1 von 7


Timea Bacsinszky a mis à profit une pause forcée pour travailler sur ses blessures mentales. 

Timea lors d'un des deux tournois mexicains.





Timea Bacsinszky: «Aujourd’hui, je suis heureuse»

Au top Après une pause de plusieurs mois passée à soigner ses blessures d’enfance, la joueuse de tennis vaudoise Timea Bacsinszky est plus forte que jamais. Rencontre.

«

Dans la vie, 
il faut faire ce qui nous rend heureux»

Comment expliquez-vous ce retour étincelant?
Je suis simplement heureuse aujourd’hui. J’ai travaillé sur mes blessures du passé et je me suis entourée de l’entourage que je voulais.

S’agissait-il avant tout d’un travail psychologique?
Je me demandais pourquoi je jouais au tennis. Après ma blessure, en 2011, il m’a fallu du temps pour réaliser que ma tête allait exploser. Je ne pouvais plus gérer, je suis allée chez une psychologue pour faire le tri. Mon enfance n’aurait pas dû se passer comme elle s’est passée. J’ai été forcée de faire cette carrière, parce que j’étais une enfant prodige. J’ai réalisé très tard que je n’avais pas à être le gagne-pain de mon père. Il voulait tellement vivre son rêve à travers moi qu’il a perdu la notion de la réalité. Si la relation est brisée, ce n’est pas ma faute. Je n’ai pas demandé de me faire engueuler, à 5 ans, parce que je ne mettais pas le coup droit dedans. J’ai compris que je n’appartiens à personne, que j’ai le droit de me planter. Cette évolution aurait dû arriver plus tôt, mais je suis ultra-contente qu’elle soit arrivée.

Je suis très maladroite, en voici la preuve. Il y a trois ans, mon copain est revenu de ses vacances en Grèce. Il m'a rapporté ce verre d'un bar très connu, comme une pièce collector. Trois semaines plus tard, je l'ai cassé par inadvertance. Depuis, je l'ai gardé dans ma cuisine en souvenir. J'aimerais bien le réparer d'une manière ou d'une autre, ou le transformer pour en faire un vase.

Il vous a fallu couper les ponts pour y arriver?
Je m’entends très bien avec ma mère, mais je ne parle plus à mon père depuis des années. J’ai enfin accepté cette situation. Pour ce retour, j’ai eu un déclic, j’ai réalisé que je pouvais choisir. Je suis passée d’un coup du stade enfant au stade adulte. Dans la vie, il faut faire ce qui nous rend heureux. Ce n’est pas une question de classement. Après, si financièrement je n’avais pas pu suivre, c’est clair que ça aurait été différent.

Vous étiez-vous fixé un calendrier pour le retour, un objectif?
Non. Ma mère m’a énormément aidée financièrement. Je la remercie infiniment car personne ne croyait à mon retour. Swiss Tennis m’a fourni mon préparateur physique gratuitement ainsi qu’un soutien financier qui m’a permis d’être tranquille quelques mois, le temps que je gagne assez sur le terrain. Quand on monte dans le classement, tout s’accélère. Heureusement, mes proches sont compréhensifs.

C’est le revers de la médaille?
Oui. J’ai des amis de longue date. Quand je suis là, je fais des efforts pour les voir. Mais je ne peux pas me séparer en mille morceaux. Je suis la copine de quelqu’un, la sœur de trois personnes, la fille d’une maman, la tante de trois neveux, la marraine d’un enfant… Quand je ne jouerai plus, j’aurai du temps pour vivre plein d’autres choses.

Quels sont vos rêves pour l’après tennis?
J’ai la chance d’être assez ouverte d’esprit pour trouver quelque chose qui me passionne. Je ne veux pas prendre de décisions maintenant. Je parle cinq langues, presque six avec l’espagnol. J’aime énormément l’hôtellerie et la restauration, pour les contacts humains. Vais-je faire des études, à 35 ans? Vais-je avoir des enfants? Donner des cours de tennis? Que fera mon copain, est-ce qu’on sera encore ensemble? Pour l’instant, ma carrière est prioritaire sur la sienne. Après, ce sera à moi de faire des concessions.

C'est toute mon enfance, on y a joué pendant des heures avec mes frères et sœurs. Aujourd'hui, j'en possède toujours une chez moi. Parfois, on y joue encore ensemble de vrais tournois.

Que représente Lausanne pour vous?
Lausanne, c’est mon petit appartement de 50 m2 surnommé la petite brique à cause des vieilles briques couleur terre battue au sol. J’aime me promener dans la vieille ville, m’arrêter dans une petite boulangerie, m’acheter un croissant, rentrer à pied à la maison. C’est fabuleux d’habiter au centre. Par contre, j’ai abandonné les plantes vertes que je cultivais pendant ma pause. J’adorais avoir des herbes aromatiques, car j’aime cuisiner.

Que cuisinez-vous?
Je suis calée en sauces pour pâtes. Je ne suis jamais de recettes, j’improvise. Pour l’anniversaire de ma mère, j’ai préparé tout un menu, avec des noix de Saint-Jacques relevées à la poêle, une salade de roquette et parmesan, de la dorade royale marinée avec des asperges, puis une tartelette aux noix et caramel. Mais il avait tant neigé ce jour-là qu’elle n’a pas pu venir. Alors j’ai tout mangé seule. Hier soir, on a fait une fondue entre amis.

Vous avez le droit d’en manger, en tant que sportive?
On ne peut pas être enfermé tout le temps, c’est contre-productif. Il faut se faire plaisir. Heureusement, je ne dois pas trop regarder ce que je mange.

Y a-t-il une citation qui vous accompagne?
Je me suis fait tatouer, sur le pied, la phrase du livre d’Eric-Emmanuel Schmitt Le sumo qui ne pouvait pas grossir, que mon coach m’avait offert: «Il y a toujours un ciel bleu derrière les nuages.» Cela représente le cycle de la vie. À chaque fois que j’étais en bas, je me disais que je ne pouvais pas avoir la poisse tout le temps, que j’allais de nouveau être heureuse. Il ne faut jamais baisser les bras. l

4 dates dans la vie d'une sportive

1989 Naissance à Lausanne. «Quand des fans prénomment leur fille Timea, ça me touche.»

2009 Premier titre sur le circuit WTA au Luxembourg. En 2014, elle y remporte également le double.

2013 Le déclic du retour. «C’était des heures intenses. Quelque chose s’est produit en moi!»

2015 Elle remporte à la suite deux tournois et fait un bond dans le classement: «Je ne sais pas où sont mes limites.»

Commentaires (2)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Mélanie Haab

Rédactrice

Photo:
Charly Rappo / Arkive.ch / Olga Mussali TennisLife
Publication:
lundi 23.03.2015, 15:40 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?