Dirty Sound Magnet enchaînera près d’une soixantaine de concerts cette année. C’est dire si la scène est leur domaine!

«J’adore les artistes qui sont libres»

Stavros Dzodzosz Le guitariste et chanteur de Dirty Sound Magnet, qui est né à Fribourg, nous parle de la métamorphose de son groupe de rock. Nouvel album en mai et tournée allemande cette semaine.

Dirty Sound Magnet en mode power trio, c’est une sorte de phénix rock qui renaît de ses cendres. Avec un style unique, un tout nouvel album, un label allemand et des dates de concert qui s’enchaînent. C’est aussi un groupe professionnel; c’est-à-dire qu’ils travaillent à 100% pour leur art. Une discipline qui pourrait dissoner avec un trio de rock, pourtant leurs efforts portent maintenant leurs fruits. Vainqueur de la meilleure chanson rock suisse le mois passé à Zurich avec «Homo Economicus», le combo est dès cette semaine  en tournée en Allemagne avec six dates en huit jours, dont deux à Berlin. Quant à la fleur de leur labeur sonique, l’album «Western Lies», il sortira le 12 mai dans les bacs. À Fribourg, boulevard de Pérolles, le guitariste et chanteur, Stavros Dzodzosz, nous conte une épopée qui fait chaud au cœur.

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En fait, la meilleure métaphore de la musique, c’est la cuisine! »

Où avez-vous déjà tourné cette année avec la musique de ce nouvel album?
En Slovaquie, Tchéquie et Hongrie au mois de janvier, et début mars en Allemagne. C’était une tournée assez folle en Europe de l’Est: il faisait très froid, –25 degrés à certains moments. Tu gèles en portant les amplis, puis tu arrives dans la salle, qui n’est presque pas chauffée… Mais, par contre, c’était une expérience magnifique. On a rencontré des gens incroyables. On va y retourner en septembre!

Stavros, un prénom grec pour un musicien chevronné, parlez-nous de vos origines...
Mes grands-parents ont quitté la Grèce à la fin des années 1940 pendant la guerre civile. Ils étaient partisans des révolutionnaires. Ils ont eu la chance d’arriver en Hongrie, où mon père et ses frères et sœurs sont nés. Quand mon père a eu 20 ans, il s’est enfui de Hongrie pour tenter de rejoindre les États-Unis. Mais il s’est fait arrêter alors qu’il traversait le lac de Constance. En 1980, la Suisse l’a accueilli à bras ouverts. Ma mère l’a rejoint par la suite et je suis né ici, à Fribourg.

Comment êtes-vous venu au rock?
C’est une musique qui m’attirait déjà quand j’étais bébé. Mes parents m’ont raconté qu’à 6 mois, s’il y avait «Born To Be Wild» qui passait à la radio, je commençais à gesticuler et bouger la tête. Ils étaient tous les deux fans des Rolling Stones. Et à 15 ans, c’est ma mère qui m’a fait découvrir Led Zeppelin. Cela a été un véritable déclic pour moi!

Vous avez fait un bachelor en littérature anglaise, pourquoi ne pas avoir suivi le conservatoire ou une école de jazz?
Avec la musique que j’avais en tête, c’est la pire chose que j’aurais pu faire. Pour moi, le rock ne doit pas être scolaire, c’est un travail personnel.
Évidemment en suivant une école, tu deviens un excellent musicien avec un background très riche. Mais, personnellement, je pense que ce chemin, il faut le faire seul. Il suffit d’avoir la volonté, de travailler et d’apprendre!

«Homo Economicus» «Best Swiss Rock Song 2017»

Vidéo-clip de «Homo Economicus», réalisé par le batteur et graphiste de Dirty Sound Magnet, Maxime Cosandey
 

Dirty Sound Magnet est devenu un trio suite au départ du chanteur, il y a deux ans. Une transition difficile mais qui a aussi forgé votre propre style musical dans l’adversité…
Avec le noyau de départ – Marco à la basse, Maxime à la batterie et moi – on voulait s’investir à 100% dans le groupe. Le chant était pour moi quelque chose d’impossible… À l’époque, je n’osais même pas chanter sous ma douche! J’ai donc fait des sessions de plusieurs heures tous les jours après les répé­titions du groupe. Puis, finalement, les résultats sont apparus et je me suis dit que dans la vie tout est possible!

Vous avez ensuite construit votre studio d’enregistrement dans votre local de répétition… Un travail de longue haleine?
Oui, on a investi dans une table de mixage, lu la littérature d’ingénieur du son, tout appris nous-mêmes. Grâce à son expérience d’informa­ticien, Marco a compris le mécanisme pour faire fonctionner le studio. On a commencé à faire des tests. Dès qu’on avait une version, on la faisait écouter à nos amis ingénieurs du son; et si cela ne jouait pas, on la refaisait et refaisait… Avoir réalisé cet album à trois, c’est un accomplissement. Surtout lorsque les professionnels du milieu trouvent ça bon et original!

Deux années, c’est long, non?
Oui, on décrit souvent cette métamorphose comme une période de souffrance. Mais le temps, il n’y a rien de mieux. Il n’y a aucun microphone dans le monde, aucune table de mixage, aucun ingénieur du son pouvant remplacer le temps! Si tu veux expérimenter des choses, il faut du temps. C’est ce qu’il y a de plus précieux quand tu fais de la musique!

L’album «Western Lies» est un énorme projet créatif, une mine de trouvailles. Il y a peu ou pas de groupes qui ont ce son. On dirait du néo-rock...
On a appelé ça du «creative rock». Notre approche est qu’avec chaque nouveau morceau, tout est ouvert. Notre style est de ne pas être bloqué dans un genre. Avec toutes nos références et toute la musique qu’on aime, à chaque nouveau titre, c’est tout un processus créatif qui recommence. C’est un style où l’on peut tout se permettre!

Comment voyagez-vous lors de vos tournées? J’imagine que votre camping-car d’il y a quatre ans a rendu les plaques… A-t-il un héritier?
Oui, mais plus petit! On a un van VW, où l’on stocke tout le matériel. En général, on est tous les trois plus un ingénieur du son. Durant la prochaine tournée, quelqu’un viendra nous aider pour le stand de merchandising.

Cette année, combien de kilomètres comptez-vous tracer?
Entre les trois tournées en Allemagne et les deux en Europe de l’Est, on avalera environ 40  000 à 50  000 km! On est trop heureux! Avec ce qui sera encore «booké» cette année, on aura facile 60 à 70 dates de concert!

Comment se déroule la journée d’un rockeur?
Je me réveille à 8 h 30. On se retrouve à 9 h 30 pour répéter.Vers midi, on rentre pour préparer le repas. On est tous un peu cuisinier. De 14 h à 17 h, on joue. Ensuite, on fait quelques tâches administratives (communication avec les labels et organisateurs de concerts, montage de clip, etc.).

Combien de temps jouez-vous de votre instrument par jour?
L’idéal est de répéter environ 4 heures avec le groupe et d’entraîner chacun son instrument à côté. En général, je joue 5 à 6 heures par jour!

Vous passez aussi beaucoup de temps en cuisine. Est-ce l’une de vos autres passions?
En fait, la meilleure métaphore de la musique, c’est la cuisine. Il y a les mêmes étapes. Tu as les ingrédients avec les musiciens, les instruments. Tu peux avoir de mauvais ingrédients et faire un bon plat. Ou avoir de super ingrédients et faire un mauvais plat. On enregistre, on coupe et tout. Après il faut faire le mix, mélanger, choisir si tu ajoutes du sel ou des épices. Après, il y a le mastering, c’est le four ou la casserole. C’est la touche finale, tu finis ton plat. Cette analogie marche pour tout. Je peux te parler d’un groupe en ne te causant que de sel et de poivre!

«J’adore les artistes qui sont libres dans leur manière de faire de la musique et qui s’investissent à 100% dans leur art!»

La musique à plein temps

Il a déjà passé la moitié de sa vie à jouer de la guitare. Le Fribourgeois Stavros a fondé le groupe rock Dirty Sound Magnet il y a une dizaine d’années, avec le bassiste Marco Mottolini et le batteur Maxime Cosandey. Après deux albums estampillés rétro-rock, façon Led Zeppelin, l’ancien chanteur quitte le navire et le quatuor devient un trio. Les voilà de retour avec un son épatant et original!

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Alain Wey

Rédacteur

Photo:
Stéphane Schmutz/Stemutz.com, Charly Rappo
Publication:
lundi 24.04.2017, 13:15 heure



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