«J’accepte de prendre toutes les voies, même les plus improbables.»

Stéphane de Groodt: «J’ai transformé un handicap en atout»

Rencontre Acteur pour la télévision (aux côtés d’Anne Richard) et pour le cinéma, ex-pilote, Stéphane de Groodt est aussi un virtuose du jeu de mots. Il en a fait un livre.

«

Il faut oser. Vouloir décrocher la lune. Se dire que tout est possible! »

Vous faites partie des Belges qui ont la cote à Paris, en ce moment…
Attendez! Ça viendra pour les Suisses aussi! Il faut reconnaître qu’on a eu notre dose: le nombre de blagues belges que les Français ont pu raconter… Mais depuis quelques années, avec Benoît Poelvoorde, Cécile de France, puis François Damiens, le vent a tourné. Notre liberté de ton, notre manière bonhomme de dire les choses, sans vraiment de prétention ni fierté mal placée plaisent. Notre humour, assez proche de l’esprit anglais, nous rend sympathiques, tant mieux!

Son deuxième livre, qu’il vient d’offrir à sa maman

Son deuxième livre, qu’il vient d’offrir à sa maman
Son deuxième livre, qu’il vient d’offrir à sa maman

Comment vous définissez-vous, sinon par cette origine belge?
Je suis absolument comédien. Un comédien qui aime faire rire, car il n’y a rien de plus formidable que de faire rire les gens, mais je ne me sens pas du tout humoriste. Un humoriste fait marrer, par gesticulation, par une manière d’être, moi, j’ai besoin d’être dans l’échange ou l’interaction avec un partenaire. Je ne suis pas un vanneur. Les chroniques que je venais dire sur le plateau de Canal+, puis à l’antenne de RTL, représentaient beaucoup d’effort d’écriture. Je les polissais pendant des heures.

Effort récompensé, car la publication de vos chroniques vous a valu le prix Raymond Devos. Ça a dû vous faire plaisir.
J’en ai été très fier, d’autant plus qu’il m’a été remis par la ministre de la Culture! Que l’institution me décerne à moi, qui n’ai jamais eu de diplôme, un prix pareil, portant le nom d’un homme très estimé, m’a fait l’effet d’avoir réussi un concours d’entrée dans une grande école. D’ailleurs, quand mon bouquin est paru, je l’ai apporté à ma mère en lui disant: «Voilà, il est là, le diplôme.»

Ce goût pour la jonglerie avec les mots et les calembours subtils vous vient d’où, alors?
J’ai su transformer une sorte de handicap en atout. À l’école, j’étais ce qu’on aurait appelé aujourd’hui, si on m’avait dépisté, un dyslexique. J’avais des difficultés à retenir les choses, à mettre les mots dans le bons sens. Je me suis approprié ce défaut pour utiliser la langue à ma manière, en utilisant les mots dans l’ordre qui me parle.

Cela a représenté quoi pour vous, cette période «fou du volant», ex-champion de Belgique en BMW Compact Cup?
Depuis tout petit, je voulais être pilote de course et comédien. Alors j’ai été très heureux de transformer mon rêve en réalité. Être pilote de course génère beaucoup d’émotion et d’adrénaline, mais cela repose sur d’autres compétences aussi. Il faut avoir le goût de la compétition, fonctionner avec les autres, gérer son mental, veiller sur sa condition physique, trouver des sponsors. C’est complet comme activité!

Et d’avoir pu vous reconvertir ensuite en acteur, c’est de la chance aussi?
Je ne l’explique pas. Il y a quelque chose qui cloche en effet dans mon parcours. C’est atypique de passer de la course automobile au métier d’acteur pour la télévision d’abord, puis au cinéma, et d’être bien accueilli. De débarquer à 45-46 ans avec des blagues improbables sur Canal+ et d’accrocher les gens. Figurez-vous que je m’apprête à tourner mon premier «premier» rôle au cinéma. À 48 ans, c’était inespéré.

«J’ai toujours voulu décrocher la lune»

«J’ai toujours voulu décrocher la lune»
«J’ai toujours voulu décrocher la lune»

Quels conseils à ceux qui voudraient changer d’orientation sur le tard?
Il faut oser. Vouloir décrocher la lune. Se dire que tout est possible et ne pas s’enfermer dans les règles, les codes, les grilles de lecture. Cela dit, pour emprunter les chemins de traverse, il faut être doté d’une énergie de tous les instants afin d’être capable de se saisir de tout ce qui passe à sa portée. Et avoir bien en tête la cible qu’on vise. Il m’est arrivé de fatiguer. Je n’imaginais pas que la montagne puisse être aussi haute.

Qu’est-ce qui vous a soutenu pendant toutes ces années?
Ma femme (ndlr: la scénariste Odile d’Oultremont avec qui il a eu deux filles de 5 et 8 ans). Elle est une partenaire importante pour moi. Son écriture m’a séduit avant que je la connaisse. J’aimais bien son humour, sa finesse d’esprit. On a beaucoup écrit ensemble. Aujourd’hui que le succès est arrivé, elle m’aide à garder les pieds sur terre et la tête sur les épaules. Elle est comme un phare pour me rappeler un certain nombre de choses. De ne pas changer par exemple. Car je suis enfin devenu ce que je voulais être.

Où serez-vous à Noël?
Chez moi, en famille, en Belgique. J’aurai juste fini le film de mon premier rôle.

Vous arrive-t-il de venir en Suisse?
Oui, régulièrement pour faire du ski. Et à chaque passage en Suisse, je ne peux m’empêcher de m’arrêter à Vevey. La vue qu’on y a sur le lac et les montagnes est éblouissante. J’adore cet endroit.

4 dates dans la vie du comédien

1966 Naît à Bruxelles. Même s’il est de plus en plus à Paris, il habite la Belgique.
1999 Il tourne 14 épisodes de la série «Boulevard du Palais» où il joue le procureur de la République.
2012 Il s’impose comme jongleur de mots sur Canal+ dans l’émission de Maïtena Biraben.
2014 À l’affiche de cinq films. Publie le deuxième tome de ses chroniques, «Retour en absurdie» (Plon).

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

Photo:
Contour by Getty Images, Fotolia, SP
Publication:
lundi 17.11.2014, 16:25 heure



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