L’agriculteur bio Girnar Singh Dagru (à g.) montre à Joos Sutter, le patron de Coop, une plante de coton bio saine. Tous deux sont d’avis que la production bio est le bon choix.

Une fructueuse collaboration 

S’il est un sujet d’une importance majeure pour Coop, c’est bien le coton bio qui sert à fabriquer les textiles Naturaline. Joos Sutter, le patron de Coop, est allé en Inde pour voir comment il est cultivé. 

Girnar Singh Dagru tend une petite touffe blanche au patron de Coop, Joos Sutter. Aux yeux de cet agriculteur indien, ces trois grammes de coton représentent l’aboutissement d’une longue histoire.
Depuis des millénaires, les paysans doivent leur existence à «l’or blanc». Mais il en a aussi précipité beaucoup dans le malheur. Comme Girnar. Ou, du moins, presque. «J’ai commencé par en cultiver de façon conventionnelle. Je fertilisais le sol avec des engrais artificiels et j’utilisais plein de produits pour lutter contre les ravageurs et les maladies», raconte cet agriculteur âgé de 57 ans.

Girnar a ainsi mis le doigt dans l’engrenage de l’endettement: il était obligé d’acheter des engrais, des insecticides, des fongicides, etc. Comme il manquait d’argent, il a dû souscrire des crédits à des taux d’intérêt élevés qu’il remboursait après la récolte. Si celle-ci était mauvaise, les dettes s’accumulaient. Et les soucis.
Aujourd’hui, l’agriculteur bio sait que Coop, qui vend des textiles Naturaline, a largement contribué au succès de la production de coton bio dans l’Etat indien de Madhya Pradesh.

Depuis plus de vingt ans, on y cultive du coton bio avec l’aide de la Suisse. Girnar Singh Dagru est l’un des 3000 agriculteurs qui le produisent pour Remei, une société suisse de commerce de textiles qui a développé la production de coton bio en Inde. Lui-même s’y est converti il y a treize ans et se félicite d’avoir pris cette décision.
Pourtant, les débuts n’ont pas été faciles. Certes, il ne dépensait plus rien pour les produits chimiques et les engrais, mais la récolte était maigre. Maintenant, il récolte quasiment autant de coton qu’autrefois et économise ce qu’il dépensait en engrais et en produits contre les ravageurs. De plus, il bénéficie de conseils en agriculture et perçoit même une prime de 15% pour le coton bio.

L’exemple de cette réussite ne masque pas le fait que la culture du coton bio est une affaire complexe. La plupart des variétés à haut rendement sont des hybrides. «En Inde, il est pratiquement impossible de trouver des semences non génétiquement modifiées», déplore Patrick Hohmann, directeur de Remei.
Pour pouvoir maintenir une production bio, sa société doit produire elle-même ses semences. Il y a quelques années déjà, Patrick Hohmann a donc décidé de développer la recherche afin de trouver les meilleures variétés pour les paysans et l’industrie.
Cette étude, à laquelle participe le Fonds Coop pour le développement durable en collaboration avec l’Institut de recherche de l’agriculture biologique de Frick (AG) et l’université indienne de Dharwad, est menée par la fondation Biore. Vivek Rawal en est le directeur de la production en Inde. Avec son équipe de chercheurs, il place de grands espoirs dans une ancienne variété aux semences stables, c’est-à-dire fécondes. «Son rendement est encore trop faible, explique Vivek Rawal, mais elle est très robuste et résiste bien aux conditions extrêmes.»
Pour l’agriculteur indien, c’est synonyme de sécurité, puisque la récolte est fiable. Joos Sutter est persuadé que le coton bio est le bon choix. «J’ai rencontré des gens à la fois enthousiastes et convaincus.»

T-shirts : la quantité de coton nécessaire

  • Pour un simple t-shirt, il faut environ 300 g de fil. 
  • Pour 300 g de fil, il faut environ 1,3 kg de coton égrené et nettoyé. 
  • Pour 1,3 kg de coton, un cueilleur doit récolter quelque 400 capsules pesant chacune entre 2,5 et 4 g. 
  • Pour obtenir ces 400 capsules, il faut en moyenne 28 arbustes et 14 m2 de terre. Un bon cueilleur les récolte en quelque dix minutes.
  • Sur un hectare (100 m × 100 m), on peut donc récolter environ une tonne de coton permettant de confectionner 750 t-shirts.

Naturaline? 
Une agréable sensation

Coopération.  Que signifie Naturaline pour Coop?
Joos Sutter. Etant pionniers du bio, nous devons proposer à nos clients une alternative écologique et équitable non seulement dans le domaine des denrées alimentaires bio, mais aussi dans celui des textiles. Lors de ma visite en Inde, j’ai été très touché de voir les changements qu’a
apportés Naturaline dans la vie de tant de gens.

Et qu’en est-il de l’aspect économique?
Depuis des années, Coop est la plus grande enseigne au monde à proposer des textiles en coton biologique et de production équitable. Grâce à notre partenariat avec Remei AG, presque un tiers de nos articles de marque propre d’habillement respectent les normes Naturaline. La hausse de la demande en vêtements Naturaline prouve que les clients apprécient notre prestation.

Comment entendez-vous encourager cette tendance?
Avec un design Naturaline qui plaît à la clientèle! C’est pour cette raison que nous venons de redessiner toute la collection. Melanie Winiger, actrice et modèle, y a contribué. Elle a créé sa propre collection: Naturaline by Melanie Winiger.

Vos principaux arguments en faveur des produits Naturaline?
Une production 100% équitable, un coton 100% bio et une transparence à 100%. Cet engagement systématique tout au long de la filière textile est considéré au niveau international comme une performance pionnière. Et en plus, cette collection a de l’allure!

Portez-vous des produits Naturaline?
Bien entendu! Les chaussettes, t-shirts et polos Naturaline font partie de ma garde-robe. Même mon pyjama porte le label Naturaline: sensation agréable garantie!

Etes-vous satisfait?
Pas encore tout à fait. J’aimerais que plus de clients optent pour des produits Naturaline. Et pas seulement parce que notre collection leur plaît mais aussi parce que de Naturaline dépend l’existence de cultivateurs de coton et de gens travaillant dans la filière textile. Et aussi par souci de l’environnement.

Coop Naturaline: mode équitable et écologique

Avec 500 modèles, Coop est le plus grand distributeur au monde de textiles équitables en coton bio.
Celui-ci est transformé dans le respect de normes sociales et écologiques strictes. Les avantages de Naturaline:

  • production de coton sans engrais chimiques, ni agents défoliants, ni produits phyto-sanitaires de synthèse;
  • cultures exemptes de semences génétiquement modifiées;
  • projets sociaux en matière de formation et de santé;
  • normes sociales strictes;
  • utilisation raisonnable de l’eau; 
  • colorants exempts de métaux lourds toxiques;
  • des textiles blanchis sans chlore;
  • CO2 neutre à 100%.

www.coop.ch/naturaline

Thomas Compagno

Rédacteur

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Photo:
Kuni Takahashi
Publication:
mardi 29.04.2014, 11:00 heure