Un peu de silence! 

Dans une société où la communication est reine, la recherche 
du silence s’apparente à une quête mystique. Et si se couper ponctuellement du bruit ambiant faisait partie de l’hygiène de vie?

Quand ils en ont assez vu, les yeux peuvent se fermer. Mais les oreilles, elles, ont beau s’être remplies de sonorités élevées en décibels, elles ne peuvent jamais tirer le rideau. Glisser une paupière entre elles et le monde. Elles sont toujours sur le ring de la vie, à capter les sons qui viennent cogner au conduit auditif, histoire de ne rater aucun signal d’alerte. Car à chaque bruit, le corps stimule des réflexes de défense. Notre cœur s’emballe – y compris la nuit, durant notre sommeil – pour préparer notre corps à réagir en cas de danger. Un environnement bruyant est donc un facteur de stress et de fatigue. Mais comme on ne peut pas hurler «chut» à la face du monde, il faut apprendre à mettre plus de silence dans sa vie.
On n’a pas tous la même perception du silence. Pour les uns, c’est l’absence totale de sons. Pour d’autres, c’est fermer la fenêtre ou éteindre la télévision. Tout dépend, en fait, de son rapport au bruit. C’est-à-dire? Là encore, les perceptions diffèrent. Pour savoir de quoi est constitué l’environnement sonore dans lequel on se trouve, il suffit d’écouter.
Sachant que le bruit est un mélange de sons qui se caractérisent par leur fréquence, le Hertz, et leur niveau, le décibel, cela englobe beaucoup de sons différents se situant sur l’échelle du bruit entre le seuil de l’audibilité et celui de la douleur: le moteur d’un avion dans le ciel, le brouhaha d’une salle de classe ou d’un open space, un vent léger, le bourdonnement d’une abeille, le souffle du ventilateur d’un ordinateur, la musique dans l’ascenseur…

Contre certains sons, il n’y a rien à faire. Juste apprendre à les reconnaître et à les amadouer pour mieux les supporter. Mais contre d’autres, on a ce pouvoir de les réduire au silence.
Bruyant notre environnement sonore? Spontanément, on est tenté de répondre non. A partir du moment où l’on n’habite pas au-dessus d’un boulevard périphérique ou à côté d’un aéroport, ni ne travaille avec des engins aussi sonores que des marteaux piqueurs, on se sent au calme. Mais notre appréciation est subjective. En ville par exemple, on va trouver «calme» une rue sans coups de klaxons permanents.

A vivre en permanence au milieu des bruits, nos repères se brouillent. Et on s’y habitue. Souvent, on en rajoute. Vraiment? Pris dans la nasse bruyante, on ne se rend pas compte qu’on monte trop haut le volume de l’ampli ou du téléviseur. Qu’on parle trop fort au restaurant. Qu’on ferme les portes et volets avec trop de vigueur. Qu’on marche en faisant claquer trop fort ses talons sur le sol. Qu’on rit trop fort au téléphone… Bref, pour mettre plus de silence dans sa vie, il faut commencer par être soi-même moins bruyant.
Cela aura forcément des incidences sur le comportement de ceux qui nous entourent et qui vivront plus «doucement» eux aussi. Ensuite, il faut baisser voire couper le son de tous les appareils qui émettent trop fort, voire inutilement. Enfin, on peut réclamer le silence: demander que la musique d’ambiance soit coupée au restaurant, qu’un modus vivendi soit adopté par toutes les personnes partageant un même open space, que la pollution sonore soit considérée comme une nuisance néfaste pour la santé…

La journée contre le bruit en Suisse se tiendra le 30 avril. Diverses manifestations et campagnes sont en cours dans tout le pays.

www.stop-au-bruit.ch
www.vd.ch/bruit

Physique et psychique

Le bruit crée des troubles

Le silence est bon pour la santé. Le bruit crée des troubles endocriniens: le taux d’hormones révélatrices de l’état de nervo-sité s’amplifie. Cette libération chronique d’adrénaline ou de cortisol et de catécholamines tend à faire baisser les défenses immunitaires du corps. Sans parler des risques cardio-vasculaires et des problèmes d’hypertension qui augmentent. Une étude menée à Copenhague a révélé qu’autour de l’aéroport, 25% de la population consomment des tranquillisants, contre 17% dans des zones reculées. Car le bruit aiguise le stress et l’agressivité, ce qui est un facteur d’isolement par rapport aux autres. Surtout, le silence favorise la concentration, donc l’efficacité. Et puis, il permet la connexion avec son monde intérieur, avec soi-même. Ce face-à-face est nécessaire pour faire le point avec ses besoins et ses désirs. Et être disponible à l’inspiration, à la créativité, à la réflexion, à la méditation. Convaincus? Alors, silence, ça tourne.

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

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Publication:
lundi 28.04.2014, 08:00 heure

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