Fini les repas servis par les gardiens: les éléphants doivent chercher leur nourriture répartie dans tout le parc. Ils mangent 22 heures par jour, pour ingurgiter 100 à 150 kg d’herbages. Ils ne dorment presque pas, il n’en ont pas le temps.

Un cinq-étoiles pour les éléphants

Zoo de Bâle Le nouvel enclos «Tembea» veut recréer les conditions de vie des pachydermes dans la nature. En partie automatisé, ce parc redéfinit les relations entre animaux et soigneurs. À voir, au cœur de la cité rhénane.

Plan d’eau, arbres artificiels, troncs, rochers, boue… l’habitat des éléphants d’Afrique a été simulé pour qu’ils retrouvent au zoo leurs conditions de vie dans la nature.

Plan d’eau, arbres artificiels, troncs, rochers, boue… l’habitat des éléphants d’Afrique a été simulé pour qu’ils retrouvent au zoo leurs conditions de vie dans la nature.
http://www.cooperation.ch/Un+cinq_etoiles+pour+les+elephants Plan d’eau, arbres artificiels, troncs, rochers, boue… l’habitat des éléphants d’Afrique a été simulé pour qu’ils retrouvent au zoo leurs conditions de vie dans la nature.

Après trois ans de travaux, les quatre éléphantes d’Afrique du Zoo de Bâle – Rosy (22 ans), Maya (23 ans), Heri (41 ans) et Malayka (46 ans) – ont pu s’installer dans leur nouvelle maison de 5 300 m2. Presque trois fois plus grande que la précédente, cette nouvelle demeure offre de la place pour bouger, à l’air libre comme à l’intérieur. «Elles restent ensemble 24 heures sur 24. C’est socialement important de pouvoir s’éviter!», explique Adrian Baumeyer, conservateur au Zoo de Bâle.
Mais l’avancée principale, c’est l’autonomie offerte aux pachydermes. Ils ne sont plus en contact direct avec les soigneurs animaliers. La nourriture – foin, branches ou herbes – était jadis amenée à bras d’homme dans une brouette.
Aujourd’hui, elle est distribuée via 120 points d’accès répartis dans le parc, dont 80 sont régulés par ordinateur. Résultat, l’éléphant doit, comme dans la nature, chercher ses repas dans tout l’enclos: «Ingurgiter 100 à 150 kg de nourriture quotidienne lui prend 20 à 22 heures par jour. Il ne dort presque pas, il n’en a pas le temps!»

Le nouvel enclos Tembea mesure 5300 m2 et dispose de nombreux postes d’observation pour les visiteurs. Il a fallu trois ans pour le construire. Il a coûté 27 millions de francs.

Collaboration homme – animal

Le nom de l’enclos, Tembea, signifie mouvement en swahili (groupe de langues bantoues d’Afrique de l’Est): «Le but est que nos éléphants bougent. Pour cela nous avons essayé de simuler leurs conditions de vie dans la nature. Ça ne reste qu’une interprétation de leur habitat: la nature ne se duplique pas.»
Les soins se font aussi désormais à travers une lourde grille uniquement. «Il faut contrôler régulièrement leurs pieds, faire une prise de sang dans leurs oreilles pour une analyse, les peser ou soigner des plaies.» Tous ces soins, que les visiteurs peuvent voir en direct, ne se font plus sous domination du gardien comme c’était le cas auparavant, mais en collaboration avec l’éléphant. «On leur apprend à donner la patte, montrer les défenses, les yeux, à se coucher sur le côté, ou à donner l’oreille à travers la grille.»
Pour leur apprendre à exécuter un geste, le gardien s’équipe d’un bâton monté d’une boule jaune à son extrémité. Il  dit: «cible», et l’éléphant doit toucher le bout jaune avec sa tête. Une fois qu’il l’a fait, un petit appareil appelé clicker émet un bruit qui signifie que l’exercice est réussi, et l’animal reçoit un bout de pain sec en récompense. «Ça marche très bien. Les éléphants apprécient les défis. Ils aiment s’entraîner, participer.»

Les soigneurs n’ont plus de contact direct avec les éléphants. Ils s’exercent avec eux à travers une lourde grille à effectuer certains gestes.

Place aux visiteurs

La relation avec les gardiens, sept au total rien que pour les éléphants, est donc redéfinie: «Nous ne sommes plus les chefs. Au début, mes collaborateurs pensaient que ça ne marcherait pas. Mais le contact et la confiance se sont  rétablis. Quand l’éléphant vient de manière volontaire et m’aide à faire mon travail, c’est gratifiant.»  
De nombreux postes, à l’intérieur comme à l’extérieur, dont un surplombant tout le parc, et des panneaux explicatifs en français, permettent aux visiteurs d’observer les éléphants dans des conditions optimales, et de se sensibiliser à cette espèce menacée. Ce nouvel enclos a coûté 27 millions, financés en majeure partie par des dons et les recettes du zoo. Prochaines étapes: l’agrandissement du parc des manchots, et la création d’un aquarium dans un autre quartier de Bâle. Coop est partenaire du Zoo de Bâle.

Dans les 1000 m2 du parc intérieur, les visiteurs peuvent voir les éléphants faire leurs exercices avec les soigneurs.
Des panneaux en français donnent des explications sur cette espèce menacée.

Mâles voyageurs

Bientôt des éléphanteaux à Bâle?

Avant les travaux, le Zoo de Bâle avait, en plus des quatre femelles, un éléphant mâle appelé Yoga. Il a dû déménager en Suède pour laisser place libre aux ouvriers. Pareils déplacements sont habituels chez les mâles éléphants: «Pour les besoins de la reproduction, ils voyagent entre zoos européens», indique Adrian Baumeyer. Le 11 mai dernier, Jack, un mâle de presque 5 tonnes, est arrivé à Bâle à bord d’un semi-remorque en provenance de Hongrie.
Les femelles n’étant fécondes que pendant quelques jours, la naissance d’un éléphanteau à Bâle repose donc sur la bonne forme de Jack au moment opportun. La gestation est quant à elle plus généreuse: 22 mois.
Hormis les quelques jours de reproduction, les mâles vivent en solitaires dans un enclos séparé – également agrandi et modernisé – de celui des femelles. À part leurs petits, ces dernières ne tolèrent pas la présence de mâles dans leur groupe matriarcal.

Travailler au zoo

Le boulot au zoo, c’est aussi nettoyer les enclos.

Le boulot au zoo, c’est aussi nettoyer les enclos.
http://www.cooperation.ch/Un+cinq_etoiles+pour+les+elephants Le boulot au zoo, c’est aussi nettoyer les enclos.

Le Zoo de Bâle emploie 70 personnes pour s’occuper des animaux. Toutes ont fait un apprentissage de soigneur animalier. «Nous n’engageons que des gens qui ont fait un autre apprentissage avant, jardinier, boucher, menuisier, ferronnier, paysan, mécanicien… C’est utile pour les travaux de maintenance», explique Adrian Baumeyer.
Avec l’administration et les caisses, 131 personnes travaillent pour le zoo.

Plus d’infos: www.zoobasel.ch

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Gilles Mauron

Rédacteur

Photo:
Torben Weber, Zoo de Bâle
Publication:
lundi 05.06.2017, 13:06 heure





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