Stève Ravussin, avant son départ aux £Etats-Unis, à Crans-près-Céligny (VD).

«Défendre la cause de l’eau»

Après de nombreux succès sur les mers du monde, Stève Ravussin est engagé dans la construction de bateaux et dans la défense de la planète. Rencontre à Crans-près-Céligny (VD), un lendemain de tempête.

Coopération. En football, on a coutume de dire qu’à la fin, ce sont toujours les Allemands qui gagnent. En voile, ce sont toujours ceux qui peuvent investir le plus?
Stève Ravussin.  Oui, dans la plupart des cas. Avec mes partenaires de Multi One Design, nous ne voulons plus que la victoire ne soit qu’une question d’argent. Nous avons donc créé une nouvelle classe de trimarans monotypes de 70 pieds – les MOD70 – appelés à naviguer sur les océans. Nous sommes en train de créer un championnat pour ces MOD70: il permettra aux navigateurs de se battre à armes égales et aux jeunes de participer aux courses.

Où en est votre projet?
Nous avons bâti notre usine de production pour sortir un bateau toutes les dix semaines. Nous avons déjà vendu sept bateaux. Aujourd’hui, nous sommes en train de réunir le financement pour lancer le championnat des MOD70. Mais, en Europe, les finances sont au creux de la vague!

Parallèlement, vous avez aussi lancé la Fondation Multi One Attitude pour sensibiliser la planète aux problèmes de l’eau. Quel rapport avec les MOD70?
Notre championnat se déroulera partout autour de la planète. Nous avons une occasion unique de sensibiliser les populations aux problématiques de l’eau, notre «terrain de jeu». Nous sommes bien placés pour défendre l’écologie. Quand on navigue, on se rend compte de l’immense pollution des mers. En juillet 2012, au premier jour de la Krys Ocean Race, j’ai heurté un container. Trois ans de travail tombaient à l’eau. Mais ce qui est grave, c’est que les containers contribuent à la pollution. Il y a aussi un énorme problème avec les microparticules de plastique: en Méditerranée, un poisson sur sept a du plastique dans le ventre. Le manque d’eau douce sur terre représente également un problème majeur.

Quelles actions va entreprendre la Fondation?
Elle va sensibiliser le grand public et les leaders sur l’urgence de préserver l’eau, en utilisant la voile comme un moyen d’éducation. Le MOD70 Race for Water, dont je suis le skipper, est l’ambassadeur de la Fondation. Notre but est de communiquer, de collaborer avec des start-up pour combattre le plastique en mer, de former les gens pour qu’ils ne le jettent plus dans l’eau… Nous allons nous déplacer dans le monde entier avec nos bateaux, nous bénéficions d’une grande médiatisation et nous sommes en discussion directe avec les autorités des villes. Nous devons en profiter pour défendre la cause de l’eau.

Zep est un partenaire de votre Fondation…
On ne fera pas avancer cette cause si nous ne sensibilisons pas les jeunes. Titeuf est tout indiqué pour cela. Zep est un gars génial!

Race for Water naviguera-t-il cet été?
Non. Nous avons entrepris d’autres actions. Je pars aux Etats-Unis pour naviguer sur l’un des MOD70 que nous avons vendus, pour faire leur promotion et celle de la Fondation. J’y serai pendant la Coupe Louis Vuitton et, en septembre, j’aurai le plaisir de suivre les jeunes de l’équipe suisse TILT, qui participeront à la Red Bull Youth America’s Cup.

Quelle est votre vision de la Coupe de l’America?
Elle est réservée aux très fortunés, mais reste fabuleuse: elle permet de faire du développement et il en faut pour faire évoluer la voile. La Coupe de l’America, c’est la ligue supérieure, et comme dans les autres sports, il faut plusieurs ligues, d’où également l’idée de notre championnat des MOD70.

Votre bateau D35 a chaviré, victime de l’orage. Sans vouloir faire de l’humour noir, la navigation reste décidément toujours une aventure?
Il a été victime de la tempête (voir encadré). C’est sûr, on n’avait pas besoin de ça! Mais, c’est du matériel, il n’y a pas eu de blessé. Quand on voit l’état des vignes de nos pauvres copains vignerons, le bateau, ce n’est pas le plus grave. Ça prouve encore une fois que, contre la nature, on ne peut rien.

Les gens restent fascinés par les marins. C’est la grande aventure… Est-ce encore le cas pour vous?
Ça fait vingt ans que je me bats pour participer aux courses. Ça use. Mais quand je suis sur l’eau et qu’il n’y a pas de problème, j’ai toujours du plaisir à naviguer.

Tempête

Son bateau coulé par l’orage

Le jour de notre rencontre, l’humeur n’est pas au beau fixe. Stève Ravussin est en plein travail pour sortir de l’eau son D35 «Veltigroup», victime de la tempête qui s’est abattue sur la Suisse romande, la veille, le 20 juin, et qui a très fortement touché Crans-près-Céligny, où le bateau, piloté cette année par Boris Lerch, était amarré. «Notre bateau a chaviré à la bouée. Il fallait énormément de force pour que ça arrive. Tout a cassé.»

Stève Ravussin

Un caractère bien trempé

Carte d’identité. Né le 23 décembre 1968, canton de Vaud.
Palmarès. Vainqueur de la Route du Rhum en 1998, de la Transat Jacques Vabre en 2001 et 2007, il détient le record de vitesse de la traversée de la Méditerranée en 2009 et de la traversée de l’Atlantique en 2007. En 2010, il obtient le Trophée Jules Verne (tour du monde à la voile) à bord de Groupama 3, aux côtés de Franck Cammas, un ami de longue date.
Avaries. En juillet dernier, moins de vingt-quatre heures après le départ de la «Krys Ocean Race» et alors qu’il est en tête, il heurte un container: «Trois ans de travail et tout s’arrête un jour après le départ», disait-il alors. «Les gros problèmes font avancer dans la vie. Sans problème, on n’avance pas.»
Caractère. Stève Ravussin est réputé pour son franc-parler, son caractère bien trempé et sa combativité: «Ça fait vingt ans que je résiste, je vais résister encore quelques tours.»

www.multioneattitude.com

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Charly Veuthey

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo/Arkive.ch
Publication:
lundi 01.07.2013, 13:52 heure

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