Détendu: Joos Sutter dans son bureau au 12e étage du siège de Coop à Bâle.

Visionnaire: «Nous voulons Surprendre»

Bilan Joos Sutter, directeur de Coop, passe en revue une année 2017 fructueuse et envisage l’avenir avec confiance, tout en restant vigilant, à l’image de ses visites dans les filiales où il prête attention à chaque détail.

Joos Sutter, il y a un an, vous nous disiez vouloir passer plus de temps avec votre famille en 2017. L’objectif est-il atteint?
(Il rit) Disons qu’il me reste des progrès à faire. Cependant, l’essentiel pour moi est de partager avec ma famille les moments importants et par bonheur, j’y suis parvenu.

Quels événements marquants retenez-vous de l’année écoulée?
D’abord l’ouverture de notre premier mégastore selon le nouveau concept. Nous y offrons à notre clientèle un cadre unique réalisé avec le souci du détail, et qui met l’accent sur l’artisanat et les produits régionaux: de la «Maison du fromage» avec plus de 200 variétés au torréfacteur, en passant par la production de saucisses maison.
Un autre moment fort fut l’ouverture de notre nouveau centre logistique à Pratteln dont dépend notamment la production des chocolats Halba distribués dans 20 pays et à des détaillants internationaux. Par ailleurs, la plus grande de nos entreprises de production, le Bell Food Group, se développe de manière prometteuse et renforce encore sa position de leader dans les produits Convenience grâce à la reprise de Hilcona.

Il se passe aussi des choses au niveau international…
Oui, Transgourmet, qui a bien progressé cette année, occupe actuellement une position de leader dans le commerce de gros pour la restauration en Europe. En 2017, nous avons considérablement développé nos services en ligne et nos services numériques à l’intention des restaurateurs, notamment grâce à différentes acquisitions.

La réouverture de la filiale Coop à Thusis, où vous avez grandi, a certainement été un moment fort pour vous.
Très fort, oui. Imaginez: une affluence de 500 personnes, la grand-rue a même été fermée! J’ai parlé avec des personnes que je n’avais pas revues depuis 30 ans. C’était saisissant.

Enfant, de quelle carrière rêviez-vous? Sûrement pas de diriger Coop.
(Il rit) Non, bien sûr! À vrai dire, mes rêves d’enfant ne concernaient guère le travail. Plutôt conduire des voitures ou aller à la pêche…

Allez-vous souvent dans les filiales? À quoi prêtez-vous attention?
Je veille à passer un à deux jours par semaine dans les magasins. Ayant été chef de vente chez Interdiscount, je connais le métier de A à Z et prête attention à chaque détail, c’est devenu un automatisme: la signalétique est-elle bonne, la propreté assurée, les drapeaux sont-ils hissés, les places de parking assez larges, les rayons remplis, le service adéquat?

Vous devez être le cauchemar des responsables de filiales!
Non, pas du tout! En général, tout va bien et je n’ai rien à critiquer. Je suis simplement vigilant, c’est une seconde nature. Je ne me rends pas dans les filiales en donneur de leçons mais pour écouter. C’est ma tâche principale: écouter celles et ceux qui sont en première ligne.

Quelles sont les préoccupations des collaborateurs?
Des choses concrètes: les retards de livraisons, les plans de travail ou la présentation des articles. Très souvent, nous parlons produits: ce qui plaît à la clientèle, les efforts que nous devons encore faire, etc. Les collaborateurs des filiales sont incroyablement engagés.

Le personnel de vente s’inquiète-t-il de la numérisation dont il est tant question?
Pas vraiment. La numérisation est présente dans les filiales depuis longtemps. Ça a commencé avec le paiement par carte de crédit, puis sont venus les commandes automatiques et le self-scanning. Le personnel a fait de bonnes expériences avec les nouvelles technologies, ce qui le rend réceptif et intéressé.

L’an prochain, Naturaplan fêtera ses 25 ans. Tout un symbole pour Coop.
Rétrospectivement, on peut dire que ce fut une décision visionnaire. Naturaplan a eu un impact énorme sur Coop; et depuis, la durabilité est dans nos gènes. Aujourd’hui encore, cette décision
historique influence le quotidien dans tous les domaines: celui de l’offre dans les filiales, la manière dont nous construisons et transportons. Nous avons aussi montré la voie en choisissant les meilleurs partenaires et en appliquant les standards les plus stricts du label au bourgeon bio pour mettre en œuvre notre concept Naturaplan.

Et tout cela s’est fait sans accrocs?
Bien au contraire! Il y a eu des frictions et des débats acharnés. Mais c’est justement de surmonter ces obstacles qui nous a rendus meilleurs. En fin de compte, l’engagement de Coop a été le point de départ de l’agriculture bio en Suisse. Sans Naturaplan, l’agriculture suisse serait très différente. Le mouvement Naturaplan a modifié Coop et nos campagnes en profondeur.

Finira-t-on par ne trouver que du bio chez Coop?
Non, cela ne correspond pas à notre vision. Nous tenons à laisser le libre choix à notre clientèle. Les personnes qui choisissent le bio doivent le faire par conviction et non par contrainte.

Un mot encore sur un sujet qui était sur toutes les lèvres en 2017: les produits à base d’insectes chez Coop. S’agit-il d’un succès ou d’un simple gag?
Voyez-vous, chacun a une relation aux insectes, de la piqûre de moustique aux vers de terre dans le jardin. Le sujet touche donc les gens de près. À ceci s’ajoute une préoccupation des plus sérieuses: comment allons-nous nous approvisionner et nous nourrir à l’avenir? Il ne s’agit pas d’une plaisanterie, mais d’une décision bien réfléchie.

En conclusion, qu’ambitionnez-vous pour 2018? Je vous demanderai l’an prochain si vous estimez avoir atteint votre objectif.
Au niveau personnel, je souhaite faire davantage de sport et passer plus de temps avec ma famille. Concernant Coop, j’espère que nous continuerons de surprendre et d’enthousiasmer notre clientèle.

Joos Sutter envisage l’avenir avec optimisme.

Joos Sutter (53 ans)

Joos Sutter est président de la Direction générale du groupe Coop depuis 2011. Après des études en sciences économiques à la Haute École de Saint-Gall (HSG) et une formation complémentaire d’expert-comptable, le Grison est entré dans le groupe Coop en 1996, par le biais d’Import Parfumerie. Marié, père de trois fils, il est passionné de moto et de pêche à la mouche.

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.










Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Markus Kohler
texte:
Silvan Grütter
Photo:
Heiner H. Schmitt
Publication:
mercredi 27.12.2017, 06:02 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?