Les environs du Chenit, commune du bord du lac de Joux, sont un paradis des randonnées hivernales.

Sports d’hiver dans l’arc jurassien

Ski de fond et raquettes En dépit de sa petite taille, la Suisse compte nombre de lieux sauvages. Cap sur les espaces préservés du canton de Vaud, d’un calme ressourçant.

Entre la chaîne du Jura et les Alpes, la mer de brouillard plane au-dessus du Plateau suisse. Au loin se dessine la silhouette des Alpes françaises, surmontée de l’imposant massif du Mont-Blanc. Le panorama est grandiose – du moins du Haut du Mollendruz (VD). En bas, c’est plutôt la purée de pois. Mais au col, qui culmine à un peu plus de 1000 m, le soleil brille comme si aucun nuage ne pouvait venir l’assombrir. Cette météo, souvent généreuse, attire dans cette région les adeptes des raquettes, du ski de fond et du ski alpin.

Depuis le col du Mollendruz, Claude-André Rachet (71 ans) accompagne un groupe de randonneurs en raquettes en direction de Châtel (VD). Le guide connaît le coin comme sa poche. Dans ses jeunes années, c’était son lieu d’entraînement privilégié. Et pour cause: avec le Valaisan Konrad Hallenbarter, il a pratiqué le ski de fond au niveau international. Il va bon train, mais ne s’éloigne jamais de son groupe et ne quitte jamais les pistes balisées. «Il est plus facile de progresser sur ces itinéraires qu’en pleine poudreuse. Et c’est surtout mieux pour la nature», précise cet ex-champion.

Outre les amateurs de raquettes, les skieurs de fond sont de plus en plus nombreux à explorer la vallée de Joux. Comme le rappelle notre guide, le domaine totalise plus de 100 km de pistes. Et pour la plus grande joie des fondeurs moyens, les pistes sont de bout en bout préparées pour le style classique comme pour le skating, parfois légèrement vallonnées, mais jamais escarpées.

Les raquettes: une activité sportive de plus en plus prisée.

Sports et produits du terroir

Le vaste réseau de pistes de fond, qui propose différents circuits et diverses distances de parcours, dessert régulièrement des auberges où les skieurs peuvent se sustenter de spécialités du terroir vaudois – comme par exemple d’un vacherin Mont-D’Or chaud, servi avec des pommes de terre (ou des tranches de pain). Le tout accompagné d’un verre de blanc. Après un repas aussi consistant, Claude-André Rachet fait toujours en sorte que le groupe n’ait plus qu’une petite portion du circuit à effectuer.

Même si le domaine attire toujours davantage de visiteurs, les fondeurs peuvent encore s’adonner en toute tranquillité à leur loisir dans la haute vallée reculée. «Le tourisme n’en est ici qu’à ses balbutiements», déclare Andreas Banholzer, directeur de l’Office du tourisme vaudois.

Le berceau de l’horlogerie

La vallée de Joux connaît un véritable essor économique. Elle compte près de 6000 habitants et l’industrie horlogère, qui s’y est implantée aux XVIIe et XVIIIe siècles, emploie à elle seule quelque 7000 personnes. Jadis, les paysans confectionnaient des pièces pour les horlogers de Genève durant les mois d’hiver. Au fil du temps, ils ont développé un véritable savoir-­faire et une grande dextérité. Ils ont fini par fabriquer eux-mêmes des montres entières. Aujourd’hui, des marques prestigieuses, telles que Breguet, Blancpain, Jacot et Audemars Piguet, proviennent de la vallée de Joux.

L’Espace Horloger, situé au Sentier, retrace la riche histoire de l’industrie horlogère jurassienne. On peut en outre y admirer des pièces rares, comme la minuscule montre que portait la reine Elisabeth le jour de ses noces, ou encore la pendule de table Atmos qui utilise les changements de température et de pression atmosphérique pour se mettre en mouvement - une variation d’un seul degré suffit à assurer son fonctionnement pendant 48 heures.

La région autour du lac de Joux offre une multitude d’itinéraires de randonnée en raquettes.

Capitale de la boîte à musique

Parallèlement à l’industrie horlogère, les habitants de l’Arc jurassien ont également fabriqué avec talent de petits objets de haute précision au service de l’industrie des automates et des boîtes à musique. Sainte-Croix est aujourd’hui encore la capitale mondiale de la boîte à musique. Le Musée CIMA (Centre international de la mécanique d’art) est entièrement dédié à ce thème. Les visiteurs peuvent, entre autres, y découvrir des pièces de François Junod, fabricant d’automates. Celui-ci travaille sur commande et crée lui-même toutes ses figurines jusqu’à la dernière vis. Il lui aura fallu par exemple 17 mois de travail pour confectionner l’automate «Le Prince Eugène».

Ses œuvres les plus onéreuses coûtent entre 500  000 et 600  000 francs. «Chaque automate est le fruit d’une technologie vieille de 200 ans. Pas question ici de puces électroniques», conclut François Junod.

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Tout savoir sur le ski de fond

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Jura: l’offre touristique

Le Musée des automates et boîtes à musique (CIMA)témoigne du grand savoir-faire artisanal à l’origine d’une industrie horlogère prospère.

Le Musée des automates et boîtes à musique (CIMA)témoigne du grand savoir-faire artisanal à l’origine d’une industrie horlogère prospère.
http://www.cooperation.ch/Sports+d_hiver+dans+l_arc+jurassien Le Musée des automates et boîtes à musique (CIMA)témoigne du grand savoir-faire artisanal à l’origine d’une industrie horlogère prospère.

Col du Mollendruz: ski de fond et raquettes; possibilité de louer le matériel.

L’Auberson: ski de fond et raquettes; possibilité de louer le matériel.

Musée CIMA: Musée des automates et boîtes à musique.

Espace Horloger, Le Sentier: une présentation inédite de l’industrie horlogère et de son histoire.

Centre Sportif, Le Sentier: vaste espace sportif doté d’une piscine.

Hébergement, Le Pont: Hôtel de la Truite*** (dès 160 fr./ch. double).

Hébergement, Les Rasses/Sainte-Croix: Grand Hôtel des Rasses*** (dès 131 fr./ch. double). Magnifique hôtel au charme, authentique du XIXe siècle.

Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Claude Jaccard, François Bertin, Patrick Jantet, Thomas Compagno
Publication:
lundi 19.02.2018, 13:56 heure