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Thierry Bolle, Ancien champion cycliste

Thierry Bolle: sa vie a tourné autour du vélo. Il est né en France, dans le département du Doubs "Mes parents travaillaient dans l'horlogerie, à Besançon" mais Thierry Bolle a effectué sa scolarité en Suisse. "J'ai habité à Lausanne, sur les hauts de la ville, bâtie sur 3 collines, dans le quartier de Pierrefleur." En classe, il avoue avoir assuré le service minimum, mais dans le sport, autre rayon, ses performances furent d'un tout autre calibre.

Un jour, il a soustrait le vélo d'un de ses copains et s'est rendu au vélodrome de la Pontaise - aujourd'hui délabré - situé à quelques tours de roue de la maison. Il a pu effectuer un essai sur l'anneau, et cela lui a tout de suite plu. Mais ce n'est pas sur piste qu'il allait s'illustrer "Mais j'ai aimé la piste, j'ai même disputé à une reprise les Six jours de Zurich avec Daniel Girard", mais sur la route, un peu partout en Europe. "Malheureusement à mon époque, rappelle-t-il, les courses en dehors du continent européen n'existaient pas. Dommage."

Le fait de posséder la double nationalité a surtout aidé Thierry Bolle quand il était amateur. "Il y avait beaucoup de courses en France; en tout cas 3 par semaine." Il s'était inscrit au VC Annemasse, lui offrant la possibilité de participer aux courses régionales et nationales dans l'Hexagone. Amateur-élite, il avait couru 6 mois avec une licence suisse puis continué en France, au bénéfice de sa licence française. Sa première course en tant que pro? "Le Midi-Libre (5-6 jours), le Tour de l'Aude (5-6 jours. J'ai toujours été un équipier apprécié." Il boit une gorgée de café. Apprécié? "C'est celui qui fait abstraction de sa personne et de ses résultats pour se mettre à 100% à disposition de son leader." Il avoue un regret, il le murmure parce qu'il n'est pas sûr que cela en soit une majuscule. "Sur certaines couses ou étapes, j'aurais pu, j'aurais dû jouer ma carte personnelle."

Il se souvient, la mémoire est vive, alerte, passionnée. "Lors d'un Giro (Tour d'Italie), j'avais "fait" 3e d'une étape. J'aurais bien aimé la gagner. Plus justement, je n'aurais jamais dû la perdre. On était un groupe d'échappés, il y avait 7 ou 8 coureurs dont 3 de chez Cilo-Aufina. Au sprint, j'avais mes chances mais mes deux coéquipiers n'ont rien entrepris pour me mettre en bonne position, ils n'ont pas travaillé pour moi." Sur son visage, on décèle un peu d'amertume. "Si j'avais été à leur place sachant que le coéquipier avait des qualités de sprinter, j'aurais tout fait pour l'aider." Thierry Bolle, qui n'est pas rancunier mais se souvient, donne leurs noms. "Josef Wehrli et Erwin Lienhard."

C'est en 1976 que Thierry Bolle embrasse le statut de professionnel. "Dans l'équipe de Jean de Gribaldy, surnommé "le Vicomte" (un titre qu'il possédait réellement, son vrai nom était Jean Prospère Laurent Simon de Gribaldi) il restait des places pour des étrangers." Ni une ni deux, Thierry Bolle, coureur cycliste volontaire, talentueux et qui voulait faire du vélo son métier y est allé gaillardement. Jean De Gribaldy (1922-1987) fut un homme qui rassemblait plus qu'il ne défaisait.

Dans la discussion vive et intéressante, Thierry Bolle évoque un second regret mais qui lui aussi ne l'est pas tant que ça. "Mon rêve, c'était d'aller aux JO (à Montréal, en 1976). Mais il y avait des coureurs amateurs suisses brillants, meilleurs que moi, plus forts (Schaer, Trinkler, Thalmann, Glaus, Schmid, etc). Alors, "faire" sa place était très difficile. Même si le clivage entre la Suisse-allemande et la Suisse-romande a toujours existé, là, dans le cas particulier, il n'était question que de la qualité des coureurs. Il n'y avait pas photo. Aller aux JO, c'était un rêve mais je suis resté réaliste."

La renommée du Tour de France

Quel est le Tour le plus dur à accomplir? "À mon avis, il s'agit du Tour de France, et encore aujourd'hui", répond Thierry Bolle qui connaît bien sa chanson pour en avoir disputé 4 (1976, 1982, 1983, 1984). Puis: "C'est sa renommée qui en fait le Tour le plus dur. Ce n'est pas son parcours, ni ses traits. Au Tour de France. souligne-t-il, tout le monde veut y faire un résultat, gagner une étape, porter un maillot distinctif. Dans un palmarès, pour une renommée, ça compte énormément."

Pour Thierry Bolle, le Tour d'Espagne est connu pour la dureté de ses ascensions naissantes. "Le Giro (Tour d'Italie) s'y est mis, le Tour de France également. Mais, ajoute-t-il avec fermeté, ce sont les coureurs qui font la course et qui l'écrivent."
Et les oreillettes portées par les coureurs (pas tous) reliés à leur directeur sportif? "Être contre le progrès serait stupide mais il faut que le progrès constitue un plus pour le coureur. Même si je reste convaincu que des leaders en prennent, la pose d'oreillette supprime au coureur des prises de décision. Les coureurs, aujourd'hui, sont tellement connectés que les entraîneurs ou les directeurs sportifs savent tout. Dans ce contexte, la Sky possèdent d'énormes moyens."

Une formation de tapissier-décorateur

Thierry Bolle a suivi une formation de tapissier-décorateur. A la fin de sa carrière de coureur cycliste professionnel, il a été représentant. "Durant trois ans, j'ai vendu des habits de vélo."

En 1988, il se crée la société Scott Suisse. "On m'avait demandé de participer à sa mise sur pied, en tant que représentant. Scott est devenu un des acteurs principaux de la scène cycliste. Chez Scott, j'ai été chef de vente, puis directeur des ventes, pour Scott Suisse et Scott France. Je gérais deux pays. Ma vie tournait autour du vélo."

Son timbre de voix s'obscurcit. "Et puis, poursuit-il, un certain jour de 2012, on m'a dit: au revoir. J'avais 59 ans."

Compétiteur dans l'âme, Thierry Bolle est parti à la recherche d'un travail "Parce que je n'avais pas fini ma vie professionnelle." Il en a retrouvé un chez Gpr, maison basée à Uster, magasin de vélos. "Aujourd'hui, j'ai terminé. Je vais à la pêche, je profite de mon bateau sur le Lac de Gruyère."

Palmarès

Thierry Bolle est né le 21 mai 1953 à Besançon
Ancien champion cycliste.
Double national: France et Suisse.
Il a été membre du Cyclophile lausannois.
A été professionnel de 1976 à 1984

LES ÉQUIPES POUR LESQUELLES IL A COURU

1976: Miko - de Gribaldy - Superia (Belgique)
1977: Flandria - Velda (Belgique)
Magniflex - Torpado (Italie)
A.D.S. Colnago (Italie).
1978: Jobo - Spidel (France)
Jelmoli (du 14 au 23 juin)
1979: Willora -Piz Buin - Bonanza (Suisse). "Elle a été la première équipe structurée en Suisse", précise Thierry Bolle.
1980 à 1983: Cilo-Aufina (équipe pro-Tour).
1984: Cilo-Aufina - Magniflex (sponsor supplémentaire).

A disputé tous les grands Tours et les Classiques.

1 fois le Tour d'Espagne
4 fois le Tour de France
5 fois le Tour d'Italie
7 ou 8 fois le Tour de Suisse.
7 ou 8 fois le Tour de Romandie.
Le Tour d'Ecosse, en 1977 (11e du classement général).
A disputé 4 championnats du monde avec la Suisse.
Parmi les Classiques: le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Milan San Remo, etc...

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger (62 ans) a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures»)dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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