Adultes et enfants dès 8 ans peuvent monter ces mammifères à bosses pour découvrir les paysages du Jura bernois.

Trek original à Lamboing (BE)

Sur les hauts du lac de Bienne, la ferme Zahir offre une multitude d’activités du week-end à tous les amoureux des animaux et de la nature.

Cela fait déjà huit ans que la ferme Zahir (contraction de Zoo Anita Hirschi) propose des randonnées à dos de chameaux de Mongolie. Une activité rendue possible grâce à la passion d’une Biennoise (lire notre encadré à la page suivante) qui a su réaliser ce rêve un peu fou, chez elle, à Lamboing.
Sans faire de publicité – mis à part sur le site de l’Office du tourisme du Jura bernois, Jura Trois-Lacs – , le bouche à oreille a suffi à attirer de nombreux touristes qui n’hésitent pas à franchir des centaines de kilomètres pour vivre une aventure hors du commun. Les familles de Suisse romande, beaucoup de Genevois et de Vaudois, sont en effet ici majoritaires (80% des visiteurs). Dès l’âge de 8 ans, il est possible de s’asseoir entre deux bosses et de s’introduire dans les pâturages du Jura bernois. Et ce, en toute saison.

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Randonnée d’automne

Actuellement, les arbres qui affichent des couleurs dorées automnales offrent une expérience bucolique. Les enfants plus jeunes peuvent monter des poneys pour accompagner leurs parents. Pour une balade d’une heure environ, le forfait randonnée pour deux adultes et deux enfants coûte 100 francs. La plupart du temps, le chameau est monté durant trente minutes par une personne, à l’aller, et trente minutes par une autre au retour pour des questions d’endurance. «Ce n’est pas très confortable. Passer une heure entière sur le dos d’un chameau peut faire mal aux fesses», sourit Anita Hirschi. Aujourd’hui, la ferme possède deux chameaux: Samira (12 ans) et Taron (2 ans). Mais comme ce dernier est encore trop jeune et imprévisible, seule Samira se laisse monter. Pour des raisons de sécurité, une personne du staff Zahir – Anita, les stagiaires ou les apprentis – accompagne les randonnées. Sans être une activité dangereuse, cela demande un minimum de vigilance car on sollicite des animaux de caractère.
Et lorsque les thermomètres baissent, après une bonne balade à l’air frais et humide, les visiteurs optent parfois pour une fondue.

Activité de groupe

Une yourte située dans le jardin du zoo invite à finir la journée au chaud et de manière, encore une fois, originale. «Nous accueillons souvent des entreprises qui choisissent ces activités pour leurs sorties de boîte. Les enterrements de vie de jeune fille sont aussi très fréquents», ajoute ainsi la maîtresse des lieux qui ne manque pas d’idées pour faire vivre sa région authentique et sauvage.

Les 150 résidents du zoo

Tout a commencé avec le zoo, privé au départ. Un animal «sauvé», puis un autre. Il compte aujourd’hui 150 individus. Des lynx, des furets, des émeus, des lamas et des lémuriens côtoient des animaux plus connus sous nos latitudes comme des poules, des chevaux ou des ânes.
Ainsi 80% des résidents ont été récupérés. Ils viennent en général de zoos qui ne parviennent plus à s’en occuper ou qui n’en veulent plus.

De nombreux visiteurs de Suisse romande viennent au zoo Zahir pour côtoyer de près les furets, les lémuriens ou les émeus.

Les kata de Lamboing

Les lémuriens «kata» font partie des dernières adoptions d’Anita. «Ils allaient être endormis», résume celle qui a eu pitié de ces adorables créatures de Madagascar, et ce malgré les immenses frais qu’ils engendrent. Ce sont elles, en effet, qui lui coûtent le plus cher, ne serait-ce qu’en frais de chauffage estimés à 2000 francs par hiver.
S’ils s’annoncent, les visiteurs peuvent entrer dans la maisonnette des lémuriens, accompagnés d’un responsable bien sûr, pour leur donner à manger. Cela fait partie des expériences inoubliables à vivre dans ce zoo atypique. Lorsque les kata prennent votre main de leurs petites pattes toutes douces pour saisir un raisin sec et qu’ils vous fixent longuement avec leurs grands yeux, difficile de rester insensible…

Les bouches à nourrir  

Ouvert au public depuis déjà dix ans, le zoo qui atteint peu à peu sa capacité maximale, est entièrement financé par Anita. Quelques donateurs (amis et parrains) aident également. Cependant ils restent encore peu nombreux.
Les gardes-chasses de la région amènent de temps à autre des bêtes accidentées, comme des chevreuils, pour les donner aux lynx. Il faut dire que Tahani et Kiruna, les deux lynx du zoo consomment en moyenne 1 à 1,5 kg de viande par jour. Et ils choisissent leur menu. Ils apprécient la viande d’animaux qu’ils trouvent dans nos forêts mais par contre font la fine bouche en présence de poulet, par exemple. Le bœuf est souvent une bonne alternative au chevreuil, mais, de nouveau, cela coûte… La nourriture reste un vrai challenge pour cette petite entreprise. Anita cherche encore une solution durable à ce problème et espère trouver des partenaires afin de récupérer des aliments destinés à être jetés.

Comment s’y rendre?

En voiture ou en bus

Sans voiture, l’aventure commence déjà bien avant Lamboing. Située sur le haut du village, la ferme n’est pas très facile d’accès en transports en commun. Mais il est toutefois possible de s’y rendre en bus depuis Prêles (BE) ou La Neuveville (BE) en transitant par Bienne ou par Neuchâtel, puis de marcher quelques minutes.

Un projet atypique Imaginé par Anita Hirschi

Anita Hirschi (48 ans)

Anita Hirschi (48 ans)
Anita Hirschi (48 ans)

Biennoise d’origine, Anita Hirschi (48 ans) travaille depuis de longues années en tant que déléguée médicale. Il s’agit de son emploi principal qu’elle exerce durant la semaine aux quatre coins de la Suisse. C’est grâce à ce travail qu’elle a pu mettre en place les activités de la ferme Zahir, un «hobby» du week-end. Un terme qui peut faire sourire, vu l’importance que cette activité a prise dans la vie de cette femme à la fois généreuse et dynamique.
La ferme exige, en effet, un engagement gigantesque et Anita semble avoir des journées de 48 heures.
Et pourtant, sa bonne humeur contagieuse montre qu’elle le gère plutôt bien.
Comme elle s’occupe de nombreuses espèces demandant des connaissances spécifiques, elle a dû suivre une formation de gardienne d’animaux sauvages reconnue à l’international.

La philosophie Zahir

Le concept du zoo réside sur trois points principaux:

  1. Sauver des animaux en fin de vie. Les héberger, si la place le permet et s’ils supportent le climat suisse.
  2. Sensibiliser les plus jeunes car «de moins en moins d’enfants ont des animaux à la maison», constate Anita. Les petits, comme les grands d’ailleurs, ont ainsi la possibilité d’approcher de près les différentes espèces, d’apprendre à les connaître, à les toucher, à les nourrir pour mieux les respecter par la suite.
  3. Créer des places d’apprentissage et des stages pour devenir gardien d’animaux sauvages. L’aspect pédagogique du zoo reste un élément clé dans l’aventure Zahir.
www.zahir-arabians.com
Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:
Xavier Voirol
Publication:
lundi 17.10.2016, 14:15 heure