Stéphanie Bender, la nouvelle directrice du Nouveau Monde, l’espace culturel situé à l’ancienne gare de Fribourg – dont l’emblème est un corbeau serrant un rail.

«J’adore le foot et ses émotions»

Stéphanie Bender vient d’être nommée à la direction du Nouveau Monde, l’espace culturel de la gare à Fribourg. Elle nous parle de ses passions, de ses défis, des rôles de la culture. Et de ce qu’elle va faire cet été.

Coopération. La Coupe du monde de football débute jeudi. Vous allez la suivre?
Stéphanie Bender. Oui, j’adore le foot, surtout dans les grands événements. Les émotions exprimées pendant ces grandes compétitions me fascinent. Je me laisse complètement prendre, même si le contexte dans lequel se déroulera la Coupe du monde, au Brésil, est très problématique.

Vous êtes derrière l’équipe suisse?
Bien sûr. J’aime cette équipe multiculturelle qui est à l’image de la Suisse d’aujourd’hui, riche et diverse.

Sinon, qu’allez-vous faire de votre été?
Je commencerai mon nouveau travail en novembre. J’aurai donc plus de temps que d’habitude pour faire des découvertes durant l’été. J’irai, comme chaque année, aux Rencontres photographiques d’Arles, puis, direction la côte basque, San Sebastian. L’océan me ressource, mais c’est aussi une véritable capitale de la gastronomie, et je suis très gourmande… En passant, je m’arrêterai à Rodez pour découvrir le nouveau Musée Soulages. Et en automne, avant de prendre mon nouveau poste, je ferai un «road trip» aux USA, sur la côte ouest.

«

Les rencontres, les échanges, les envies: c’est aussi cela la culture»

Vous venez d’être engagée à la direction de l’espace culturel du Nouveau Monde, à Fribourg. C’est un tournant pour vous?
Oui. Et c’est une opportunité magnifique qui m’est offerte. A 39 ans, je suis encore en phase avec le public large auquel le Nouveau Monde s’adresse, de 7 à 77 ans. Je me réjouis de diriger une équipe très dynamique, dans un lieu aussi fort, et de partager mes visions de ce que peut amener la culture.

La culture peut-elle favoriser l’émergence d’un nouveau monde?
Oui, parce qu’elle permet à une société et à ses membres d’exister et d’être sereins face à l’avenir. Elle favorise la cohésion sociale. La culture, ce sont les échanges, les rencontres, les envies et les émotions: elle nous permet de nous ouvrir aux autres et à nous-même. Je suis toujours sidérée par la capacité des artistes à partager. Je me dis souvent: «Mais où vont-ils chercher ce qu’ils arrivent à nous transmettre de fort?»

Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce poste?
J’ai vécu à Martigny, puis à Vevey avec mon ami fribourgeois. Il me parlait avec enthousiasme des soirées du Nouveau Monde. Il y a quelques années, nous avons eu envie de revenir à Fribourg. Sans être une grande ville, Fribourg est très dynamique dans le domaine culturel. Le Nouveau Monde symbolise bien cette énergie et quand j’ai vu que ce poste se libérait, j’ai pensé que c’était une incroyable opportunité. J’étais attirée par le défi de travailler dans une petite salle, après avoir travaillé pour l’Auditorium Stravinski (1700 places). Enfin, j’avais envie de connaître la culture associative.

C’est quoi le Nouveau Monde pour vous?
C’est avant tout l’exploration de territoires culturels, avec des activités aussi variées que pointues, des spectacles pour enfants, de la danse, du théâtre, et bien sûr de la musique: rock, jazz, chanson. Le programmateur, Sylvain Maradan, fait un travail incroyable et met en avant des jeunes talents, que l’on découvre quelques années plus tard dans les grands festivals.

Cette salle se situe dans l’ancienne gare de Fribourg, juste à côté des voies, ça a une signification particulière pour vous?
Oui, c’est très important. Lorsqu’on regarde par les fenêtres, on voit passer les trains. C’est une invitation au voyage. C’est un lieu de passage aussi sur la frontière des langues. Nous devons favoriser la rencontre dans un lieu qui est si facile d’accès. Et puis, une gare, c’est chargé d’histoires, des émotions des départs et des arrivées.

Vos défis?
Le Nouveau Monde aura 20 ans l’année prochaine. C’est l’âge de tous les possibles: on est encore dans la passion, mais on est aussi solide dans nos structures. Nous avons tout en main pour favoriser la créativité et les débats d’idées.

Vous allez amener une touche femme?
Oui, je le veux.

Comment avez-vous fait coïncider l’économie, votre formation, et la culture, votre passion?
Dès mes études en économie, j’ai voulu travailler dans le milieu culturel. Je pense que pour se déployer, la culture doit pouvoir compter sur une gestion très carrée. C’est une condition pour laisser la place aux arrondis de la création. J’ai été à la bonne école dans mon premier emploi, à la Fondation Pierre Gianadda. J’admire la rigueur du travail de Léonard Gianadda et j’ai beaucoup appris à ses côtés.

Valais, Fribourg, USA

Femme de découvertes

Etudes. Agée de 39 ans, elle a fait une licence en sciences économiques et sociales à Fribourg, option gestion d’entreprise.

Carrière. Après avoir travaillé comme responsable adjointe de la Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, elle a été active dans les ressources humaines pour une PME et pour Philip Morris, avant de retourner à la culture au sein de la fondation de la Saison culturelle de Montreux qui organise des spectacles à l’Auditorium Stravinski.

Passion. «Mon goût pour les Etats-Unis est aussi lié à ma passion absolue pour le design et notamment pour le travail de Charles et Ray Eames.»

Valais. Elle y reste très attachée, même si, à ses yeux, le canton «est devenu plus rude. Mais il se passe beaucoup de choses.»

www.nouveaumonde.ch

www.cafeanciennegare.ch

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Charly Veuthey

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo/arkive.ch
Publication:
lundi 09.06.2014, 12:00 heure

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