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Que ce soit pour des textiles d’Inde ou des fraises d’Espagne, Coop s’engage pour des conditions de travail correctes.


Pour la sécurité des travailleurs

Créée il y a dix ans, la Business Social Compliance Initiative (BSCI) s’engage pour un commerce socialement responsable. Coop en est membre depuis 2005 et Sibyl Anwander en préside le comité de pilotage.

Sibyl Anwander est responsable du domaine Politique économique/développement durable chez Coop.

Sibyl Anwander est responsable du domaine Politique économique/développement durable chez Coop.
Sibyl Anwander est responsable du domaine Politique économique/développement durable chez Coop.

Coopération. Qu’a réalisé la BSCI en dix ans?
Sibyl Anwander. Grâce à la BSCI, plus de 1000 entreprises s’engagent à faire appliquer des normes sociales minimales par les usines. De par sa taille, ce groupe jouit d’une grande force de négociation. Ainsi, des thèmes comme la sécurité, les salaires équitables ou les horaires de travail ont gagné en importance. Le travail des enfants a presque disparu des entreprises exportatrices. La Chine a modifié sa loi sur le travail pour l’adapter aux lois occidentales. En Thaïlande aussi, les responsables ont compris qu’il fallait réduire les horaires de travail et augmenter les salaires. Aujourd’hui, nous recensons davantage d’entreprises bien auditées. De nombreuses formations ont eu lieu dans les entreprises de production et les parties prenantes (usines, gouvernements, etc.) se sont réunies à maintes reprises pour des tables rondes.

Que contrôle-t-on lors d’un audit?
Les audits servent à contrôler si et par quels moyens les fabriques respectent les exigences sociales. L’inspecteur examine les points critiques, par exemple le travail des enfants, les conditions d’hygiène, la présence d’eau potable et l’accessibilité des sorties de secours. Il vérifie aussi que les produits chimiques sont correctement étiquetés et entreposés. Il contrôle encore la comptabilité, le respect de la protection des employés et des horaires de travail. Enfin, il interroge les employés de l’entreprise. C’est un volet important de l’audition, car ces entretiens permettent de vérifier si ce que dit la direction est exact.  

Ces audits écartent-ils le risque d’un drame tel que celui survenu au Bangladesh?
Non, il n’y a pas de garantie. Un malheur peut toujours arriver. Les audits BSCI se concentrent sur les aspects sociaux, ce ne sont pas des inspections techniques. Ces dernières sont de la compétence des autorités locales. Voilà pourquoi la BSCI recherche le contact avec les autorités du Bangladesh, afin de trouver des solutions ensemble. Les entreprises touchées par le scandale là-bas ne sont pas liées à la BSCI, même pas indirectement. Avant d’envisager une collaboration, la BSCI met un point d’honneur à bien sélectionner les entreprises. Elle mise aussi sur les relations commerciales de longue durée et les contacts personnels.  


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La Chine a modifié sa loi sur le travail pour l’adapter aux lois occidentales»

Quels sont les domaines concernés par les normes BSCI?
Jusqu’à présent, les normes concernent surtout la dernière étape de fabrication, par exemple les ateliers de couture, les fabricants de meubles ou d’outils. Cependant, on attend aussi des échelons en amont qu’ils respectent les principes de la BSCI. Pour la gamme Coop Naturaline, nous inspectons aussi les usines en amont (filature, teinture) et vérifions qu’elles appliquent les standards sociaux. En principe, dans les pays à risque, toutes les usines qui fournissent à Coop des articles alimentaires ou non-alimentaires sont auditées selon le Code de conduite BSCI.

Comment le client sait-il qu’un produit provient d’une entreprise auditée par la BSCI?
Cela ne se voit pas sur le produit ni sur son emballage. En effet, BSCI n’est pas un label, mais une norme minimale. Cette norme garantit l’application correcte des lois du travail et des conventions internationales dans le domaine du travail. Les usines ne reçoivent pas de certificat, mais sont engagées dans un processus d’amélioration continue.

Alors à quoi se référer?
On peut se référer d’une part aux labels, par exemple Coop Naturaline. D’autre part, il faut bien se rendre compte qu’un T-shirt à 3 francs ne peut en aucune façon être issu de la production durable. A un tel prix, soit le personnel est sous-payé, soit c’est l’environnement qui trinque.

Un produit satisfaisant aux critères BSCI est-il plus cher?
Comme plus de 1000 sociétés (détaillants, commerces, marques) travaillent selon les normes BSCI ou selon des systèmes semblables, les frais sont les mêmes pour tous. En fin de compte,  le client ne doit pas payer davantage.

Comment procède Coop pour faire appliquer la BSCI?
Coop se fixe à l’interne des buts clairs et établit chaque année des rapports sur l’état de leur mise en œuvre. Pour ses relations commerciales, Coop mise si possible sur le long terme. L’essentiel est sans doute de sensibiliser les clients, mais nous avons aussi transmis le message à nos importateurs, pour qu’ils forment et auditent leurs usines selon les normes BSCI.

La BSCI, c’est quoi?

La plateforme BSCI réunit déjà plus deb 1000 entreprises qui établissent ensemble des normes à l’intention de leurs partenaires commerciaux. Lors d’audits, chaque entreprise membre se réfère aux critères communs en matière de production; les autres membres en reconnaissent les résultats. Ce système est très efficace, car il évite la multiplication des audits. Comme elles n’ont pas à contrôler elles-mêmes tous leurs fournisseurs, les entreprises membres peuvent accorder plus d’importance à la formation des cadres et des employés de leurs fournisseurs. Il existe en Suisse un groupe de contact
national des entreprises membres de la BSCI, dont Coop fait partie.

www.bsci-ch.org/fr

Etude de la HSG: résultats après dix ans d’activité de la BSCI

La Haute école de Saint-Gall (HSG) a réalisé une étude à l’occasion des 10 ans de la BSCI. Cette étude comporte, outre un historique, un aperçu des activités actuelles. Elle analyse les résultats de la BSCI et présente divers scénarios de développement. Les auteurs de l’étude sont Joerg S. Hofstetter, professeur assistant de gestion logistique, et Marc Mueller, doctorant à la chaire de gestion logistique de la HSG.

www.bsci-ch.org/fr

Photo:
Georgios Kefalas, Heiner Schmitt, Marius Born / Texte: Noëmi Kern
Publication:
lundi 01.07.2013, 15:56 heure