Sur sept semaines de vacances scolaires, Jérémy (12 ans) en passera quatre sans sa famille. Il fait le grand saut, entre réjouissance et anxiété.

Sur le chemin de la liberté

Les jeunes qui partent en vacances sans leurs parents font un pas vers l’autonomie et apprennent à se responsabiliser. Souvenez-vous de vos premières vacances, racontez via un commentaire ci-dessous!

Jérémy Marro, psychologue clinicien

Jérémy Marro, psychologue clinicien
Jérémy Marro, psychologue clinicien

Jérémie Saillen (12 ans), part pour la première fois en vacances sans ses parents cet été. Il ne fait pas les choses à moitié puisqu’il sera absent de la maison quatre semaines! Il ira d’abord quinze jours en France, dans le cadre d’un jumelage de communes. Il reviendra ensuite deux semaines chez lui, à Saint-Maurice (VS), puis rejoindra Ravoire (VS), où il participera à un camp d’été. «Au moins je n’embêterai pas mes parents», leur adresse-t-il avec un sourire. Autre son de cloche de leur côté: «Ça va être long, ça va nous faire un creux.»
Pour le psychologue Jérémy Marro, c’est plutôt positif d’avoir envie de se séparer de ses parents pour des vacances: «A 12 ans, on entre dans l’adolescence. Il faut comprendre que l’adolescent a un besoin vital de s’autonomiser. Vouloir partir en vacances sans ses parents, c’est une manière de prendre un peu de distance pour grandir. Il faut bien sûr voir avec son enfant si le projet est réaliste et convient à son niveau de maturité.»
Durant ses vacances, Jérémie sera encadré par des adultes. En France, il dormira dans une famille d’accueil et aura l’occasion de visiter Paris et d’aller au bord de la mer. «Nous avons nous-mêmes vécu cette expérience à son âge dans le cadre du jumelage de Saint-Maurice Valais avec Saint-Maurice Val-de-Marne et nous avons encouragé notre fils à y aller», indiquent Stéphanie et Gilbert, les parents de Jérémie.

Des premières vacances sans papa maman à une collection de cartes postales… Les voyages forment la jeunesse.

Il connaît déjà Pierre, le jeune Français chez qui il logera, car il est venu cet hiver en Valais, pour faire du ski: «Il est très sympa et il a les mêmes goûts que moi, par exemple pour certains jeux vidéo ou pour les Lego Starwars. Je pense que ça me fera bizarre de vivre dans une grande ville. On va pouvoir visiter Paris, j’espère voir la tour Eiffel de près!» Plus tard, en camp, Jérémie compte bien «rigoler entre copains!»
Comme Jérémie sera absent, le reste de la famille Saillen a décidé de ne pas voyager cet été: «On attendra avec impatience son retour», sourit Stéphanie, un brin anxieuse. Son fils aura un natel avec lui en cas de souci. «C’est très difficile pour les parents de laisser partir leurs enfants, mais c’est important de le faire. Ils seront bientôt des adultes: il faut les laisser expérimenter cela. Un adolescent a besoin de sentir une confiance des parents pour devenir adulte.»

Chez la famille Dall’Omo, à La Chaux-de-Fonds (NE), les trois filles et leurs parents ont des projets différents pour les vacances. Chacune des trois sœurs a déjà expérimenté les vacances entre amis. «Après les examens de bac, on est allés entre copains une semaine au camping de Rolle, dans le canton de Vaud. Je n’avais juste pas 18 ans et j’avais eu droit à pas mal de recommandations de mes parents: tu feras attention, tu ne boiras pas trop», se souvient en rigolant l’aînée, Alexandra, étudiante  en tourisme de 21 ans. Tout s’était bien passé pour elle: pas d’incident à déplorer. Christine, la maman, évoque les départs: «J’ai confiance en mes filles, je n’ai pas l’impression qu’elles prendraient des risques inconsidérés. Ce que je trouve plus difficile, c’est ce qu’on ne peut pas prévoir, comme les mauvaises rencontres.»
La confiance des parents est centrale pour permettre aux jeunes de se responsabiliser. Aux yeux de Camille, étudiante dans une école d’infirmière, les premières vacances sont un bon exemple de responsabilisation: «Mes premières vacances, c’était à Prague. On était plusieurs et on n’avait pas les mêmes centres d’intérêt, ce n’était pas facile. J’avais cherché l’hébergement, les billets d’avion et les itinéraires, en fonction d’un budget serré, c’était responsabilisant. Je m’étais rendu compte que l’organisation, c’est du boulot. J’ai eu de la gratitude pour mes parents, qui nous ont souvent préparé des voyages en famille», observe la jeune femme de 20 ans, qui espère devenir infirmière urgentiste.

Olivia a le goût des voyages. L’année prochaine, elle partira plusieurs mois en Australie.

Alexandra ajoute qu’une fierté est liée aux premières vacances: «On se prouve à soi-même qu’on arrive à réaliser ce que nos parents ont fait pour nous auparavant.» Le psychologue Jérémy Marro confirme: «Les jeunes doivent pouvoir se prendre en charge eux-mêmes lors des vacances entre copains, c’est une façon de se responsabiliser. Je suis d’avis que les parents les laissent préparer leur projet, en supervisant de loin pour s’assurer qu’ils pensent à l’essentiel.» 

«

Quand les parents se retrouvent en couple pour les vacances, ce n’est pas toujours facile»

Quand les parents disent non à des vacances, comment gérer le conflit? C’est arrivé chez les Dall’Omo. Camille se souvient avoir voulu aller dormir au camping de Paléo avec une copine: «Ça avait été exclu», se rappelle-t-elle. Jérémy Marro estime qu’il n’y a pas de solution miracle: «C’est important d’en discuter, en essayant d’un côté comme de l’autre de ne pas se mettre dans des positions radicales. Il faut que l’adulte exprime ses inquiétudes et que l’ado montre qu’il y a une responsabilité derrière son projet.» Il considère que pour accepter qu’un jeune parte, il faut que son projet soit clair et structuré, qu’il prouve aux parents qu’il sait ce qu’il fait.

Alexandra (21 ans), Camille (20 ans) et Olivia (18 ans) autour de leur maman Christine: elles passeront les vacances d’été chacune de son côté.

Une fois que les enfants voyagent de leur côté, les parents peuvent s’évader à nouveau en couple: «On se retrouve à deux. Même si on s’en réjouit et qu’on peut voyager comme on en a envie, c’est un sacré changement», se souvient Christine Dall’Omo. «Ils ont eu une identité de parents pendant des années et tout à coup ils peuvent revivre leur couple. Il faut apprendre à se retrouver, à faire des projets ensemble. Ce n’est pas toujours aussi facile que ce que l’on peut imaginer», note Jérémy Marro.
Les Dall’Omo ont eu envie de se retrouver encore une fois pour des vacances: «Ce sera certainement la dernière fois qu’on partira les cinq. Nous avons réussi à réserver des dates qui conviennent à tout le monde cet hiver. Nous irons au Maroc, marcher dans le désert», se réjouit Christine.
En attendant, place à l’été! Pour ceux qui partent en famille, le psychologue Jérémy Marro rappelle que les vacances sont faites pour se retrouver loin des problèmes du quotidien, être donc plus ouverts et parler d’autre chose: «Attention à ce que chacun ait son espace de liberté, en tout cas les ados!»

Réserver, planifier, empaqueter: les premières vacances sans parents, ça ne s’improvise pas.

Racontez vos premières vacances, partagez vos bons tuyaux dans les commentaires!

Souvenirs d’Italie: «J’ai vite compris»

Olivia Dall’Omo (18 ans) garde bien en mémoire ses premières vacances sans ses parents. Elle était partie en Italie à 16 ans et demi, avec sa meilleure amie: «C’était à Caorle. Nos parents nous avaient amenées en voiture. On a vite compris pourquoi on avait eu le droit d’y aller: il n’y avait que des vieux», rigole-t-elle, en ajoutant qu’elles avaient quand même trouvé quatre jeunes dans la même situation qu’elles et qu’ils étaient devenus amis. En début d’année prochaine, Olivia fera ses valises pour un séjour de plusieurs mois en Australie. Cette jeune esthéticienne a envie de se réorienter professionnellement: «Je me suis dit que tant qu’à partir, autant aller loin!»

Premières évasions: le roi camping

Sac au dos, départ à vélo pour quelques jours au bord du lac…
Petits budgets obligent, en été, les jeunes qui partent en vacances entre copains optent souvent pour le camping. En Suisse, ce sont les responsables des campings qui décident de l’âge et des conditions d’accueil des jeunes. Les mineurs doivent avoir une autorisation parentale. Certains campings n’acceptent pas les moins de 18 ans sans adultes responsables, d’autres enregistrent uniquement les réservations des plus de 20 ans. Les auberges de jeunesse, autre bon plan côté budget, accueillent les jeunes dès 14 ans avec une autorisation parentale et dès 16 ans librement.

Commentaires (1)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Joëlle Challandes

Rédactrice

_

Publication:
lundi 24.06.2013, 15:13 heure

Publicité



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?