L’agriculteur bio Peter Zahner contrôle les maisonnettes conçues pour les chauves-souris fixées sur des arbres à haute tige de son verger. L’oreillard roux s’y sent très à l’aise.

Vergers: le refuge des chauves-souris

Diversité Les arbres à haute tige offrent aux chauves-souris et aux oiseaux abri et garde-manger. Il est donc particulièrement important de conserver ces arbres fruitiers.

Sur ses terres, l’agriculteur Peter Zahner cultive quelque 300 arbres à haute tige, aux pieds desquels ses vaches paissent paisiblement. Ce magnifique verger de Waldkirch, dans le canton de Saint-Gall, regorge de pommes, de poires, de quetsches et de cerises. Près de 30 espèces d’oiseaux y trouvent refuge. «On vient de voir un gobemouche noir», s’exclame l’agriculteur. Ornithologue amateur, il reconnaît la plupart des espèces d’oiseaux à leur chant.

Une nouvelle maison

Les arbres à haute tige sont un véritable paradis aussi pour les chauves-souris. Leurs branches espacées leur offrent un terrain de jeu et de chasse idéal. Peter Zahner y a recensé six espèces de chiroptères: l’oreillard roux, la noctule de Leisler, la noctule commune, le murin de Natterer, la pipistrelle commune et le grand murin.
La passion cet agriculteur pour les chauves-souris a commencé au début des années 1990. Il avait alors remarqué que de nombreuses chauves-souris avaient élu domicile dans l’étable. Au moment d’en reconstruire une nouvelle, il a tenu à ce que «ses» mammifères volants aient eux aussi une nouvelle maison.
En suivant les conseils d’un livre sur la nature, Peter Zahner s’est mis à leur construire des boîtes en bois. «Beaucoup de gens se sont moqués de moi. Ils étaient convaincus que les chauves-souris ne s’installeraient jamais dans ce genre d’abri», confie-t-il. Elles sont pourtant venues... et y sont restées!
Avant de trouver refuge chez les Zahner, les chauves-souris – y compris l’oreillard roux – vivaient dans la forêt. L’oreillard aime les arbres aux frondaisons pas trop denses. Les vergers à hautes tiges sont donc le lieu idéal pour ces animaux en période estivale. En hiver, ils hibernent dans des grottes ou des caves.

L’oreillard roux

Pas d’insecticides

Contrairement aux arbres à basse tige, ceux à haute tige ne sont pas couverts. Les animaux peuvent donc bouger librement et attraper des coléoptères et des chenilles sur les feuilles et le tronc en vol stationnaire. Et chez Peter Zahner, ce ne sont pas les insectes qui manquent: il gère une exploitation bio et refuse d’asperger ses arbres avec des insecticides.
Les chauves-souris apprécient les poiriers. Malheureusement, l’offre en poires issues d’arbres à haute tige est actuellement excédentaire et les prix ont fortement chuté. Coop a donc lancé trois boissons au jus de poires issues d’arbres à haute tige, en collaboration avec l’association Hautes-tiges Suisse et la cidrerie Ramseier: le jus de poires Coop, composé à 100 % de poires suisses issues d’arbres à haute tige, le Ramseier Hautes-tiges, ainsi que le nouveau Schorle (jus  dilué) non filtré, en contiennent environ 30 %. «J’espère que nous arriverons ainsi à inciter de plus en plus d’agriculteurs à conserver leurs poiriers.
Ce qu’ils ne pourront faire que si le jeu en vaut la chandelle économiquement parlant», souligne Peter Zahner.

Nombre d’arbres à hautes-tiges

Légère hausse depuis 2010

Source Hautes-tiges Suisse; infographie Rich Weber

Des actes pour le bien-être de tous

www.des-paroles-aux-actes.ch/195
Toutes les paroles aux actes
texte:
Deborah Lacourège
Photo:
René Güttinger, DR
Publication:
lundi 08.08.2016, 13:30 heure

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