Un des plaisirs de l’amoureux de la nature Lucien Willemin (45 ans)? Faucher à la faux sa prairie maigre.

Un mode de vie vert

Après une carrière dans la banque, l’horlogerie et l’immobilier, Lucien Willemin a arrêté de travailler. Il vit et il écrit pour plus de respect de l’environnement et de l’être humain.

Grand et élancé, posant au milieu de sa prairie aux herbes hautes, chez lui à La Chaux-de-Fonds (NE), Lucien Willemin, surnommé Lulu, a une petite ressemblance physique avec Lucky Luke. Il ne se considère pas comme un justicier, mais comme quelqu’un qui prend soin de la vie, qui réfléchit et ouvre des portes.
Ce Jurassien des Franches-Montagnes est installé en terres neuchâteloises depuis dix-neuf ans, par amour. Il consacre une large partie de sa vie à penser à une société plus réfléchie. Il se défend d’être moralisateur et dit vouloir la justesse: «Je cherche à démontrer, pas à dénoncer.»
Pour faire passer son message en faveur du respect de la nature et de l’être humain, Lucien Willemin multiplie les conférences. Il a aussi prévu d’écrire une série de «petits recueils de la pensée». Le premier, En voiture Simone!, vient de sortir. Grâce à un langage simple, on apprend en une demi-heure quelle énergie nécessite la fabrication d’une voiture neuve. L’auteur indique que plus que le pot d’échappement, les cnstructions des véhicules et de leurs infrastructures sont polluantes. Il se positionne en faveur d’une économie de la réparation (lire interview).

Quel est votre métier? Lorsqu’on lui pose cette question, Lucien Willemin hausse les épaules. Après une carrière dans le monde de la banque, de l’horlogerie puis de l’immobilier, il a ressenti le besoin de prendre du recul. Il a arrêté de travailler. C’était il y a cinq ans, un cadeau d’anniversaire pour ses 40 ans. Depuis, il vit sur ses économies. L’homme s’est accordé le luxe – qu’il nomme «suprême» – d’avoir du temps pour penser et voir grandir ses enfants.
Pourquoi a-t-il transmis sa société immobilière au profit d’une nouvelle vie? Il a voyagé au cours de son parcours professionnel. Certaines expériences l’ont bousculé, comme les conditions de vie des ouvriers chinois ou certaines images environnementales du Sud: «Des gens  qui avaient des terres cultivables et des rivières poissonneuses ont aujourd’hui des poubelles à ciel ouvert et des rivières polluées. D’ici, on ne peut pas réellement en prendre acte.»
L’esclavage moderne, la déforestation ou le gaspillage: autant de réalités sociales et environnementales qui ont conduit ce père de famille marié à avoir envie de participer à un monde plus réfléchi. «J’ai réalisé que ce n’est pas dans l’avoir mais dans l’être que l’on connaît la valeur de l’être humain.» Friand de lecture en forêt, de semaines vécues en silence, mais aussi de foot et de taï chi, il essaie de vivre en adéquation avec sa prise de conscience.

«Nous sommes nos propres prédateurs»

Lucien Willemin écrit* que l’énergie utilisée pour fabriquer des voitures neuves est colossale, que l’on pollue moins en roulant avec une vieille 4 × 4 qu’avec une hybride neuve.

Coopération. Vous proposez de stopper les ventes et les importations de véhicules neufs pendant cinq ans. Et les lourdes conséquences sur les emplois?
Lucien Willemin. Des adaptations à court terme seraient nécessaires. Toutefois, les conséquences ne
seraient pas aussi lourdes qu’on ne l’imagine. Le principe de croissance ne peut réellement intégrer la
notion de développement durable que si la croissance d’une économie de réparation remplace celle de l’économie de fabrication actuelle.

Cet ouvrage va à l’encontre du système. Pourquoi secouer le cocotier?
A un moment il faut arrêter de tergiverser. Je pense que l’ensemble de notre système doit être revu. Il n’y a jamais eu autant de milliardaires et un endettement aussi généralisé de la classe moyenne occidentale.

Comment tout revoir?
Avec un état des lieux sincère. Nous sommes devenus nos propres prédateurs. Ouvrons les yeux, ayons le courage et œuvrons à prendre soin de la vie… de nos vies à tous!

* En voiture Simone! Comprendre l’énergie grise, Lucien Willemin,
illustrations Mix & Remix, éd. G d’Encre.

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Joëlle Challandes

Rédactrice

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Publication:
lundi 08.07.2013, 00:00 heure

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