Un illustrateur à succès avec son héros: l’auteur Marcus Pfister dans son atelier bernois.

Un poisson au succès planétaire

Classique Ce mignon poisson est une star: ces 25 dernières années, le livre pour enfants s’est vendu à 30 millions d’exemplaires! Engouement que n’avait pas prévu son auteur, Marcus Pfister.

Un poisson multicolore nage en solitaire au milieu de l’océan. Ses écailles scintillantes ont beau faire de lui un poisson magnifique, il n’en demeure pas moins très seul. Mais lorsqu’il les offre en partage à d’autres poissons – non sans une certaine réticence au début –, il constate qu’il se fait des amis. C’est par ce message simple, véhiculé dans un livre d’images coloré, que Marcus Pfister (57 ans) acquiert sa notoriété en tant qu’auteur et illustrateur. Depuis, 25 ans se sont écoulés et Arc-en-ciel compte toujours parmi les livres pour enfants les plus populaires au monde. L’auteur en profite, s’accordant désormais la liberté de ne faire que ce qui lui plaît, professionnellement parlant.

Une technique coûteuse

C’est toujours avec plaisir que l’auteur rejoint chaque jour son atelier, déclarant au passage avoir «toujours éprouvé une grande joie à travailler pendant toutes ces années». Marcus Pfister vit et travaille dans la banlieue de Berne. Il a aménagé son atelier au rez-de-chaussée d’une confortable maison. Ici, pas la moindre trace d’un éventuel «chaos créatif», tel que l’on pourrait l’envisager de la part d’un auteur de livres d’images. La table où il dessine fait penser à un bureau de graphiste ou d’architecte. Une impression qui n’est pas très éloignée de la réalité puisque Marcus Pfister est graphiste diplômé. Sa passion pour l’illustration et l’écriture de livres pour enfants lui est venue peu après sa formation. Ce n’est qu’en 1992, après le succès rencontré par son poisson aux reflets chatoyants, qu’il a renoncé à son métier d’origine. Il a été le premier surpris par l’engouement suscité par ce livre: «Personne n’avait vraiment imaginé un tel triomphe.» Si le message universel du partage n’est pas étranger au succès de l’album, la technique inédite de la «feuille argentée» y a contribué dans une large mesure: «Le procédé était si cher que pour imprimer l’album, j’ai renoncé à une partie de mes honoraires.»

Même des comédies musicales

Aujourd’hui, ce «sacrifice» n’est plus qu’un lointain souvenir pour l’auteur, qui avoue en toute honnêteté avoir «bien gagné avec Arc-en-ciel». Entre-temps, l’histoire du poisson s’est vendue à plus de 30 millions d’exemplaires et a été traduite dans une cinquantaine de langues. Tout un concept marketing a été développé autour d’Arc-en-ciel: aux peluches, livres de coloriage et livres audio sont
venues s’ajouter des comédies musicales et des pièces de théâtre mettant en scène le poisson multicolore. Et pourtant au départ, un seul album était prévu. À la demande de l’éditeur NordSud, l’auteur a rédigé un deuxième volume, suivi par une dizaine d’autres! Le nouvel album du joli poisson sort en allemand à l’occasion de son anniversaire. Quant à la version française, Arc-en-ciel apprend à perdre, elle sera disponible dès cet été.

Pour les jeunes fans: Arc-en-ciel n’existe pas que dans les livres mais aussi en peluche.

«Les lecteurs le rendent spécial» 

Marcus Pfister n’adhère pas à toutes les idées concernant la marchandisation de «son» héros. Cependant, il n’a pas forcément son mot à dire, comme ce fut le cas avec la série TV diffusée dans les années 1990 aux États-Unis. Il ne s’en offusque pas pour autant. Peut-être cela tient au fait qu’Arc-en-ciel n’est pas son personnage préféré, bien qu’il soit le plus célèbre. «Je l’aime beaucoup, évidemment. Mais ce sont les lecteurs et leurs réactions qui le rendent si particulier. J’éprouve tout autant d’affection, si ce n’est plus, pour d’autres personnages.» Comme Pit le pingouin ou Flocon le lapin, tous deux nés sous le pinceau de l’illustrateur. Une autre histoire lui tient à cœur, celle de Lisa et de son coquelicot, un livre réconfortant sur l’amour de la nature. Ces trente dernières années, le Bernois a publié plus de cinquante livres pour enfants. «Il est temps pour moi de faire une pause.» Il s’accorde du repos mais ne va pas s’ennuyer pour autant: «Les activités mises sur pied dans le cadre du 25e anniversaire d’Arc-en-ciel sauront me tenir occupé», rigole Marcus Pfister. Il souhaite consacrer le temps qui lui reste à une autre facette de sa créativité: la sculpture. «J’adore travailler en trois dimensions!»

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texte:
Maša Diethelm
Photo:
Peter Mosimann
Publication:
lundi 03.04.2017, 13:15 heure





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