Sauter de joie au travail, quelle drôle d’idée… Un chef d'entreprise estime que meilleure est l’ambiance, plus les performances sont bonnes.

Tous au boulot avec le sourire!

A bas la compétition et les rivalités. Un patron français prône la «conviviale attitude» dans l’emploi. Il est convaincu qu’un climat détendu se répercute sur la qualité du travail. Réactions de Romands.

On choisit ses amis mais pas ses collègues ni sa hiérarchie. Les salariés passent plus de temps sur leur lieu de travail que sur leur espace de loisirs préféré. Il vaut donc mieux que l’atmosphère y soit la meilleure possible. Dans un climat concurrentiel, comment se dessinent les contours d’une ambiance professionnelle agréable? Alors que la rentabilité prime sur le plaisir des employés, le chef d’une petite entreprise française d’informatique mise tout sur la convivialité.

A force d’entendre des stagiaires ou des fournisseurs s’étonner de la bonne ambiance de travail observée dans son entreprise, il a décidé de partager son expérience dans un livre (voir page 65). «A mes yeux il n’y a rien de plus normal qu’un climat de travail détendu et agréable, mais ce n’est apparemment pas courant.» Abdessamad Bennani estime que chacun des membres d’une entreprise est responsable d’un bon climat au travail, pas uniquement la hiérarchie. N’est-ce pas un peu simpliste, surtout quand une pression est exercée? «Lorsqu’on me dit cela, je demande qui alors serait responsable? Personne ne peut nous empêcher de vouloir créer une ambiance de travail agréable, même dans les endroits terribles. Nous sommes tous des émetteurs et nous pouvons tous agir.» Ce patron a créé son entreprise il y a vingt-six ans. Elle compte douze employés. Son credo: la communication positive. Il s’insurge contre les médisances, «un sport national en France». Il les considère comme une perte de temps, un fléau qui ne fait en rien avancer quoi que ce soit: «Souvent, on n’a pas besoin d’écouter les gens pour savoir qu’ils médisent, il suffit de les regarder! Si on utilisait toute cette énergie gâchée pour dialoguer ensemble et créer une super ambiance, ce serait vraiment sympa!»

Il invite à se parler directement, mais avec un vocabulaire choisi. Il met en garde contre les critiques blessantes: «Il ne s’agit pas de critiquer l’autre en le cassant ou en le dévalorisant, mais de faire passer le message de manière bienveillante et constructive.» Plutôt que de miser sur la compétition, il demande à ses employés de donner le meilleur d’eux-mêmes. «Nous sommes formatés à la concurrence. C’est une erreur de penser qu’il faut faire mieux que les autres. Limitons-nous à faire notre travail le mieux possible.» Selon lui, ce raisonnement rassure et le résultat du travail se révèle souvent excellent. Autrement dit, plus le climat est agréable et détendu, plus on est productif et plus on a envie de s’engager. Il admet qu’il est difficile d’appliquer ses conseils si l’on travaille dans une entreprise qui cultive la compétition. «Mais on peut ne pas rentrer dans ce schéma. Pour qu’il n’y ait pas de combat, il suffit qu’un des combattants dépose les armes.»

Plus facile de tenir ce discours et de le mettre en pratique comme dirigeant qu’en tant qu’employé… Abdessamad Bennani le reconnaît. Mais il reste persuadé que toute personne a de l’influence sur la convivialité ou non d’un emploi, sans exception. Le message principal de son livre, c’est cette prise de conscience individuelle. On serait tous capables d’agir à son échelon pour améliorer une situation en emploi. Selon cet auteur, mettre en pratique ce message «contamine autrui» et des répercussions positives s’en ressentent. Indirectement, on contribuerait ainsi à façonner un monde meilleur.

«Entretenir ce qui nous motive»

Stéphanie Guerraz (30 ans) de Château-d’Œx (VD), responsable d’équipe éducative et soignante.

Stéphanie Guerraz (30 ans) de Château-d’Œx (VD), responsable d’équipe éducative et soignante.
Stéphanie Guerraz (30 ans) de Château-d’Œx (VD), responsable d’équipe éducative et soignante.

«Je pense qu’il y a une grande part de responsabilité individuelle et une autre du contexte de travail. On a tendance à penser que les chefs décident de tout, mais on y est aussi pour quelque chose. Identifions les facteurs qui nous motivent ou non au boulot. Si ce qu’on ne peut pas influencer est une source de ­démoti­vation importante, il faut probable­ment partir. Entretenir ce qui nous motive nous fait avancer et rend le travail satisfaisant. Concernant les conflits, il faut du courage pour que ça change. On peut demander de l’aide à un médiateur, un supérieur ou aux ressources humaines.»

«Faire attention à tous ses collègues»

Vincent Staub (42 ans) de Goumoëns-la-Ville (VD), IT manager.

Vincent Staub (42 ans) de Goumoëns-la-Ville (VD), IT manager.
Vincent Staub (42 ans) de Goumoëns-la-Ville (VD), IT manager.

«L'ambiance de travail compte. Ce n’est pas forcément la première des choses mais elle a une place impor­tante. Il appartient à chacun de la créer, en faisant attention à tous ses collègues, dans les deux sens de la hiérarchie ou dans le groupe de travail dans lequel on se trouve. La manière dont on s’exprime et la clarté des messages que l’on donne impor­tent. Pour désamorcer un conflit, il faut essayer d’en compren­dre la cause, mais aussi ce qui l’entoure. Il y a parfois plusieurs choses qui font qu’un conflit existe.»

«On devrait se soutenir»

Laura Romano (18 ans) de Denges (VD), coiffeuse.

Laura Romano (18 ans) de Denges (VD), coiffeuse.
Laura Romano (18 ans) de Denges (VD), coiffeuse.

«J’ai travaillé dans un endroit où il y avait des tensions. On ne sait pas quoi faire, on est toujours à l’écart, on ne sait plus comment avancer. Entre collègues, on devrait se soutenir, s’expliquer qui fait quoi. Il ne tient qu’à nous, c’est sûr. Pour que tout aille bien, ça commence par l’amabi­lité et le sourire, même si on n’est pas forcément d’humeur! Je pense qu’en s’expliquant, en essayant de comprendre ce qui ne va pas, on peut apaiser les conflits.»

«La franchise est essentielle»

Daniel Santi (49 ans) de Lausanne, directeur administratif.

Daniel Santi (49 ans) de Lausanne, directeur administratif.
Daniel Santi (49 ans) de Lausanne, directeur administratif.

«Je trouve bon de montrer un peu de bonne humeur, d’accessibilité et d’ouverture quand on se dit bonjour. L’esprit d’équipe est primordial. Diffi­cile d’avoir un bon climat sans lui. La franchise est aussi essentielle. Il faut se dire les choses, même si elles font mal, pour éviter de se créer des problèmes et pour avoir des rapports de confiance. De plus, je trouve que la participation de chacun dans les proces­sus de décision est impor­tante. Ça va avec la transparence des informations.»

Des pistes pour être bien au travail

• Aborder une nouvelle semaine en positivant son emploi.

• Mémoriser les compliments reçus pour satisfaire son besoin de reconnaissance.

• Offrir son amitié à tous, sans attente.

• Rayonner d’ondes positives pour se protéger des ondes négatives.

• Agir plutôt que subir.

• Remplacer chaque plainte par une proposition.

• Se rendre remplaçable en partageant ses compétences.

• Utiliser sans limitation des mots comme s’il vous plaît, merci et bravo.

• Avoir des attentions les uns pour les autres et témoigner de la gratitude.

• Savoir reconnaître ses erreurs.

• Apprendre à s’excuser et à pardonner.

Abdessamad Bennani, La conviviale attitude au travail – 96 attitudes pratiques pour prendre soin de soi-même, des autres et de la planète!, Ed. Le Dauphin Blanc.
       
    

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Joëlle Challandes

Rédactrice

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Photo:
Getty Images, Joëlle Challandes, SP
Publication:
lundi 17.03.2014, 09:57 heure

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