Marc-André Devantéry, directeur de la cave et œnologue, et Patrick Z’Brun, propriétaire du domaine Vins des Chevaliers, à Salquenen, ont imaginé le vin Sherpa.

Un vin en l’honneur des sherpas

Vin Sherpa La cave Vins des Chevaliers a érigé un pont entre l’Himalaya et le Valais avec un vin. Une histoire d’hommes, de rencontres et de montagnes.

Mais quelle mouche a donc piqué Patrick Z’Brun (53 ans), propriétaire du domaine Vins des Chevaliers à Salquenen (VS), pour appeler un de ses vins «Sherpa»? Certes, les Alpes sont à quelques encablures, mais ce n’est pas non plus l’Himalaya. Eh bien presque, car derrière cet assemblage valaisan se cache une épopée incroyable sur le sommet de l’Everest.
L’univers des vins, c’est la seconde vie de Patrick Z’Brun. La première l’emmenait sur ces hautes immensités enneigées. Le viticulteur est en effet guide de haute montagne de formation. Et même le plus jeune de Suisse pour l’époque. Il avait alors 22 ans.
Le 21 mai 2008, une expédition hors norme va marquer à jamais ce dynamique quinquagénaire reconverti dans le vin.

Pour des diplômes

Un documentaire sera d’ailleurs tourné par une équipe népalo-suisse. «Les vrais héros de l’Everest, ce sont les sherpas, détaille Patrick Z’Brun. Il faut se rendre compte que gravir une telle montagne demande huit semaines d’efforts. Et ils nous accompagnent, nous conseillent, portent le matériel; en clair, ils font corps avec ces montagnes.» Or, force est de constater que trop peu de sherpas sont formés professionnellement. Pour leur permettre d’accéder à des formations internationales reconnues, l’ancien guide de haute montagne a une idée: créer un vin dont 2 francs du produit de la vente seront reversés à une fondation. Le Swiss Sherpa Project est né. Plusieurs sherpas seront diplômés en suivant les cours de guide de haute montagne en Suisse, et le respect que voue Patrick Z’Brun aux sherpas est réciproque.

Un vin à la dimension philosophique

«Un jour j’ai reçu une photo au courrier. C’était Norbu Sherpa. Deux ans après notre expédition qui avait fait naître l’idée de ce vin, (précisément le 20 mai 2010), il a monté une de nos bouteilles sur l’Everest à 8848 mètres d’altitude. Il ne nous avait rien dit. C’était sa manière à lui de rendre hommage au Swiss Sherpa Project. Cela m’a énormément touché.» Mais alors, qu’en est-il de ce fameux vin Sherpa? Une question qui ne laisse pas indifférent Marc-André Devantéry, directeur de la cave et œnologue: «Je souhaitais transposer en bouche cette notion de partage, de solidarité et de rencontres humaines, explique le professionnel. Un vin qui réunit les hommes mais dans une dimension intense et toute philosophique. Le pinot noir permet d’insuffler cette touche d’un ancrage local traditionnel, tout en lui donnant force et vigueur. Quant à l’humagne rouge, un cépage alpin que nous partageons avec la vallée d’Aoste, il apporte un bouquet fruité et confère à l’ensemble un caractère particulier.»

Un drapeau de prière comme étiquette

Les drapeaux de prière bouddhistes jouent un rôle important dans la vie des sherpas. On les trouve sur presque tous les cols et les cimes de leur patrie.
Flottant au vent, ils transportent les prières et les souhaits jusqu’aux cieux. Pour leur étiquette du Sherpa, les Vins des Chevaliers ont créé leur propre drapeau de prière. Au centre, le Cheval du vent a été repris d’un drapeau de prière original. Les quatre images dans les angles symbolisent les rencontres mémorables vécues par Patrick Z’Brun avec les sherpas auxquels il voue une profonde reconnaissance. Le texte raconte en caractères népalais son ascension du Mont Everest.
www.chevaliers.ch

Sherpas, les vrais héros de l'Everest

L'approche (1/3)

L'ascension (2/3)

Au sommet (3/3)

Un millésime rare

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

Une chose est sûre, en Bourgogne, on peut qualifier le millésime 2012 de rare, car la région a subi cette année-là une météo capricieuse avec des épisodes de grêle répétés et donc une chute importante de la quantité de récolte. Ce pinot noir en est un joli représentant, paré d’une robe aux nuances grenat, il offre un nez complexe avec des premiers effluves fruités, puis après aération, des odeurs plus épicées avec un soupçon de réglisse. Sa bouche est vive, très peu tannique, voilà un Bourgogne prêt à boire qui plaira aux amateurs de vins tendres. Il sera apprécié en accord avec un repas simple, un plat de pâtes, une tranche de veau. Ce cru est issu du domaine de La Marche, une propriété de 25 hectares appartenant à la maison Louis Max qui compte au total 130 hectares.

Mercurey AOC Louis Max, 2012

Prix: 17 fr. 95
Origine:
France
Région:
Bourgogne
Cépage:
pinot noir
Maturité:
2015-2016
Disponible:
dans les grands points de vente ou sur: www.coopathome.ch

Sophie Dürrenmatt
Photo:
Nicolas de neve, SP
Publication:
lundi 09.03.2015, 14:30 heure

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