Tibère Adler (51 ans): «Dans le domaine des médias, j’ai adoré pouvoir rencontrer une palette très variée de personnalités.»

«Je reviens à mes premières amours»

Passionné par le débat d’idées, le Genevois Tibère Adler a repris, 
au 1er juin, la barre de l’institution de 
réflexion Avenir Suisse en Suisse 
romande. Les défis économico-politiques ne manquent pas.

Coopération.  Avenir Suisse, c’est quoi?
Tibère Adler.  Un laboratoire d’idées, un institut de recherches prospectives sur la Suisse. Il s’agit d’une fondation à but non lucratif.

Ça sert à quoi?
A proposer des pistes de réflexion, des solutions pour la Suisse de demain dans les domaines politique, économique et social. Nos travaux – des recherches objectives de faits et de chiffres que nous interprétons – sont orientés vers un horizon de cinq à dix ans. Nous ne sommes pas un lobby et ne représentons aucun parti politique, même si les propositions que nous formulons sont empreintes de valeurs libérales.

C’est-à-dire?
Nous nous engageons pour des solutions où l’individu et l’entreprise gardent la plus grande liberté de choix possible et assument pleinement les conséquences de leurs choix.

Que peut vous apporter votre expérience d’ex-basketteur international dans votre nouvelle fonction?
Le sport est une école de ténacité. Que vous perdiez ou gagniez, tout est toujours remis en cause. C’est une leçon de vie et un élément précieux dans le débat, où l’on ne sera jamais tout à fait d’accord, où l’on n’a jamais fini d’argumenter.

Que gardez-vous de votre longue expérience de dirigeant dans les médias?
J’ai adoré pouvoir rencontrer une palette très variée de personnalités. En fait, je vais garder dans mon nouveau job le meilleur – les rencontres avec des gens passionnants – sans avoir la responsabilité d’une entreprise.

Je crois que vous considérez votre fonction comme un retour aux sources. Pourquoi?
Mon premier souhait professionnel était de faire une carrière universitaire, car j’ai toujours eu beaucoup d’intérêt pour la recherche et le débat d’idées. Mais les offres dans le domaine des médias et le management étaient si alléchantes, à l’époque où j’étais assistant à l’uni, que je ne pouvais refuser. Aujourd’hui, je reviens en quelque sorte à mes premières amours.

«

La Suisse doit faire entendre sa voix dans le monde»

Votre objectif à la tête d’Avenir Suisse?
Lui insuffler une dynamique en Suisse romande en rassemblant des personnalités de l’économie et des entreprises autour d’un chapitre romand, récemment créé. En font déjà partie Jean-Pierre Roth, ex-président du directoire de la Banque nationale suisse, et Olivier Steimer, président du Conseil d’administration de la Banque cantonale vaudoise. Ce chapitre romand vise à soutenir mon action et à pénétrer le monde des entreprises afin que leurs dirigeants s’engagent davantage dans le débat politique.

Pourquoi?
Parce que nous nous intéressons également à la Suisse au cœur des nations, à la posture qu’elle doit adopter pour ne pas être larguée, avoir des alliés. Bref, pour qu’elle fasse entendre sa voix dans un monde où les décisions sont toujours davantage prises à un niveau supranational.

Quels sont les principaux défis qui se posent à notre pays, actuellement?
D’abord, garder un marché du travail pas trop réglementé. La Suisse est première de classe à ce niveau et a parfois la tentation de copier des méthodes qui marchent moins bien dans les pays qui nous entourent.
En outre, une large part de notre richesse provient de l’ouverture de nos frontières, ce qui nous permet d’exporter beaucoup dans un monde globalisé. Nous en profitons largement, mais en Suisse on a du mal avec la globalisation des personnes.
Enfin, les discussions sur les normes internationales qui entrent de plus en plus souvent en contradiction avec les lois votées en Suisse.

Est-on aux limites de la démocratie directe lorsque l’on voit les conséquences que pourrait avoir un vote comme celui du 9 février sur «l’immigration de masse»?
Non. La démocratie directe est un élément clé de l’identité politique suisse. Mais on ne peut pas la sanctuariser. Il faut la moderniser et l’encadrer, car, depuis cent quarante ans, cette institution n’a pas changé. A la base, la démocratie directe était un outil de contrôle du citoyen sur les autorités. Depuis quelques années, on a le sentiment que l’initiative populaire est instrumentalisée par certains partis politiques et lobbys. Que c’est devenu un aiguillon de déstabilisation permanent.

Le produit intérieur brut romand représente un quart de celui de la Suisse. Il est supérieur au poids démographique latin. Votre analyse?
La rivalité entre les pôles linguistiques est positive. Cela montre que chacun, en Suisse, a envie que sa région fonctionne. Notre pays a de la chance d’avoir des Romands avec une grande force de proposition et d’innovation, doublée d’une vraie capacité d’action. Le bassin lémanique est tout aussi riche et solide que la région zurichoise, mais ni l’un ni l’autre, ne seraient aussi forts s’ils n’appartenaient pas au même pays.

Eclectique


En avant la musique

Vie privée. Tibère Adler (51 ans), qui habite Genève, est marié et père de quatre fils.

Mélomane. Fan de musique au sens large, le directeur romand d’Avenir Suisse joue lui-même du piano.

Montagnard. «J’apprécie beaucoup la marche en montagne. Depuis quelques années, nous redécouvrons ainsi et en famille la Suisse de l’intérieur, en passant d’une auberge à l’autre.»

Carrière. Avocat de formation, l’ex-international de basket est surtout connu pour avoir été, vingt ans durant, le directeur général du groupe de médias Edipresse, à Lausanne. Il est par ailleurs cofondateur du Swiss Board Institute, une fondation sans but lucratif dédiée à la bonne gouvernance d’entreprise.

www.avenir-suisse.ch

www.swissboardinstitute.ch

Commentaires (1)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Didier Walzer

Rédacteur

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 02.06.2014, 10:30 heure

Publicité



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?