Ulrich Gygi: «Une marque doit dégager des émotions positives. J’aimerais que nos passagers se sentent chez nous comme à la maison.»

«Nous formons un trait d’union entre les Suisses»

Patron des Chemins de fer fédéraux après avoir dirigé la Poste, Ulrich Gygi évoque pour «Coopération» les grands défis des CFF, les atouts du pays et sa recette favorite.

Coopération. Bonjour Ulrich Gygi, vous êtes venu en train à notre rendez-vous?
Ulrich Gygi. Non, en bus! Mais je voyage toujours en train, que je trouve plus fiable, plus sûr, plus rapide et plus écologique que la voiture. Zurich, Genève, je vais aussi souvent à Winterthour, au final, ce sont des milliers de kilomètres par année que je passe dans le train. Et vous savez, aux CFF, nous n’avons pas de chauffeur, ni de voiture de fonction…(il rit).

Quel est votre trajet préféré?
Fribourg-Lausanne. Pour la beauté des paysages, les champs, les vaches, la campagne, je trouve cela très apaisant. Et lorsque vous sortez du tunnel, à Chexbres, la vue sur Le Léman est tout simplement fantastique.

En Suisse, le paysage, c’est aussi les CFF. Un wagon n’est jamais loin…
Oui, et c’est tant mieux, cela prouve la densité extraordinaire de notre réseau. Avec quelque 10 000 trains par jour, nous constituons une part de l’identité helvétique. Nous relions les régions entre elles, formons un trait d’union entre les Suisses, transportons leurs marchandises. J’en suis très fier.

A l’époque, Swissair aussi formait une part de l’identité suisse…
C’est vrai. Mais contrairement à Swissair, il est impensable que les CFF soient vendus à une compagnie étrangère. Idem pour la Poste. Nous faisons partie de l’ADN de ce pays.

«

J'adore le trajet entre Fribourg et Lausanne, pour la beauté du paysage»

Qu’est-ce qui fait à vos yeux la force d’une marque?
Une marque doit déclencher des émotions positives. Dans notre cas, elle doit aussi être synonyme de
fiabilité, de sympathie. J’aimerais que les passagers se sentent chez nous comme à la maison.

Quelle est pour vous la valeur helvétique la plus importante?
La fiabilité. Et puis les Suisses sont des travailleurs.

La capacité à innover joue un rôle fondamental, aussi bien pour le succès d’une marque que pour l’économie d’un pays. Les CFF sont-ils suffisamment innovateurs?
Oui. Nous investissons en permanence pour l’amélioration de l’offre et pour faciliter l’accès à nos services. Mais aussi dans l’entretien du réseau, l’évolution technologique et l’adaptation à l’augmentation de la demande. Ce sont des défis considérables.
La moyenne d’âge des wagons est de 17 ans sur les grandes lignes, ce qui est bon en comparaison internationale. Nous voulons cependant rajeunir le parc et allons investir un milliard de francs par an jusqu’en 2030 dans ce but. De manière générale, la Suisse romande profitera d’ailleurs largement de nos investissements futurs.
Concrètement?
L’axe Lausanne-Genève est central. Nous prévoyons à long terme d’introduire des trains aux quarts d’heure à certains moments de la journée. Le nœud ferroviaire de Lausanne sera réaménagé à partir de 2015. Une 4e voie sera construite jusqu’à Renens. A Genève, il est prévu de construire une gare souterraine, soit deux voies et un quai supplémentaires. Le CEVA sera mis en service, en 2017. Et puis il y a aussi de «petites» améliorations très concrètes: en 2014, nous aurons équipé de prises électriques tous les wagons sur les trains grandes lignes. C’est déjà le cas à plus de 80% actuellement, et ça le sera totalement dès l’an prochain.  

Téléphoner dans un train demeure aujourd’hui encore difficile, les communications sont souvent coupées...
Oui, cela reste un défi. Il est très difficile de maintenir, dans un wagon, un signal constant alors que le train est en mouvement. A cela s’ajoutent la topographie, les tunnels, les collines. Nous sommes en train d’équiper nos trains d’antennes de dernière génération. Là aussi, en 2014, tous les trains grandes lignes seront équipés, ce qui permettra de faciliter les communications.

Que répondez-vous à ceux qui considèrent la Suisse en retard en matière de wi-fi gratuit?
Nous avons actuellement dans une trentaine de gares le wi-fi, certes payant. Mais nous avons comme objectif, dès l’an prochain, de le remplacer progressivement par du wi-fi CFF entièrement gratuit. Et ceci dans une centaine de gares.

Votre endroit préféré en Suisse?
La montagne en général. Je m’y sens bien. J’aime le ski, la randonnée et le VTT. Je vais souvent à La Lenk, dans l’Oberland bernois.

Et la cuisine?
Le week-end, je cuisine très volontiers. J’aime bien Betty Bossi, ça me permet de faire des choses simples mais efficaces, comme les cuisses de poulet au citron, avec des pommes de terre et des oignons. C’est bon et vite fait (rires).

Portrait express

Un homme qui s’est construit tout seul

Bio. Ulrich Gygi (Ueli pour les intimes) est né le 6 décembre 1946 à Kappelen (BE). Issu d’une famille modeste, il accède au gymnase grâce à une bourse, pour finalement décrocher le titre de docteur en sciences économiques de l’Université de Berne. Il parle les trois langues nationales, ainsi que l’anglais.

Carrière. Membre du Parti socialiste, Ulrich Gygi a fait toute sa carrière dans le service public. En 1979, il entre à l’Administration fédérale des finances (AFF), dont il deviendra le directeur dix ans plus tard. En 2000, il est nommé à la tête de la Poste.
En 2009, il rejoint un autre «géant» du pays, en accédant à la présidence des CFF, fonction qu’il occupe actuellement. Il siège également au conseil d’administration de la SSR, de Axa Winterthur et de BNP Paribas à Genève.

Vie privée. En couple avec Barbara Schaerer. Deux enfants, Fabio (36 ans) et Juliette (32 ans).

Commentaires (3)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Thierry Délèze

Rédacteur en chef

Photo:
Philipp Zinniker
Publication:
lundi 29.07.2013, 00:00 heure

Publicité



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?