À l’aide d’une fine baguette, l’étamine (mâle) est pressée à la main contre le stigmate (femelle) assurant la fécondation de la fleur.

Vanille: une orchidée à part

Madagascar La vanille est l’une des épices les plus chères au monde. Sa culture constitue un dur labeur, dont certains petits producteurs tirent parfois profit. Un exemple.

Un seul jour: c’est le temps que dure la floraison du vanillier avant que ses fleurs ne se fanent. Trop court pour que les pollinisateurs naturels fécondent toutes les fleurs d’une plante. Depuis le milieu du XIXe siècle, la pollinisation se fait donc artificiellement pour ne pas perdre une seule orchidée. Surtout à Madagascar, d’où proviennent aujourd’hui plus de 70% des gousses de vanille récoltées.
Là, aux premières heures du jour, les paysans s’engagent dans les plantations à la recherche de nouvelles fleurs. C’est le cas par exemple des plus de 620 petits producteurs de la coopérative «Association des planteurs de Mananara», au nord-est de l’île. À l’aide d’une fine baguette en bois, ils pressent à la main le pollen (mâle) contre le stigmate (femelle), assurant ainsi la fécondation de la fleur. Si l’on a recours à la fécondation manuelle, c’est aussi parce qu’il n’existe à Madagascar aucun insecte pour polliniser les fleurs du vanillier! Les animaux accomplissant cette tâche, comme l’abeille Melipona et une espèce particulière de colibri, ne vivent que dans la jungle mexicaine.

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La solution d’un esclave

Pendant des siècles, l’Espagne, par sa puissance coloniale, détient le monopole de la vanille et fixe les prix sur le marché mondial. Les tentatives des Français pour briser ce monopole en cultivant des vanilliers dans d’autres régions échouent lamentablement. C’est un esclave, Edmond Albius, qui trouve la solution en imaginant la pollinisation manuelle, en 1841, sur l’île de la Réunion, alors nommée île Bourbon. C’est de là que celle qui est aujourd’hui connue sous le nom de vanille Bourbon débarque ensuite à Madagascar et en devient l’un des principaux produits d’exportation.
La vanille est l’épice la plus chère après le safran. La fécondation manuelle n’est pas la seule raison de cette cherté. La préparation des gousses demande aussi beaucoup de temps et de travail: une fois les gousses vertes récoltées, elles sont échaudées avant d’être placées pendant 48 heures dans des caisses en bois et recouvertes de couvertures en laine. Commence ensuite le long processus de séchage, durant lequel les gousses sont alternativement placées au soleil et à l’ombre et massées. C’est grâce à ce traitement qu’elles acquièrent leur couleur brun foncé et leur goût typique.

Au profit des producteurs

Bien souvent, ce ne sont pas les petits producteurs qui profitent des prix élevés de la vanille. Sauf à la coopérative Mananara. Coop change en produits équitables divers articles comme des glaces, des yogourts ou d’autres desserts et garantit l’achat de plus de 30% de la récolte de vanille. Ce qui permet d’améliorer les conditions de vie et de travail des petits producteurs de vingt villages de la région.
En outre, la coopérative reçoit la prime Fairtrade, qui lui permet de financer la construction de ponts, d’une école et de mesures de formation continue. L’argent de cette prime aide aussi à réparer les dommages causés par les violentes tempêtes, fréquentes sur l’île.

Des actes pour le bien-être de tous

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Markus Kohler
Photo:
Rijasolo/Riva Press/Laif, Heiner H. Schmitt
Publication:
lundi 22.08.2016, 13:25 heure

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