à Rome.

Son truc? Les chansons d’une minute

L’Italie en musique. L’auteur-compositeur romain reprend les classiques italiens des années 1950 et 1960 dans un registre minimaliste et touchant. Petite histoire de la pop italienne et d’une époque inoubliable.

Voici une petite histoire de la chanson italienne. Celle de l’âge d’or, des années 1950 aux années 1960. L’époque du boom économique, de la dolce vita et des terrasses en bord de mer, quand l’Italie exportait sa musique dans le monde entier et que les touristes envahissaient les plages de l’Adriatique. C’était une autre Italie. Plus belle, plus optimiste, plus insouciante. Ceux qui ont vécu cette époque s’en souviennent avec nostalgie.
Antonio Diodato n’était pas encore né. Ce Romain de 32 ans, auteur-compositeur indépendant, a percé tout récemment. Invité au dernier festival de San Remo, il y a présenté les grands classiques de la pop italienne en les réduisant à une minute, avec quelques instruments et sa voix. «J’ai commencé, presque par jeu, quelques semaines avant de participer à San Remo. Nous avons fait des petites vidéos et nous les avons mises sur ma chaîne YouTube. Elles ont plu à un peu tout le monde. J’ai préféré les titres avec lesquels j’avais un lien émotif, pouvant faire sortir quelque chose de moi.»

Son choix s’est arrêté sur des morceaux très différents (que vous pouvez écouter et regarder sur notre site). Parmi eux: Piove (Ciao ciao bambina) de Domenico Modugno, mais aussi un morceau moins connu de Little Tony, Quando vedrai la mia ragazza, jusqu’au bouleversant 4 marzo 1943 de Lucio Dalla. Un projet parti d’en bas, mais qui est devenu un véritable succès depuis qu’Antonio Diodato s’est mis à proposer ses chansons «en pilules» dans une célèbre émission télévisée de Rai3. «Après San Remo, Fabio Fazio m’a demandé de les jouer en direct dans son émission, à chaque fois depuis un lieu différent. Une expérience fantastique qui m’a fait redécouvrir le meilleur de notre musique et certains coins cachés de l’Italie. La beauté de mon pays, en somme, la culture et la tradition. Toutes les choses qu’il y a à protéger et à aimer.»

Nous demandons au musicien de nous citer ses préférences. Après quelques réticences, il lâche: «Modugno est le numéro un. Pour l’énergie folle, le sourire et la joie contagieuse. Il a révolutionné une époque et le travail des auteurs-compositeurs. Mais tout au long du chemin, j’ai découvert des personnages que je ne connaissais pas, comme Umberto Bindi: sa chanson Arrivederci est d’une élégance incroyable. Ou Bruno Lauzi; j’apprécie son esprit cynique qui révèle une autre face de l’identité italienne. La force de cette musique résidait dans la mélodie très puissante, avec des arrangements de très haut niveau, réalisés par des maîtres tels qu’Ennio Morricone et Nino Rota. C’était une pop de qualité qui plaisait aussi à l’étranger et qui était diffusée sur les radios. Rien à voir avec celle d’aujourd’hui.»

Fabrizio De André est un sujet à part. Antonio Diodato le considère comme un «poète de niveau mondial», et il a repris de façon rock la touchante Amore che vieni, amore che vai, choisie par le cinéaste Daniele Luchetti pour la bande originale de son film Anni felici sorti l’an dernier. «J’ai débuté tard, quand j’ai réussi à me libérer de certains doutes. D’abord, j’ai gravi les échelons à l’ancienne, en jouant où je pouvais. L’album est une sorte de rencontre entre le pop-rock anglais, ma première passion, et la tradition d’auteur italienne. Le travail historique a été important: parce que pour aller de l’avant, il faut connaître son passé.»
Un projet très apprécié du public et de la critique et qui a reçu plusieurs distinctions. Dernière en date, le prix «Best New Generation» aux MTV Awards italiens, qui se sont déroulés il y a quelques semaines au Parc des Cascine de Florence, où Diodato a joué devant 30 000 personnes.

Cet été, il sera en tournée, et  réitèrera peut-être l’expérience télévisée plus tard, en représentant, avec son style minimaliste, les joyaux de la pop italienne.

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Texte: Diego Perugini

Photo:
Sandro Mahler
Publication:
lundi 11.08.2014, 10:45 heure

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