Un week-end entre potes à Belfast

Des pubs cosy, de la musique à chaque coin de rue, des musées de renommée internationale et une nature sauvage dominée par le vert qui a servi de décor à la série «Game of Thrones». Bienvenue à Belfast.

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Cet été, si on fuyait la chaleur pour découvrir les paysages idylliques de l’Irlande du Nord tout en s’abreuvant de culture, de spécialités culinaires et de fêtes? Belfast est la destination idéale pour un séjour entre copains. Depuis quelques années, cette cité jeune et dynamique, qui a su préserver son riche héritage historique, connaît un important engouement touristique. De 2011 à 2016, le nombre de visiteurs a augmenté de 48% et la croissance continue.

La ville se présente sous forme de patchworks d’ambiances réparties en quatre principaux quartiers se découvrant facilement à pied ou à vélo, en deux-trois jours. Voici quelques morceaux choisis pour s’imprégner de l’atmosphère de la capitale qui, suite à un lourd passé dont on voit encore les stigmates, a su renaître de ses cendres. Le seul risque que l’on court aujourd’hui est d’en tomber éperdument amoureux.

La capitale nord-irlandaise et ses environs est élue «meilleure région à visiter en 2018» par Lonely Planet.

Des habitants attachants

Valeurs immatérielles par excellence mais omniprésentes dans cette région, la gentillesse et la curiosité des locaux dérident en un rien de temps les caractères les plus méfiants. Les gens se parlent, semblent avoir le temps de vivre, ou le prennent en tout cas. Rares furent les lieux où je me suis posée sans que personne ne m’accoste pour faire ma connaissance. J’ai serré tant de mains inconnues et ri à des blagues, lorsque je les comprenais bien sûr. Car selon le début de parole avec un accent bien typé, il est parfois nécessaire de demander à son interlocuteur de répéter plusieurs fois sa phrase.

A l’ouest de la ville, les murs de la paix sont devenus une attraction touristique.

Un tour en «black taxi»

Pour un premier aperçu de la capitale sans se fatiguer ni se mouiller (oui, la pluie et le vent ne sont nullement un mythe), une visite à bord des célèbres taxis noirs reste une bonne solution. Mon guide répond au nom de Walter. Il fait ce métier depuis plus de vingt ans et connaît la ville comme sa poche. Nous traversons les différents coins de Belfast: le quartier étudiant, Queens Quarter, le Cathedral Quarter, un quartier culturel, créatif, où il fait bon sortir le soir et le Titanic Quarter avec l’imposant musée inauguré en 2012 pour le centenaire du naufrage du bateau le plus célèbre du monde.

Changement total d’ambiance, tout à l’ouest de la ville, une partie de Belfast toujours divisée. Nous longeons les murs de la paix (Peace Walls) construits par les forces de l’ordre dès 1969, durant la période des «Troubles», dans le but de séparer les communautés protestantes et catholiques en conflit. L’émotion est palpable à chaque coin de rue. Le street art coloré, riche en symboles historiques, messages de paix et de portraits de personnalités internationales, rend vivant ce mur dont la démolition est prévue en 2023.

Après ce moment fort de la visite, nous retournons au centre-ville. En route, Walter me montre un de ses pubs préférés. Comme souvent, l’entrée est «cachée»: «Pour que les femmes ne nous trouvent pas. Elles y étaient interdites», m’explique-t-il. Une envie soudaine de boire une pinte m’envahit.

La culture du pub

Les bars chaleureux à la déco surchargée ne manquent pas dans la capitale nord-irlandaise. Le prix des boissons (en livre sterling, bien sûr) sont similaires aux prix suisses. Je commande une india pale ale locale (il est encore tôt pour le whiskey) au Bittles Bar, le plus petit pub de la ville, dit-on, en faisant la connaissance de Michael, un jeune Belfastois au teint rose et de sa joyeuse bande de copains. Le patron du bar, tout aussi imbibé, me sert un verre de bière avec un parfait col de mousse crémeux et bien dense. Il n’y a pas d’heure pour aller au pub!

Parmi les bars testés et approuvés (par moi-même ou les locaux rencontrés) citons The Duke of York, Kelly’s Cellars, The Dirty Onion, ou encore The Crown, considéré comme le plus beau et le plus célèbre bar de la ville. Ce dernier se trouve en face de l’hôtel Europe, «l’hôtel qui fut pendant longtemps le plus bombardé du monde», comme me l’avait expliqué Walter plus tôt dans la journée. A la nuit tombée, la musique live irlandaise anime de nombreux établissements de la ville, sept soirs sur sept. Les occasions pour se retrouver et faire la fête ne manquent pas.

Après un plateau de fruits de mer au Mourne Seafood Bar, je pars écouter un concert avec les locaux au Black Box avant de prendre un dernier verre au Sunflower, un bar alternatif décontracté où les clients se relaient pour jouer de la musique irlandaise. L’un d’entre eux s’est endormi sur son instrument. Il est temps de rentrer.

Le Titanic a été construit à Belfast. Un musée lui rend hommage.

Le musée Titanic

Après une courte nuit, rien de tel qu’un peu d’histoire pour recharger ses neurones. Depuis son ouverture en 2012, le musée Titanic (Titanic Belfast) fait partie intégrante de l’identité de la ville. Son architecture signée Eric R. Kuhne & Associates, notamment, impressionne par sa façade brillante, composée de quatre proues de bateau. Il faut compter au moins deux heures pour parcourir l’exposition ludique et interactive. Au fil des pièces, le visiteur découvre les coulisses du RMS Titanic, construit dans ce quartier de Belfast. Ici aussi, l’émotion est palpable. Un peu comme dans un film où l’on connaît déjà l’issue, on s’attache aux acteurs qui ont rendu possible cet exploit technologique et on espère malgré tout qu’à la fin de l’exposition, on nous dévoilera que cette tragédie n’a jamais eu lieu. Et bien sûr, une grande partie des membres de l’équipage venait de Belfast… L’exposition, qui n’a pas lésiné sur les moyens, a été élue en 2016 meilleure attraction touristique du monde (World’s Leading Tourist Attraction).

Jamie est incollable sur «Game of Thrones», ici à Winterfell.

Game of Thrones

On l’ignore parfois aussi, mais Belfast est une ville de cinéma. De grands studios comme Titanic Studios (sur le site de construction du bateau éponyme) y ont élu domicile. Des films et séries de renommée internationale ont permis de faire découvrir les paysages sauvages si photogéniques de l’Irlande du Nord dont profite aujourd’hui le tourisme. «The Shore» de Terry George (Oscar en 2011 du meilleur court-métrage), la série policière d’Allan Cubitt, «The Fall», pour ne prendre que quelques exemples, et bien sûr «Game of Thrones»!

C’est bien ce bébé de HBO qui compte le plus de fans et qui booste le tourisme en Irlande du Nord. De nombreux lieux de tournage sont à découvrir autour de Belfast. Mon choix s’est porté sur Winterfell, où vit la famille Stark. Mon guide Jamie, incollable sur la série, m’attend. Il me demande de mettre le costume de mon choix et une épée pour vivre pleinement l’expérience. Dire que Jon Snow était ici… «Il est petit», me lance-t-il alors en souriant pour me faire redescendre de mon nuage. Comme dans un des premiers épisodes de «Game of Thrones», nous nous exerçons à tirer à l’arc. Après quelques essais, je parviens, à ma grande surprise, à atteindre la cible! Nous nous baladons ensuite à pied (aussi possible à vélo) sur les traces des héros de la série. Dans un cadre sauvage, entre mer agitée et prairies vert fluo, au sommet d’une colline, Jamie conclut cette expérience ludique, que même les non fans apprécient, en racontant une histoire «vraie» de fantôme.

Reportage réalisé avec le soutien de Tourism Northern Ireland

Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:
Christopher Heaney Photographic, Northern Ireland Tourist Board, Alamy, Jasmina Slacanin, CARTE: Rich Weber
Publication:
lundi 11.06.2018, 12:43 heure