Après sa naissance, le veau reste dix mois auprès de sa mère.

Veaux heureux nourris au lait maternel

Bien-être animal Rester le plus longtemps possible auprès de sa mère est tout bénéfice pour le veau. Et pour le consommateur aussi: il profite d’une viande savoureuse et saine.

Eddi, Fjord, Fjell ou encore Ding et Dong: Cécile Müller n’a pas besoin de réfléchir longtemps pour se rappeler du nom de chacune de ses vaches. À Ruswil, dans le canton de Lucerne, Cécile et Josef Müller possèdent 22 vaches mères et 23 veaux. Des animaux heureux qui paissent sur un domaine de 14 hectares.

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«Toutes nos bêtes ont un nom. Ce qui n’est pas évident vu leur nombre», déclare la paysanne. Pour rendre les choses plus corsées, le couple s’est fixé comme règle de toujours donner au veau un nom commençant par la même lettre que celui de sa mère.

Créer un lien personnel

«Leur donner un nom crée un lien personnel avec les animaux», précise Josef Müller. Très vite, nous nous rendons compte que ce ne sont pas seulement des mots. L’éleveur se déplace au milieu de son troupeau comme s’il en faisait partie. Le couple est, en effet, très proche de ses bovins, leur parle et en prend soin. Avec presque autant d’attention que n’en portent les vaches mères à leur veau.
Cécile et Josef Müller exploitent une ferme consacrée à l’élevage allaitant. Cela signifie qu’après sa naissance le veau reste avec sa mère, à l’étable comme au pâturage. «Les jeunes animaux peuvent ainsi être allaités par leur mère à toute heure du jour», explique Daniel Flückiger, responsable de la communication chez Vache mère Suisse. Cette «vie à deux» dure dix mois, avant le début du processus naturel de sevrage.
Élever des vaches allaitantes (ou vaches mères) n’est pas donné à tout le monde. Les directives sont strictes. La détention en stabulation libre avec pâturage en été et sorties en plein air en hiver, ainsi que des aires de repos avec litière de paille font partie des conditions. L’utilisation d’additifs accélérateurs de croissance, de protéines ou de graisses animales et de fourrages génétiquement modifiés est interdite. «Un organisme indépendant s’assure du respect de ces règles par des contrôles annuels inopinés», souligne Daniel Flückiger.

Un bénéfice pour l’homme

L’association Vache mère Suisse compte 5000 membres détenant au total plus de 90  000 vaches mères. Bien que le nombre de nouvelles affiliations ne cesse d’augmenter, l’élevage allaitant en Suisse ne représente que 12% du cheptel bovin. Il existe donc un véritable potentiel de développement.
Mais avec quel bénéfice pour l’homme? La viande de bœuf issue d’un élevage respectueux des animaux est-elle meilleure? «Une étude de l’Université de Newcastle (ndlr: nord-est de l’Angleterre) l’affirme», répond Adrian Schlageter, spécialisé dans le domaine du bien-être animal chez Coop. Cette recherche montre que, par rapport aux produits conventionnels, la viande bio contient près de 50% d’oméga 3 en plus. Ces acides gras polyinsaturés sont bénéfiques pour la santé.
Depuis plus de vingt ans, Coop s’engage dans la voie de cette exploitation durable du bétail bovin. Actuellement, plus de la moitié de sa viande de bœuf est commercialisée sous le label Natura-Beef, qui est la marque de viande issue de l’élevage allaitant.

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/62
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Andreas Eugster
Photo:
Visualimpact.ch/ Rainer Eder, SP
Publication:
lundi 25.04.2016, 13:30 heure

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