L’abbaye se situe sur une ancienne grande voie commerciale, qui servait notamment pour acheminer du sel de Franche-Comté.

Vénérable abbaye à la campagne

En 300 ans qu’elle fête en 2014, elle a vécu plusieurs existences mouvementées, l’abbatiale de Bellelay (BE). C’est un miracle qu’elle s’affiche si fringante dans son écrin de verdure. Visite.

Selon la légende, vers 1136, Siginand, prévôt du chapitre de Moutier-Grandval, aurait fait le vœu d’établir un lieu de culte à Bellelay, dans le Jura bernois, après un incident de chasse. C’est ainsi que l’abbaye de Bellelay serait née.

C’est une impression de grandeur qui domine lorsqu’on arrive à la hauteur de ses jardins, au gazon impeccablement taillé, et que celle-ci vous fait face. Les arbres ont d’ailleurs adopté la même coupe. Un peu plus avant, on pénètre dans l’abbatiale, soit l’église de l’abbaye, pour admirer une somptueuse église-halle, malheureusement saccagée à la fin du XVIIIe siècle, mais heureusement restaurée depuis. Sa voûte très haute toise presque le visiteur, qui, en gardant le regard fixé sur les hauteurs, ne peut qu’admirer le splendide orgue, entièrement reconstruit et qui se marie fort bien dans le décor ambiant. «Cet orgue et c’est rare, peut jouer le répertoire du XVIIIe siècle», indique René Koelliker, chargé de projets auprès de Jura Tourisme.

Vue de la cour intérieure à partir du sommet de la tour sud.

L’Autrichien Franz Beer a été l’architecte de l’abbatiale, selon le modèle des églises baroques du Vorarlberg. «Il en a réalisé plusieurs autres, notamment celle de Rheinau, dans le canton de Zurich, poursuit René Koelliker. On ne sait pas vraiment pourquoi les moines de Bellelay l’ont choisi. C’est en tout cas la preuve qu’ils avaient beaucoup de contacts.»

Au fil du temps et aujourd’hui encore, l’abbatiale est devenue un lieu de rencontres culturelles. Il vaut la peine de grimper au sommet de la tour sud de celle-ci afin d’avoir une jolie vue panoramique sur le domaine de Bellelay, qui inclut la fromagerie de Tête de Moine et l’hôtel de l’Ours. Au loin et par temps clair, on distingue le clocher proéminent de l’église de Sornetan.

De l’extérieur, le style baroque de l’abbaye peut sembler un brin austère. Ce n’est plus du tout le cas lorsqu’on pénètre à l’intérieur, comme on l’a vu avec l’église-halle. Sentiment identique en découvrant l’immense cloître. Du côté de la route qui descend sur Châtelat s’affiche le plus grand jardin en terrasses baroque de l’Arc jurassien, voire du canton de Berne, sur une longueur de 190 m pour une largeur de 35 m. 

Le magnifique orgue de l’abbatiale, entièrement reconstruit.

L’abbaye de Bellelay, qui respire une belle sérénité, fut d’abord habitée par des chanoines venus de l’abbaye du lac de Joux (VD). C’est à partir de la fin du XVIIe siècle que commença l’époque la plus glorieuse de Bellelay avec des constructions grandioses, qui existent toujours, telle l’auberge (l’hôtel de l’Ours désormais).

Au début du XVIIIe siècle, Bellelay hébergea – sans les faire payer – de nombreux voyageurs et distribuait gratuitement du pain. Elle entretenait et élevait parallèlement des orphelins issus de paroisses où était prélevée la dîme. Fin 1797, religieux et élèves furent chassés par les troupes françaises de la Révolution, qui occupèrent la place avant qu’elle ne soit pillée.

Une cuve de la fromagerie où est brassé le lait pour la Tête de Moine.

Le canton de Berne la racheta en 1891 pour en faire un asile dévolu aux malades mentaux. Ce qu’elle est encore. Cette nouvelle affectation tomba à point nommé, car l’abbaye était tombée en disgrâce à la suite de divers changements de rôle – brasserie, entrepôt, écurie…

Le fromage à pâte mi-dure lisse et sans trou Tête de Moine AOP, conçu au XIIe siècle, est indissociable de l’abbaye puisque les moines qui l’habitaient en sont à l’origine. Le nom proviendrait de la ressemblance entre son aspect décalotté et le crâne tondu des moines. L’édifice est proche des magnifiques paysages préservés des Franches-Montagnes, (re)connus loin à la ronde pour leurs chevaux et leurs sapins majestueux. L’occasion de prolonger son séjour dans une région bucolique à souhait.

L’hôtel de l’Ours (11 chambres) est aussi un restaurant et un lieu culturel.

Tête de Moine: produit phare

Anniversaire. L’abbatiale de Bellelay fête donc son 300e anniversaire en 2014. L’épicentre des festivités est prévu du 13 au 15 juin. Des concerts de musique traditionnelle, classique ou contemporaine, des expositions modernes et historiques interactives, des animations ludiques, ateliers didactiques, etc., vont être organisés, tout au long de 2014.

Tête de Moine. Ce célèbre fromage, qui se coupe avec la non moins renommée girolle, est un fromage de dessert et de table, fabriqué uniquement avec du lait complet des meilleurs pâturages du Jura. Il s’exporte partout dans le monde.

Fromagerie historique. Découvrez, à travers plus de 800 ans d’histoire, l’épopée fantastique de la Tête de Moine en visitant la fromagerie historique et le musée de la Tête de Moine.  

Hôtel de l’Ours. Longtemps, ce bâtiment, qui date de 1500 environ, a été la principale auberge à des lieues à la ronde. Il abrite un restaurant de qualité, 11 chambres orientées au sud, ainsi que des espaces dédiés à des manifestations artistiques. Un projet de spa tout en bois est à l’étude.

www.bellelay.ch

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Didier Walzer

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo/Arkive.ch
Publication:
lundi 28.04.2014, 15:48 heure

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