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«J’aime le Japon et la Suisse, le Japon étant la Suisse de l’Asie  et réciproquement.»
Valérie Lemercier, actrice et réalisatrice, dont le prochain film, «100% cachemire», sort demain 11 décembre sur les écrans romands.



«On choisit son mari mais pas son enfant»

L’invitée. La piquante humoriste a décidément tous les talents: après le théâtre, le chant, l’illustration et même la mode, Valérie Lemercier nous tricote une tragi-comédie au poil et «100% cachemire». Rencontre.

Bande-annonce

Coopération.  «100% cachemire», que vous avez écrit et réalisé, aborde le thème de l’adoption. On rit beaucoup, et en même temps, mieux vaut se munir de kleenex...
Valérie Lemercier.  Bien sûr, l’enfance est un sujet délicat, avec lequel je ne pouvais être ni cynique ni légère. On ne pouvait pas refaire La soupe aux choux. C’est une tragi-comédie. On touche à un sujet très sensible et universel, car tout le monde a des enfants, est l’enfant de quelqu’un. Aleksandra, mon personnage, est quelqu’un qui n’a pas de mère et qui a du mal à le devenir.

Vos précédents films («Le derrière», «Quadrille», «Palais Royal») étaient tout de même plus légers…
Le derrière touchait au sujet délicat de l’homosexualité… Non, en y réfléchissant bien, je ne filme que des mondes luxueux et fermés dans lesquels il est difficile de trouver sa place.
Dans 100% cachemire, c’est aussi un monde fermé et luxueux, avec un couple qui n’est pas adapté pour adopter, et c’est pour l’enfant que c’est compliqué de trouver sa place.

Le point de départ du film est un fait divers plutôt sordide?
C’est un fait divers qui s’est passé en avril 2010: une Américaine adopte un petit Russe et le rejette. J’étais en vacances en Suède et je me souviens avoir noté sur le papier de l’hôtel: faire un film sur cette histoire, mais le situer dans le monde de la mode. Un monde où l’on choisit tout, en permanence. Alors qu’un enfant, tout au contraire de la mode, on ne peut pas le choisir. C’est bien le hic: on choisit son mari mais pas son propre enfant, celui qui arrive existe à part entière.

«

A Lausanne, 
j’ai été cueillie par l’accueil, la vivacité des réactions»

Vous avez des enfants vous-même?
Non, je n’ai pas d’enfants. 

Avez-vous été confrontée à l’idée de l’adoption?
Non. Ou plutôt si, car j’ai adopté, entre guillemets, un beau-fils, un petit garçon: je suis devenue belle-mère à temps partiel. Le film est donc né de ce fait divers et d’un fait pas divers du tout, mais très personnel: m’être vue capable, à ma grande surprise, de m’occuper d’un enfant. J’ai essayé de réunir cette chose très gaie, très joyeuse, et cette histoire très glauque. Le tout vu à travers les yeux d’Aleksandra.

C’est la première fois que vous écrivez un scénario seule: comment avez-vous travaillé?
J’avais donné un deadline à mon producteur, car sans ça je ne fiche rien… J’ai fait de grosses courses, mis ma tenue de combat et me suis enfermée trois semaines dans mon atelier. J’ai écrit le premier jet en travaillant de 5 heures du matin à minuit.
Entre-temps, j’avais posé quelques questions à ma cousine et à des copains qui ont adopté. Et sur le monde de la mode, je me suis beaucoup inspirée de September Issue, documentaire que j’ai offert à toute l’équipe. On y découvre qu’Anna Wintour est une grande flippée qui veut faire plaisir à son papa et qui est accrochée à son gobelet de starbuck… Je trouvais marrant de voir que les gens qui font la loi dans le monde de la mode sont de grosses flippettes.
Vous avez défilé pour Gaultier, créé des accessoires: vous êtes vous-même une fashion victim, non?
J’ai défilé pour Jean Paul Gaultier et il m’avais promis de m’offrir une robe haute couture, mais en fait, je me suis dit que je préfèrerais lui casser son défilé pour les besoins du film… Bref, il nous a laissés tourner pendant un vrai défilé.
Quant aux accessoires, à la demande d’Azzaro, j’ai créé une mini-collection en vernis bleu marine. J’ai adoré.

Et en plus, vous dessinez: vous créez les affiches de vos spectacles?
J’ai fait un bac artistique. Et là, je viens de faire un dessin animé qui sortira dans trois ans. Il s’appellera Nini dans les grands magasins: le scénario est écrit depuis longtemps et on est en train de le fabriquer, un travail énorme, très long, très cher…

Et en plus vous chantez!
C’est un accident: j’adore quand Marc Lavoine me demande de faire un duo avec lui, mais je crois que d’autres font ça mieux que moi. Il faut faire ce qu’on sait faire.

«

Faire une carrière américaine? Ça ne m’a jamais traversé l’esprit»

On vous verra aussi beaucoup l’année prochaine?
Je répète la pièce Un temps de chien, et serai sur les planches en janvier, au Théâtre Montparnasse. On vient aussi de finir le tournage des Vacances du Petit Nicolas, à l’écran en juillet.
Pourriez-vous imaginer, à l’instar de Marion Cotillard ou Jean Dujardin, faire une carrière américaine?
Ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Si on vient me chercher, évidemment, j’irai mais je crois qu’ils ont tout ce qu’il faut en magasin…
Ce que fait Marion Cotillard, elle l’a voulu, elle en a rêvé, elle travaille énormément: il faut que ce soit un rêve, ça n’en est pas un pour moi.

Et la Suisse: vous y venez souvent, comment vous y sentez-vous?
J’aime le Japon et la Suisse, le Japon étant la Suisse de l’Asie et réciproquement. J’aime la sophistication dans le bon sens du terme.
La première fois que je suis venue jouer au Théâtre Beaulieu à Lausanne, il y a une vingtaine d’années, je ne savais pas à quoi m’attendre: j’ai été cueillie par l’accueil, la vivacité des réactions, ça reste une de mes meilleures représentations. Les gens sont respectueux, pas intrusifs, je me sens très bien en Suisse.

Portrait express

Valérie Lemercier

Actualité. «100% cachemire», de et avec Valérie Lemercier, Gilles Lellouche, Marina Foïs. Sortie le 11 décembre.

Normande. Elle naît en 1964. Elle est la rigolote de sa tribu et va faire le conservatoire de Rouen.

Débuts en série. Elle décroche un premier rôle en 1988 dans la série télé «Palace»: premier succès avant celui de ses shows – qui lui vaudront trois Molières.

Cinéma. Son rôle de Béatrice de Montmirail dans «Les Visiteurs» lui vaut le César du meilleur second rôle et la notoriété. Elle enchaîne les succès: théâtre, cinéma, écriture, illustration, humour – avec un bémol pour la chanson.

Réalisatrice. «Quadrille», son premier film comme réalisatrice, sera suivi de deux autres et aujourd’hui de «100% cachemire». Valérie Lemercier y incarne Aleksandra, rédactrice en chef d’un magazine féminin. Elle forme avec Cyrille un couple en vue, qui s’apprête à adopter un petit garçon venu de Russie. Mais rien ne se passe comme prévu…

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Veronica Aldazabal
Photo:
Charly Rappo / Arkive.ch
Publication:
lundi 09.12.2013, 00:00 heure

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