Denise 
Krummenacher enseigne l’art de bien respirer d’après la méthode 
Klara Wolf.

Un souffle 
si important 

Tout le monde sait respirer, mais utiliser la respiration 
à bon escient peut s’avérer compliqué. Pourtant, 
avec la bonne technique, on peut d’une part 
nettoyer ses bronches et d’autre part augmenter 
sa capacité pulmonaire.

Ma maman me dit: Mimi vient!» Les participantes (pas d’homme ce jour-là) déclament cette phrase lentement sur une seule expiration. «Prenez le temps, arrêtez-vous après les deux points», les encourage Denise Krummenacher, thérapeute de la respiration, qui donne ce cours au centre Les Alizés, à Yverdon-les-Bains (VD). Cette demi-heure est consacrée aux exercices de base de la respiration et s’adresse aux seniors. Il s’agit principalement d’hygiène naso-pulmonaire et de travail du souffle.
«Près de 70% des particules dommageables contenues dans l’air sont retenues au niveau du nez, et plus de 80% des maladies infectieuses pénètrent dans le corps par la bouche ou par le nez», explique la spécialiste. Les bactéries ne sont détruites qu’en milieu humide, «les exercices d’hygiène nasale sont donc à faire tant en prévention qu’en soin».

Allongée verticalement, 
la bouche reste fixe, les sons chantés sont «articulés» 
dans l’entier du pharynx.

Nous nous lavons les dents et les mains plusieurs fois par jour, il faudrait faire de même avec ses voies respiratoires: «Lorsque nous habitons dans un environnement pollué, la quantité d’oxygène présente dans l’air inspiré diminue au profit de composants et saletés. Le nez joue un rôle fondamental de filtre – d’où l’importance d’inspirer par le nez et non pas par la bouche», selon Denise Krummenacher. Entre chaque exercice, étiremen ou vocalise, la thérapeute invite les participantes à faire une «sténose», manière de pincer légèrement la partie basse du nez, et inspirer profondément.
L’inspiration étant freinée, la musculature respiratoire – principalement le diaphragme – se fortifie, le volume respiratoire augmente, l’air est mieux réparti et le cœur mieux irrigué. «En décembre, j’ai eu un œdème pulmonaire, raconte Marguerite Chevalley, l’une des participantes. Ces exercices, ça ramone, c’est fantastique!» Claudine Hofer vient depuis plusieurs années: «Je refais les gestes chaque matin. Comme je suis conteuse, la respiration est très importante.» La fonction première de la respiration reste, bien entendu, l’oxygénation indispensable au fonctionnement de notre corps. Transporté par l’hémoglobine, cet air va se transformer et créer de l’énergie. En respirant mal durant l’effort, on s’essouffle et on s’épuise.

L’ouverture de la 
cage thoracique permet une plus grande amplitude respiratoire.

Mais pas uniquement. «La respiration est la première fonction vitale à réagir à une émotion (peur, stress, joie…). Si l’émotion est négative et répétée, elle va affecter les fonctions par les tensions qu’elle engendre», commente Denise Krummenacher. Et ça se complique encore: «Elle est le seul système de notre organisme qui est tant volontaire – je décide de respirer de telle manière – qu’involontaire. On peut l’utiliser, pour une meilleure présence à soi et pour le calme intérieur.»
Et que se passe-t-il si on respire mal? «Certains chanteurs commencent leur carrière avec une fine silhouette, et la finissent avec une taille très élargie… Une technique de chant non physiologique en est la cause: le diaphragme ne revient pas dans sa position de détente et provoque un élargissement de la taille. L’espace se remplit d’eau et de graisse, le plancher pelvien est fragilisé.»

A lire: Denise Krummenacher, «Exercices respiratoires pour mieux enChanter sa vie, prévention et soins», à commander sur: www.respir.ch

Lorsqu’on tousse, chante ou gonfle 
un ballon, la musculature abdominale 
se contracte en dedans afin d’aider le diaphragme 
à remonter pour expulser l’air.

Expressions
: des phrases inspirées

Ne pas manquer d’air: être téméraire, insolent, ne pas manquer de toupet.

Battre de l’air: se dit lorsqu’on fait des efforts inutiles.

Se foutre en l’air: se faire du mal, se tuer.

S’envoyer en l’air: faire l’amour. Plus spécifiquement, jouir.

Pomper l’air: énerver quelqu’un.

Un monte-en-l’air: cambrioleur dont la spécialité est d’escalader les façades pour entrer dans une maison.

Source: www.expressio.fr

Yann Lambiel 

Humoriste, imitateur et chanteur

«Je prends des cours de respiration. Avant un spectacle, je fais les exercices appris pour ouvrir mes poumons et faire descendre le diaphragme. Inconsciemment, on prend plus d’air, on régule le débit, ça aide pour la voix. J’ai l’impression de faire 120 kg. Le stress compresse les côtes et coupe l’air.
Pour certaines voix, je peux tenir très longtemps la note, par exemple quand j’imite Claude François. En revanche, imiter Patricia Kaas me demande beaucoup de souffle. Je pratique aussi la ventriloquie durant laquelle je dois respirer en parlant, sans que ça se voie.
Depuis que je fais attention à la respiration, je suis moins essoufflé à la fin du spectacle. C’est essentiel, car mon bis consiste à refaire tous les sketchs à l’envers, je «rembobine». Il faut respirer à l’envers aussi. Parfois, je finis en hyper-ventilation.
A 40 ans, il faut que je fasse attention à mon outil de travail. Et puis, ces exercices m’évitent de faire du sport… pour l’instant!»

Mercedes Brawand  


Formatrice pour la radio RTS

«La base de la voix, c’est la respiration. Il faut utiliser son diaphragme, détendre le ventre pendant l’inspiration. Un journaliste est un sportif de la parole. Il doit faire descendre et monter l’ascenseur de son diaphragme plus vite. On peut imaginer un grand parachute, afin de s’aider à remplir ses poumons autant que possible. Il ne faut pas monter les épaules. Le souffle se travaille comme un muscle, régulièrement.
Il ne faut pas croire qu’aucun silence n’est permis à la radio. Certains journalistes ne s’autorisent pas à faire une pause. Cela rend nerveux l’auditeur car il s’identifie au souffle, c’est vital, et il en a besoin pour se retrouver.
Peu de journalistes s’entraînent, mais ceux-ci progressent et ça s’entend. Sans une bonne respiration, ils terminent leur flash essoufflés et rouges. Dans le travail de pose de voix, si la respiration est mauvaise, la voix monte un peu. Parfois, il s’agit juste d’un petit truc, resserrer un boulon, un simple conseil suffit.»

Justin Murisier 


Cadre B de l’équipe suisse de ski

«A l’entraînement, le coach est à côté et nous rappelle qu’il faut respirer, car on a tendance à bloquer la respiration pendant l’effort, ce qui provoque l’asphyxie des muscles.
Une fois sur les skis, je n’ai pas le temps d’y penser. Quand arrive un grand saut, la plupart du temps, je retiens mon souffle, et après, je sens mes jambes flageoler. En slalom, j’essaie de respirer entre chaque porte, je bloque juste avant et je relâche après.
Dans le portique de départ, quand il ne reste que deux skieurs avant moi, j’inspire profondément deux-trois fois. Ça m’aide à garder la concentration et faire baisser la pression. Je donne toujours tout en course et je m’essouffle rapidement.
Souvent, lors des quatre-cinq dernières portes, on oublie de reprendre son souffle. Une fois la ligne d’arrivée franchie, je regarde d’abord le chrono, puis je respire. Je mesure alors l’effort intensif effectué et il me faut plusieurs minutes pour reprendre mon souffle.»

Nathalie Musardo Sigrist 


Cheffe de chœurs et prof de musique

«La respiration est la base du chant. On apprend dès le premier cours à inspirer profondément, avec le ventre, en relâchant le diaphragme, pour soutenir le débit de l’air et distiller un flux régulier. Il y a beaucoup de travail en amont pour que la respiration devienne instinctive.
Les enfants progressent vite, si on sait guider leur instinct. Pour un jeune, c’est plus difficile, il doit composer avec un corps et une voix qui changent, et souvent, il est horrifié de produire des sons bizarres. Le soutien est fondamental, surtout pour les ados qui voudraient chanter comme Beyoncé, en voix de poitrine, et qui du coup forcent sur le larynx.
Chanter bien est une question de respiration, de soutien et de résonateurs, plus que d’une grande capacité pulmonaire. Quand on met l’accent sur une partie du corps, il faut le faire en détente. Si on met trop de pression sur le larynx, des nodules peuvent apparaître sur les cordes vocales. On ne peut pas tricher avec la voix.»

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Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 16.06.2014, 11:00 heure



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