La montre intelligente fournit plein d’informations. On peut par exemple consulter la météo sur son poignet!

Tic, tac, touch

Smartwatch Les montres connectées font beaucoup parler d’elles, juste avant Baselworld. Et même si elles ne sont pas à tous nos poignets, elles bousculent le marché. Les montres classiques vont-elles décrocher?

Quand elles débarquent, c’est sans tic tac, mais c’est peu dire qu’elles font du bruit et qu’on parle d’elles. Les voici donc ces montres intelligentes, les smartwatches, ces montres connectées qui déboulent et qui jouent des coudes et des poignets pour s’installer dans nos quotidiens. Ces smartwatches qui aussi  chahutent le monde de l’horlogerie.
Le designer en chef d’Apple, Jonathan Ive aurait déclaré que l’industrie horlogère suisse allait être plongée dans des difficultés à l’arrivée de l’iWatch. Les smartwatches vont-elles donc congédier les montres classiques?
Minute! À quelques jours de l’ouverture de Baselworld, le grand rendez-vous international de l’horlogerie, les avis divergent. L’expert en design Marco Borraccino,  professeur à la Haute École d’art et de design de Genève estime qu’«en principe, la montre traditionnelle n’a pas de souci à se faire, surtout dans le secteur des montres mécaniques de qualité. Le problème se pose au niveau de l’offre située dans la même gamme de prix que les montres connectées (entre 200 fr. et 500 fr.) puisqu’il s’agit, par définition, de produits soumis aux goûts et aux tendances du moment.»

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L’horlogerie traditionnelle ne devrait guère être touchée»

Andreas Frischknecht, chef de la division Christ Montres  & Bijoux chez Coop

Sportive et élégante

Andreas Frischknecht, qui dirige  Christ Montres & Bijoux chez Coop, partage ce constat sur l’industrie horlogère suisse. «Les smartwatches vont sans doute réaliser leur part de marché. Mais la tradition de fabrication et de haute qualité des montres traditionnelles ne devrait guère être touchée. Je pense que selon les situations, on pourra porter une montre classique ou une smartwatch – ou même les deux.»

L’iWatch de la marque à la Pomme se décline en diverses couleurs.

L’iWatch, la montre d’Apple annoncée pour avril et que les fans de la marque attendent de pied ferme, n’est de loin pas la seule montre intelligente. Samsung est présent avec plusieurs modèles sur le marché. Sony a également des montres connectées. Ces smartwatches sont plutôt sportives. LG pour sa part mise sur l’élégance, sa smartwatch est ronde et tend au design. Motorola compte aussi convaincre sur ce même créneau. «Nous nous sommes décidés pour une montre au cadran classique et rond parce qu’il nous permet de créer un design qui attire l’œil, explique Claudia Läpke, directrice du marketing chez Motorola Mobility. Ce qui est important pour un appareil qui est aussi un accessoire de mode. Avec son boîtier rond en acier inoxydable, sa fine bordure, avec les bracelets en cuir ou en acier, le Moto 360 est une montre que l’on souhaitera porter tous les jours.» Apple aussi veut faire une place à l’élégance en annonçant pour l’iWatch des variantes en or notamment. Le Swatch Group, quant à lui, travaille sur sa propre smartwatch, qui devrait faire concurrence à Apple. Comment cette nouveauté du Swatch Group va-t-elle exactement fonctionner, le CEO Nick Hayek l’a pour l’heure gardé caché. Il paraît cependant assuré que le groupe devrait profiter du «smartboom» ambiant.
Mais en fait, cette smartwatch qui débarque, ne vous rappelle-t-elle pas quelque souvenir? Swatch avait lancé, avec Microsoft, il y a tout juste dix ans, la montre Paparazzi. Déjà elle nous donnait des infos sur la météo ou sur le cours de la bourse. Et Tissot un peu plus tôt, en 1999, inventait une montre qui réagissait aux appels et annonçait les smartwatches d’aujourd’hui.

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Des montres selon ses activités? C’est possible»

Alain Spinedi, CEO de Louis Erard

Jusqu’à vingt montres chacun

Il est temps de rejoindre une marque, qui ne se positionne pas du tout dans le domaine des smartwatches, mais dans les montres classiques, Louis Erard. Son CEO, Alain Spinedi, n’a pas de crainte exagérée face à ces nouvelles arrivées. «Il y a des personnes qui ont huit, dix, voire vingt montres. Je ne parle pas des collectionneurs, mais de consommateurs tout à fait normaux. On a tous une ou deux Swatch, peut-être une Tissot, une Louis Erard. Beaucoup de nos clients nous achètent une deuxième, une troisième, une quatrième Louis Erard.» Tout comme on a plusieurs cravates, explique le directeur, vous avez plusieurs montres, selon les occasions ou selon les habits que vous portez.
Autrement dit, comment voit-il les choses dans, disons, cinq ans? Avec des montres différentes? «C’est un scénario probable, que l’on puisse avoir des montres selon ses activités. Une montre sportive pour les activités en plein air, une connectée pour le business et puis, le soir, une montre plus élégante, plus classique.» Alors, la smartwatch, une révolution, M. Spinedi? «Quelle révolution, je ne sais pas. Selon M. Hayek, ça va encourager certains jeunes qui n’ont plus de montre. C’est vrai que si vous allez au Japon, il y a des gens qui n’en ont plus, qui regardent l’heure au téléphone et l’iWatch pourrait encourager une partie de la communauté asiatique à redevenir des consommateurs de montres. Et le jour où ils en auront les moyens, à revenir à la montre classique.»

«La smartwatch? Une fantaisie»

Marco Borraccino est professeur en design horloger à la Haute École d’art et de design, Genève

 

Analyse Marco Borraccino est expert en design horloger. Son point de vue sur les smartwatches.

Pensez-vous que nous serons tous conquis par la montre intelligente, comme par les smartphones?
Le smartphone a été une véritable révolution puisqu’il nous a donné la possibilité d’accéder à des contenus qui étaient jusque-là relégués à notre ordinateur. La mobilité et l’interactivité en temps réel ont apporté une nouveauté sans précédent. La smartwatch reprend ce que nous avons déjà sur notre téléphone. Du moins pour le moment. Il y aura probablement un effet de mode… Mais à l’heure actuelle, elle reste surtout une fantaisie, un gadget dont la réalité reste à prouver.

Les smartwatches vont-elles révolutionner notre façon de voir la montre?
La montre mécanique et la montre connectée sont deux produits complètement différents qui font appel à d’autres intérêts et à d’autres besoins.
Rien ne vous empêche de posséder les deux. La différence principale réside dans le fait qu’une montre mécanique fonctionnera encore dans cinquante ans, alors que la smartwatch sera probablement obsolète et inutilisable dans un délai beaucoup plus court.

La montre intelligente devra son succès au fait qu’il s’agit d’une version miniature du smartphone ou à sa fonction de montre?
Pour le moment, il est encore trop tôt pour parler de succès. Il est vrai que la montre intelligente est sur toutes les lèvres… Mais combien de personnes connaissez-vous qui portent une smartwatch au quotidien?
Il s’agit certainement d’un objet qui ouvre la voie à de nombreuses applications et modalités d’exploitation des contenus numériques et multimédias, mais il reste trop petit pour avoir les fonctionnalités d’un téléphone ou d’une tablette. C’est donc surtout le facteur de nouveauté qui influence les acheteurs, et l’arrivée sur le marché de la montre Apple donnera sûrement un élan considérable à ce secteur.

L’industrie horlogère classique est-elle prête à intégrer la montre intelligente dans ses collections?
En réalité, seules les marques avec un positionnement de prix proche de celui des smartwatches devront se préoccuper de ce phénomène.

L’intérêt d’une smartwatch tient-il à son aspect technologique ou au fait que son mécanisme est encastré dans un objet de design?
En soi, la montre connectée est un concentré de technologie. L’aspect esthétique compte certainement, mais c’est surtout sa fonctionnalité et son utilité qui en feront (ou pas) un succès.

La Swatch Touch Zero One pour le beach-volley

Les avantages d’une smartwatch

  1. La montre connectée est plus qu’une montre. Et avec ses cadrans différents, elle peut jouer soit l’élégante, soit la sportive, soit l’épurée.
  2. Vous faites du sport? Vous pouvez donc contrôler en temps réel les calories que vous brûlez, votre pouls, le nombre de pas que vous faites. Avec les apps ad hoc, vous pouvez par exemple utiliser des fonctions de coaching ou d’itinéraire.
  3. La montre connectée peut servir de téléphone.
  4. La smartwatch vous avertit immédiatement d’un appel, SMS ou mail – ce que fait un smartphone mais qui n’est, lui, pas toujours à portée de main.
  5. Faire une photo et l’ajouter à un message est plus rapide.
  6. Pas besoin de sortir votre smartphone et de le dévérouiller pour changer de titre de disque. 
  7. La montre connectée vous rappelle vos rendez-vous avec discrétion, sans que vous ayez à interroger l’agenda de votre smartphone.

La smartwatch de Google

Les 40 ans de Christ

La plus grande chaîne de bijouterie de Suisse célèbre son 40e anniversaire et vous invite à participer à la fête. Tout au long de l’année vous allez bénéficier d’offres spéciales et variées. Pour en profiter, il vous suffira de vous rendre dans ses boutiques et de vous laisser inspirer par un choix de plus de 50 marques de montres et bijoux, du grand classique aux plus récentes tendances. Dans l’une des 70 filiales réparties dans toute la Suisse.

Un garde-temps traditionnel Louis Erard

Baselworld 2015

Horlogerie et bijouterie

Du 19 au 26 mars se tiendra, comme chaque année à Bâle, le grand salon de la branche, avec plus de 1500 marques, venues de 40 pays, qui présenteront leurs trends et leurs collections; 150  000 personnes sont attendues.

Les exportations de montres suisses dans le monde en 2014 et en millions de francs

Christ Montres & Bijoux
Les montres Louis Erard
Les montres Tissot
Les montres Swatch
L’iWatch
HEAD Haute École d'Art et de Design Genève
Baselworld

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Jean-Dominique Humbert

Rédacteur en chef adjoint

Texte réalisé avec la collaboration de Carmela Correale-Maccia et Katalin Vereb

Photo:
Christoph Kaminski, Getty Images, Keystone, Raja Läubli, Patrick Gilliéron Lopren SP
Publication:
lundi 09.03.2015, 16:00 heure



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