Un emploi 
qui fait sens pour 
Marco Bof: «Table couvre-toi» permet d’aider des milliers 
de gens en Suisse.

Un jeune homme qui a le cœur sur la main

Le Tessinois Marco Bof aime le contact et s’est engagé pour aider ceux qui ont subi des coups du sort. Portrait.

Marco par-ci, Marco par-là, Marco partout! Il y a fort à faire dans les dépôts du Tavolino Magico, la branche tessinoise de Table couvre-toi. A 19 ans, Marco Bof pourrait avoir quatre bras et huit mains que ça ne suffirait pas… C’est un jeune homme énergique, qui aime travailler et il a le cœur sur la main. C’est ce qui l’a amené à un apprentissage en logistique au Tavolino. Tessinois aux racines grisonnes et italiennes, Marco a un faible pour les voitures et les camions. Il aurait très bien pu faire son apprentissage dans une entreprise internationale de logistique. «C’est justement ce que je voulais éviter. J’ai toujours voulu être au service des gens, j’aime m’engager.»
Entendre cela de la bouche d’un jeune de cet âge peut surprendre. En effet, ne dit-on pas que les gens de cette génération ne voient guère plus loin que leur nombril?

Ce sens de l’engagement pour autrui est là depuis un petit bout de temps. «Je le tiens de mon père, c’est sûr», nous avoue le jeune homme. C’est un type plutôt positif, qui aime sortir avec ses amis. «Pour mon père, il est naturel d’aider les personnes âgées à gérer les difficultés qu’elles peuvent rencontrer. Cet état d’esprit m’impressionne.»
En revanche, c’est sa mère qui lui a ouvert les portes du Tavolino Magico: «Elle travaille comme bénévole dans un des points de distribution. J’avais 1 an lorsque j’y ai mis les pieds pour la première fois. Je donnais un coup de main de temps à autre.»

«

Ça peut arriver à chacun de nous. 
Un accident, un divorce, la perte de son emploi… C’est si vite arrivé»

Marco Bof

Les parents de Marco lui ont donc transmis une bonne dose de compétence sociale et de compréhension d’autrui, lesquelles ont contribué à l’engager dans cette voie. «Parfois, quand je parle de mon travail à Table couvre-toi, je sens que les gens de mon entourage ne me comprennent pas trop, constate Marco, ils ont des a priori et pour eux, ceux qui finissent à Table couvre-toi sont des losers, qui sont responsables de ce qui leur arrive.»
Marco, lui, sait de quoi il retourne un peu plus précisément. Il connaît la vie des personnes qui ont de la peine à joindre les deux bouts, malgré un travail à plein temps. Il sait à quoi peut ressembler la vie de ceux qui souffrent dans leur âme ou dans leur corps, de mères ou de pères célibataires, de réfugiés, étrangers à nos valeurs, à notre langue et à nos habitudes. Il connaît la vie des gens qui, à un moment donné, ont perdu leur ange gardien ou leur travail, par exemple en raison de la suppression de leur poste. «Ce qui est dingue, c’est que ça peut arriver à chacun de nous. Un accident, un divorce, la fermeture d’une entreprise… C’est si vite arrivé!»

A la fin de ce mois, le jeune Tessinois va terminer son apprentissage. Les examens, ça lui fait peur? «Pas plus que ça», et de préciser qu’il a déjà un 6 pour la présentation de son travail final. Et ensuite? «J’aimerais bien travailler deux ou trois ans. De préférence chez Table couvre-toi et si possible avec tous ces gens que j’ai appris à aimer.»

Marco ne sait pas encore si ce sera possible, car l’argent manque encore pour que l’entreprise puisse engager quelqu’un. Plus tard, ce jeune bilingue, amateur de moteurs (ndlr: il gère aussi le parc de véhicules de Table couvre-toi), voudrait suivre les cours d’une école de gestion de la logistique. Mais pour financer ces cours, il devra encore travailler; c’est pourquoi il recherche un emploi, autant que possible dans une entreprise mettant l’accent sur les valeurs humaines.
Marco doit maintenant retourner au travail car Marco par-ci, Marco par-là, Marco partout! En quittant le journaliste, il lui arrache encore une promesse: «Vous devez absolument écrire que notre organisation est tributaire des produits qu’on veut bien lui donner et qu’elle a besoin d’un soutien financier!»

Coop aide à aider

Argent et nourriture pour «Table couvre-toi» et «Table suisse» 

Depuis 2005, Coop soutient les organisations Table couvre-toi et Table suisse, en leur livrant à peu près 2400 tonnes de produits alimentaires. En 2013, ce modèle pilote s’est mué en solution globale de la Communauté d’intérêt du commerce de détail suisse (CI CDS). Celle-ci soutientdorénavant les deux organisations avec un montant annuel de 680 000 fr., qui sert à couvrir les frais courants. Table couvre-toi distribue chaque semaine des produits alimentaires à 13 900 personnes, un chiffre qui augmente d’année en année. Table suisse livre des produits à environ 500 institutions sociales. Pensez donc à ces deux organisations: elles ont un grand besoin de bénévoles et de dons.

www.tischlein.ch

www.schweizertafel.ch

Franz Bamert

Rédacteur

.

Photo:
Sandro Mahler
Publication:
lundi 02.06.2014, 08:00 heure