Le cycle d’orientation (CO) de Bagnes accueille 210 élèves (12–15 ans) de toute la vallée. Environ 120 enfants mangent à midi à la cantine de l’école.

Une école à la montagne

Éducation Fondé il y a 250 ans, le collège de Bagnes, près de Verbier en Valais, a formé des générations de montagnards.

Un chant sur la grève / Par instants s’élève, / Et l’enfant qui rêve / Fait des rêves d’or. Ces vers du poème Les Djinns de Victor Hugo résonnent dans une classe du CO de Bagnes-Vollèges. Une vingtaine d’élèves s’entraînent à le déclamer, à le rendre vivant, imagé, en roulant les «r» ou en montant la voix. Dans quelques mois, ils monteront sur scène pour jouer la pièce de théâtre écrite pour célébrer le jubilé de leur école. «Une centaine se sont portés volontaires, lance, pas peu fier, Alain Maret, le directeur. Soit près de la moitié des élèves. C’est super!» L’établissement compte 210 élèves, âgés entre 12 et 15 ans, de 16 nationalités différentes, du Mexique à la Moldavie. Un sacré changement depuis la fondation en 1766 de la Grande École par le Père Héliodore Bourgoz. Originaire de la région, il voulait instruire «tous les garçons de la Commune, grands et petits, pauvres et riches, et vingt escholiers étrangers». Par étrangers, on entendait alors les villages voisins.

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Quant aux filles, c’est en 1966 qu’elles ont pu y aller. Le collège s’est transformé en CO en 1974 et toutes les classes sont devenues mixtes en 1975. Si les villages de la vallée étaient déjà dotés d’écoles primaires, le collège de Bagnes s’adressait lui aux élèves «les plus remarquables de la région». On leur dispensait les premières années d’études classiques, beaucoup de latin et de catéchisme. Les jeunes hommes pouvaient ensuite terminer leurs études ailleurs, comme à Fribourg par exemple.

«

16 nationalités pour 210 élèves en 2016»

Avant de devenir le directeur de l’école en 2001, Alain Maret y a étudié. Il a fait partie des premières classes mixtes en 1971.

Des lignées de curés

De nombreux écoliers qui fréquentèrent ce collège de Bagnes devinrent curés. Cette «vocation» toucha les garçons de la région jusque dans les années 1950. Dans les dernières générations, beaucoup sont sortis des ordres.

Les élèves participent activement à la célébration des 250 ans de leur école: théâtre, exposition… 

À la vigne de temps en temps

«Ça devait être rude», lance Fanny, une  élève de 12 ans. «Il y avait des punitions et les élèves étaient obligés d’aller à la messe le dimanche», complète Béatrice. Alexis, lui, parle des anciens qui, après l’école, devaient aider aux champs ou à la vigne: «J’y vais encore de temps en temps.» «Ils venaient à pied à l’école», conclut Axel.

André Giroud, auteur du théâtre célébrant le jubilé de l’école, explique avec entrain comment bien déclamer un texte.

«C’étaient des battants»

Daniel Darbellay, ancien prof et directeur au CO de Bagnes

Daniel Darbellay, ancien prof et directeur au CO de Bagnes
http://www.cooperation.ch/Une+ecole+ae+la+montagne Daniel Darbellay, ancien prof et directeur au CO de Bagnes

Interview Daniel Darbellay a enseigné au CO de Bagnes entre 1966 et 2001. Il est devenu le premier directeur laïque de l’établissement en 1980. Prof de gym, il a eu pour élèves des skieurs de renom.

Roland Collombin, William Besse… Vous avez eu des étoiles du ski suisse comme élèves. Étaient-ils dissipés lors des cours?
Non, mais j’ai fait ce qu’il fallait! (rires) Collombin était peut-être plus dissipé que d’autres. C’est un anarchiste dans le fond.

Étaient-ils particulièrement doués?
Il y en avait de meilleurs qu’eux! Mais c’étaient des battants, tout venait naturellement chez eux. S’ils n’étaient pas forcément les plus doués au niveau de l’athlétisme, en basket ou en volley, ils étaient très forts en ski.

Ceux qui étaient meilleurs qu’eux, ont-ils aussi fait de la compétition?
Je prétends que 80% des gens pourraient faire de la compétition à haut niveau. Mais beaucoup n’en font jamais, même s’ils ont de grandes dispositions.

Qu’est-ce qui les en empêche?
Selon moi, l’école ne sait pas nécessairement amener les jeunes à leur niveau de compétence. Dans tous les domaines, l’être humain reste en dessous de ses capacités.

En 1980, vous êtes nommé directeur du collège de Bagnes, le premier qui soit laïque. Qu’est-ce que cela a changé?
Rien. La seule différence, c’est que je ne suis pas curé. Tous mes prédécesseurs l’étaient.

Il n’y a donc pas eu de laïcisation?
Les polémiques autour de la catéchèse sont venues plus tard. Il y avait très peu de contestation. Seuls certains élèves ne voulaient pas suivre la catéchèse. Mais c’était très rare. Ce qui ne veut pas dire que tous étaient pratiquants. Les jeunes n’ont pas envie de se singulariser dans une institution où tout le monde suit.

Jubilé: le programme 

Expos, ateliers et théâtre

Une exposition thématique préparée par les élèves est visible jusqu’en février 2017. Anecdotes de profs, d’élèves, évolution de l’enseignement… Du 11 février au 28 mai, le Musée de Bagnes présente «Dans la marge», une exposition sur l’influence sociologique de l’école. La journée officielle aura lieu le 8 avril 2017, avec ateliers animés par les élèves, discours et flonflons. La pièce de théâtre sera montée au mois de mai.

www.bagnes.ch
www.museedebagnes.ch

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Gilles Mauron

Rédacteur

Photo:
Olivier Maire
Publication:
lundi 28.11.2016, 13:45 heure



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