Antonio Ocon-Ruiz est fier de ses avocats bio. Il est chef de production dans une ferme de la région
de Vélez-Málaga
(sud de l’Espagne), 
spécialisée dans
ce type de culture.

Un avocat de choix

Les avocats 
ne viennent pas forcément de pays tropicaux. On en cultive aussi dans le sud de l’Espagne. Et en qualité bio.

Que peuvent bien avoir en commun un avocat (le fruit) et Antonio Ocon-Ruiz? Tous deux sont des bombes d’énergie. Cet Espagnol de 47 ans, père de deux enfants, est chef de production d’une exploitation spécialisée dans la culture d’avocats depuis bientôt vingt-trois ans. Il est aussi vice-champion d’Andalousie du 800 mètres et du 1500 mètres. Les avocats, il en raffole. Il en mange au moins un par jour. «Juste avec un peu d’huile d’olive et du sel: c’est la meilleure façon de mettre son goût en valeur.»

Cultiver des avocatiers en Espagne n’est pas évident. Cet arbre tropical ne pousse qu’à certains endroits de la Costa Tropical andalouse, zone côtière proche de Málaga. Au nord, le massif montagneux protège la côte en hiver des vents froids de l’arrière-pays. L’influence du climat nord-africain crée un microclimat subtropical qui favorise la culture des avocatiers.

Depuis 1995, Antonio Ocon-Ruiz cultive les avocats Hass de manière exclusivement écologique. Sa ferme a d’ailleurs été la première en Espagne à se lancer dans la culture d’avocats certifiés selon les critères sévères de Bio Suisse.
Les différences par rapport à un mode de production conventionnel sont surtout visuelles. En culture bio, l’herbe qui pousse entre les arbres monte jusqu’aux genoux. Au premier coup d’œil, on croit que la terre est abandonnée, mais la biodiversité est gagnante. «On revoit une grande population d’oiseaux», se réjouit Antonio.

Ce mode de culture naturel a un prix: comme il interdit l’utilisation de machines, on est obligé de désherber à la main sous les arbres. Un travail qui se fait le plus souvent à l’aide d’une binette.

Les fruits doivent être 
irréprochables. La 
consistance de leur chair est 
soigneusement contrôlée.

La culture bio des avocatiers, qui interdit l’utilisation de pesticides, ne diffère pas de la culture classique. «En culture bio, les pesticides sont interdits et en production conventionnelle, ils ne sont pas utilisés», affirme Antonio. Remarquant notre étonnement, il nous explique que les arboriculteurs locaux n’ont pas besoin d’utiliser de pesticides pour leurs avocats, tout simplement parce que la production espagnole en est à ses balbutiements et que les ravageurs n’ont pas (encore) fait leur apparition. Mais les différences existent. Alors qu’en production conventionnelle l’utilisation d’engrais chimiques est autorisée, Antonio doit se contenter d’épandre une épaisse couche de coques d’amandes sous ses arbres. Pour le reste, il s’en remet à la petite faune qui trouve refuge dans ses vergers.

Avant que les avocats bio ne soient envoyés vers la Suisse, Trops, un grossiste de Vélez-Málaga spécialisé dans les avocats et les mangues, contrôle leur qualité, les calibre et les emballe. «Ces opérations se font sur une ligne séparée empêchant tout contact entre les avocats bio et les avocats conventionnels», commente Paco Abad, chef de production chez Trops.
Autre différence: les avocats bio ne sont pas lavés, mais seulement légèrement brossés si nécessaire. Ils ne sont pas non plus revêtus d’une couche de cire de protection, comme c’est le cas pour d’autres fruits.
Sur les 13 000 tonnes d’avocats traités et conditionnés chaque année par Trops, les avocats bio représentent tout de même 10%. Et la tendance est à la hausse.

Sur le terrain, Antonio récolte délicatement ses avocats avec un cueille-fruits. Il n’est pas nécessaire de se presser car, contrairement à d’autres fruits qui sont tous mûrs en même temps et doivent être récoltés rapidement, les avocats ne mûrissent pas sur l’arbre. «C’est l’un des gros avantages de ce fruit, note le cultivateur. On peut échelonner la cueillette sur toute la saison qui s’étend d’octobre à avril. Trois cueilleurs suffisent, même pour 2400 arbres.»

Coop Naturaplan: pour le bio, sans compromis

Coop Naturaplan regroupe 1750 produits bio répondant aux directives sévères de Bio Suisse et arborant le Bourgeon. Chaque année, des organismes indépendants contrôlent que les directives, qui vont bien au-delà des exigences minimales légales s’appliquant aux produits bio, soient respectées. Les produits Bourgeon proviennent toujours d’exploitations dont la production est entièrement bio. Par ailleurs, ils ne doivent pas être
transportés par avion. Comme pour tous les produits bio, il est interdit d’avoir recours au génie génétique ainsi qu’aux agents de traitement et engrais chimiques. L’utilisationd’additifs est moindre que celle autorisée par la législation régissant les produits bio. Le Bourgeon fait donc partie des labels de qualité bio les plus stricts du monde.

www.coop.ch/naturaplan

Stefan Fehlmann

Rédacteur

:

Photo:
Stefan Bohrer
Publication:
lundi 03.02.2014, 00:00 heure