Plus le palmier est grand, 
plus la récolte de ses fruits 
est pénible. Ici, dans 
une palmeraie de Malaisie.

Une huile à la fois décriée et appréciée

Trop souvent, la culture d’huile de palme est synonyme de 
destruction des forêts pluviales. C’est pourquoi Coop mise sur de l’huile de palme durable issue de plantations certifiées.

C’est grâce à elle que la branche de chocolat fond sur la langue, grâce à elle que les pâtisseries ont une consistance moelleuse et que les crèmes pour le visage sont si douces sur la peau… Margarines, produits prêts à consommer, pâtisseries, douceurs, lessives ou cosmétiques: selon le WWF, un produit sur deux vendu dans nos supermarchés contient de l’huile de palme ou de noix de palmiste.
Les propriétés de cette huile tropicale sont intéressantes; elle est solide à température ambiante, convient donc très bien à la transformation. De plus, son goût est agréable. Et surtout, la culture du palmier à huile est très rentable. Un hectare de plantation produit 3500 litres d’huile par an; en comparaison, un hectare de colza n’en fournit que 350 à 600 litres. Il n’est donc pas étonnant que l’huile de palme soit aujourd’hui l’huile végétale la plus consommée. En 2013, sa production totale s’est élevée à 56 millions de tonnes, dont près de 85% en provenance d’Indonésie et de Malaisie. Le principal marché de l’huile de palme est l’Asie. L’Europe en absorbe environ 12%.
Revers de la médaille: pour cultiver des palmiers à huile, on défriche souvent des forêts pluviales de grande valeur. La monoculture de palmiers à huile entraîne une diminution de la biodiversité et une surexploitation des sols. Dans certaines régions, elle est source de conflits sociaux car elle chasse les populations de leurs villages. De plus, elle réduit l’habitat d’espèces menacées comme le tigre et l’orang-outang. «L’augmentation importante de la production a été la source de tous les déséquilibres», déclare Claudia Staub, responsable de projet durabilité chez Coop.
Pour répondre à cette problématique, la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO) a été créée à l’initiative du WWF, en 2004. Cette table ronde sur l’huile de palme durable réunit producteurs, négociants et acheteurs. Coop y participe depuis le début.

«

L’huile de palme est partout: cela va des branches de chocolat aux détergents»

La RSPO a pour but d’encourager la culture écologiquement et socialement responsable du palmier à huile. Ce qui compte, c’est l’interdiction du défrichage des forêts primaires et d’habitats naturels écologiquement précieux. Parmi les critères élaborés par la table ronde, on trouve la protection des plantes et des animaux menacés, l’interdiction du travail des enfants, le paiement de salaires minimaux et le respect des règles légales en matière, notamment, d’aménagement du territoire et de droit de propriété.
D’ici 2015, pour les produits alimentaires de ses marques propres, Coop ne souhaite commander que de l’huile de palme de plantations respectant les principes de la RSPO et certifiées par elle (lire encadré). Cela concerne grosso modo la boulangerie, un secteur où un produit sur trois contient de l’huile de palme, selon son responsable Christoph Stalder: «Les pâtes feuilletées ou brisées et de nombreux autres produits nécessitent des graisses solides et non pas d’huile.» Or, il faut d’abord durcir les autres huiles selon un procédé chimique.
Filiale de Coop, la chocolaterie Halba, à Wallisellen (ZH), transforme aussi de l’huile de palme. «On en trouve dans les fourrages au chocolat, car elle leur confère leur fondant délicat», précise Philipp Mettler, du secteur durabilité. C’est aussi le cas pour les branches au chocolat et les pralinés.
Chez Steinfels Swiss, division de Coop qui fabrique des lessives et des détergents, on utilise aussi de l’huile de palme pour produire des tensioactifs ou agents actifs de lavage. «Comme ces matières nous parviennent après x étapes de transformation, il est difficile de recevoir de la marchandise qui provienne physiquement de plantations certifiées», explique Beat Müller, responsable recherche et développement. C’est pourquoi Steinfels s’engage dans l’achat de certificats servant à encourager la production durable d’huile de palme. Claudia Staub est confiante et pense qu’on est sur la bonne voie. Aujourd’hui, 17% des plantations de palmiers à huile sont certifiées d’après les normes RSPO.

D’ici 2015: uniquement de
 l’huile de palme durable

Les produits alimentaires des marques propres de Coop contiennent environ 3000 tonnes d’huile de palme et les produits non alimentaires 500 tonnes. Coop souhaite que d’ici 2015, tous les produits alimentaires de ses marques propres contiennent exclusivement de l’huile de palme de culture durable, provenant physiquement de plantations certifiées d’après les critères de la RSPO (voir article principal). Cela concerne surtout le secteur boulangerie et la chocolaterie Halba. Dans le secteur boulangerie, trois quarts des graisses de palme utilisées proviennent déjà de canaux certifiés. Son responsable, Christoph Stalder, croit fermement que l’objectif sera atteint d’ici 2015. Chez Chocolats Halba, 70% des produits contenant de l’huile de palme ont été convertis à l’huile certifiée. Les 30% restants le seront d’ici juillet.

www.coop.ch/palmoel

Nicole Hättenschwiler

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Photo:
Yannick Andrea
Publication:
lundi 09.06.2014, 11:15 heure