D’ici 20 ou 30 ans, le visage de la mobilité va complètement changer en Suisse. On ne possèdera plus forcément son propre véhicule, mais via une application sur son smartphone, on pourra choisir le moyen de transport qui nous convient le mieux.

Spécial Futur - Mobilité

Trafic En matière de mobilité, les jours des énergies fossiles sont comptés. Les véhicules de demain fonctionneront aux énergies renouvelables et les déplacements se feront selon les besoins. Ce qui désengorgera les routes et diminuera les émissions de CO₂.

Mobilité d’avenir: vers les énergies propres

Demain, le réseau de stations de recharge pour véhicules électriques, comme ici celle de Deitingen (SO), devrait se densifier en Suisse.

À l’avenir, les véhicules vont fonctionner avec des énergies renouvelables, qui n’émettent pas de CO₂. Les énergies fossiles vont disparaître ou, en tout cas, fortement diminuer.» C’est par ces mots que Jörg Sigrist (58 ans), spécialiste en automobiles et ancien directeur de l’Umwelt Arena, brosse le portrait de la mo­bilité de demain. L’Umwelt Arena, ou Arène de l’environnement en français, est un espace d’expositions situé à Spreitenbach (AG), qui présente sur quatre niveaux des expositions ayant pour thématique l’environnement, le développement durable et les technologies de pointe.

En matière de mobilité, le spécialiste distingue deux pistes: le développement des énergies renouvelables à grande échelle et la mobilité selon les besoins. La première piste mène aux véhicules fonctionnant à l’électricité, à l’hydrogène et au biogaz. La seconde implique l’utilisation accrue de moyens électroniques, comme le smartphone, pour choisir les moyens de transport les plus efficaces, les plus respectueux de l’environnement et les moins coûteux pour se rendre d’un point A à un point B. «On ne possèdera plus forcément sa propre voiture, mais on choisira parmi tous les moyens de locomotion qui existent ceux qui nous conviennent le mieux, en les combinant au besoin. Dans cette optique, le car­sharing prendra de plus en plus d’ampleur.»

Le mini-bus postal «Smart Shuttle» est testé depuis 2016 à Sion. Pas de chauffeur mais des passagers!

L’essor du carsharing

Christian Rudin (41 ans), directeur de l’Umwelt Arena depuis le 1er octobre 2017, le rejoint totalement sur ce point: «Aujourd’hui, une voiture est utilisée à 10%, les 90% restants du temps, elle est parquée. Avec le carsharing, elle est sur la route la majeure partie du temps remplaçant ainsi jusqu’à sept ou huit voitures.» Les deux experts parlent à l’unisson quand ils évoquent les perspectives de changement qui vont s’opérer durant les vingt prochaines années. «Nous vivons actuellement une période hautement intéressante du point de vue de la production d’énergie et de la mobilité», s’enthousiasme Jörg Sigrist. Mais pourquoi miser autant sur les véhicules propulsés à l’électricité, à l’hydrogène – domaines où Coop est déjà fortement engagée – et au biogaz? «Parce qu’avec les moteurs actuels, fonctionnant à essence ou au diesel, il deviendra trop coûteux de développer des moyens techniques susceptibles de diminuer drastiquement les émissions de CO₂. Selon les normes fixées par le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), nous aurions dû atteindre 130 g de CO₂ par km en 2015. L’objectif a été manqué de 5 g. En 2020, nous devrions arriver à 95 g de CO₂ par km. Autant dire mission impossible avec les technologies actuelles.»

Christian Rudin (41 ans), directeur de l'Umwelt Arena depuis le 1er octobre 2017

La voiture électrique, à hydrogène et au biogaz semblent donc les panacées pour diminuer les émissions de CO₂. Pour autant que le «carburant» provienne de sources renouvelables:
éoliennes et solaire pour l’électricité, eau pour l’hydrogène provenant de l’énergie hydraulique, méthanisation de déchets organiques pour la production de biogaz. Mais pour que ce type de véhicules remplace peu à peu les moteurs à combustion, il faut pouvoir faire le plein. La densification du réseau de remplissage est donc une condition sine qua non pour construire des voitures propres en masse.

Actuellement, la Suisse compte 140 stations-services de biogaz et deux seulement d’hydrogène – dont une appartient à Coop, celle de Hunzenschwil (AG), qui est la seule ouverte au public. «Les constructeurs automobiles doivent convaincre les garagistes qu’il est possible de rouler avantageusement avec des énergies renouvelables, souligne Jörg Sigrist. De toute façon, dans vingt ou trente ans, le marché de l’automobile ne ressemblera plus à celui d’aujourd’hui. Les constructeurs envisagent déjà de diversifier leurs activités en devenant des prestataires de services en matière de mobilité. Ils auront leurs propres applications qui proposeront leurs produits en car­sharing.»

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Transports: Les perspectives de Coop

Actuellement, il n’y a que deux stations-services à hydrogène en Suisse, dont celle de Hunzenschwil (AG), qui appartient à Coop. C’est la seule ouverte au public.

Coop vise la neutralité en CO₂  d’ici à 2023. Le détaillant est déjà fortement engagé dans divers domaines, dont celui des transports. À l’heure actuelle, Coop possède six camions électriques, un camion à hydrogène, douze voitures à hydrogène Hyundai ix35 et une station-service à hydrogène située à Hunzenschwil (AG). La source énergétique de la flotte Coop dans vingt ans dépendra de la technique qui, d’ici là, se sera imposée: la batterie ou l’hydrogène (le camion à hydrogène roule aussi avec un moteur électrique. Il est alimenté par une pile à combustible produisant de l’électricité à partir de l’hydrogène venant du réservoir combiné à l’oxygène de l’air ambiant). Pour Coop, l’hydrogène semble être la solution la plus prometteuse. En outre, le réseau national de stations-services à hydrogène va se développer en fonction de la technologie et en proportion des véhicules déjà ou bientôt disponibles sur le marché. Dans vingt ans, il pourrait compter une cinquantaine de stations de remplissage.

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Dr Jörg Beckmann (51 ans), vice-directeur du Touring Club Suisse/directeur de l’Académie de la mobilité SA /directeur de Swiss eMobility

Autoroutes aériennes

Ce qui relève de l’utopie pour beaucoup d’entre nous sont des projets d’avenir parfaitement réalisables pour Jörg Beckmann. Les explications de l’expert.

Globalement, comment imaginez-vous la mobilité en Suisse d’ici à vingt ans?
Au cours des vingt prochaines années, deux grands moteurs technologiques détermineront l’évolution du trafic en Suisse. Premièrement, l’électrification du système d’entraînement automobile et la réinvention de la bicyclette en tant que vélo électrique. Deuxièmement, le «changement numérique» dans le secteur des transports qui fera que nous n’aurons plus à conduire ou à posséder un véhicule nous-mêmes. Dans les villes en particulier, les frontières entre transports publics et transports privés disparaîtront. Nous voyagerons en petits bus automatiques, à bord de voitures partagées et sur des vélos publics – tous des véhicules 100% électriques.

La voiture sans chauffeur sera-t-elle une réalité sur les routes et dans les agglomérations suisses?
Absolument! La «voiture autonome» n’aura besoin ni d’un chauffeur ni d’un détenteur privé car elle nous parviendra à chaque fois que nous en ferons la demande via l’application d’un fournisseur de flotte. Elle offrira plus d’autonomie et de liberté personnelle à moindre coût, réduira massivement le nombre de voitures, diminuera le nombre de parkings et induira une énorme utilité économique. Vu sous cet angle, la voiture automotrice n’est rien de moins qu’une innovation fondamentale comparable à celle de la machine à vapeur ou de l’ordinateur, en termes d’impact social.

La voiture autonome, sans chauffeur, comme ici celle de Google, testée en Arizona, est promise à un bel avenir.

La voiture volante relève-t-elle du domaine de la pure utopie ou pourrait-elle devenir une réalité?
La voiture électrique volante verra, elle aussi, le jour car elle s’inscrit dans la philosophie de l’automobile telle que nous la vivons depuis plus de 100 ans. Il a toujours été question de dépasser des zones géographiques et des frontières technologiques afin de faciliter et d’accélérer la mobilité individuelle des personnes. Aujourd’hui déjà, des start-up innovantes développent de tels concepts de véhicules et trouvent des investisseurs ainsi que leurs premiers acheteurs. Ces visions sont stimulées
par la faisabilité de systèmes de contrôle autonomes, comme ceux utilisés aujourd’hui dans les drones – dont les premiers transportent déjà des personnes. À la fin du siècle, nous voyagerons sur des «autoroutes aériennes»!

Dans le domaine de l’aviation, aura-t-on trouvé une technologie susceptible de remplacer le kérosène?
Les applications actuelles d’appareils volants innovants, de l’utilisation de drones pour les sauts en parachute à la circumnavigation mondiale avec Solar Impulse, laissent d’ores et déjà deviner que le trafic aérien sans moteur à combustion pourrait également être réalisable.

Mais avant que l’A380 ne vole électriquement, d’énormes progrès technologiques restent à faire. Au plus tard lorsque nous manquerons de combustibles fossiles, le grand Airbus devra pouvoir voler principalement à l’électricité.

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Jean Pinesi

Rédacteur

Photo:
Keystone, Kilian J. Kessler, DR; Illustration Bruno Muff
Publication:
mardi 02.01.2018, 10:45 heure





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