À Verbier, aux Attelas (2700 m), décembre 2014.

Xavier Rosset: Alors c’est quoi, l’aventure?

Rencontre Enfant, Xavier Rosset rêvait d’être chauffeur aux States. Il est devenu snowboardeur. Il est aventurier. Il nous dit comment il vit ses rêves. Et voit 2015.

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Je vous souhaite de pouvoir faire ce que vous aimez »

Xavier Rosset, vous nous accueillez à Verbier, au milieu des montagnes où vous avez grandi. Quel lien y gardez-vous, entre deux voyages autour du monde?
Verbier c’est chez moi, c’est là où mon grand-papa a grandi et d’où je tire mes racines. Après chaque voyage je dois revenir ici, c’est important pour me ressourcer. Mais j’avoue que je ne pourrais pas y rester tout le temps. À un certain moment, j’ai besoin de partir.

D’où tirez-vous cette fibre d’aventurier?
Quand j’avais 8 ans, je rêvais d’être chauffeur poids lourds aux États-Unis. Tout ce que je voyais des USA à la télé étaient la liberté et le voyage. Ça a façonné mon imaginaire. Et durant les vacances d’été, nous restions en famille à Verbier pour faire des balades en montagne. Au fil des saisons, je rencontrais donc des touristes, qui parlaient une autre langue, vivaient dans un autre pays. Ça m’intriguait tellement que mon père devait sortir une carte du monde pour m’expliquer. Je me souviens aussi que l’école était pour moi une injustice, car je le ressentais comme une privation de liberté.

Mais entre l’envie de voyager et partir à l’aventure, il y a une différence…
J’y suis allé par étapes. En commençant par des compétitions de snowboard qui m’ont amené sur le podium de l’XTreme en 2005. Ensuite, avec des amis, nous sommes partis faire une face en snowboard en Bolivie. En me donnant les moyens et en m’entraînant, j’ai fini par réaliser des rêves et acquérir de la confiance en moi. Et tout à coup rien ne m’a semblé impossible.

Ensuite vous êtes parti 300 jours, seul, sur l’île déserte de Tofua dans le Pacifique Sud. Pourquoi un tel changement?
Après les compétitions de snowboard, j’ai eu envie de voyager. Je me suis alors dit que je pourrais tester une expérience tout à fait nouvelle, à l’opposé de ce que j’avais vécu jusque-là. Je connaissais la montagne, j’ai donc choisi l’océan. J’avais vécu au froid, je suis allé au chaud. De nature sociale, j’ai cherché la solitude. Tout ça pour découvrir le monde et apprendre à me connaître dans de nouvelles configurations. Aujourd’hui, j’ai découvert des capacités mentales et physiques que je n’aurais jamais explorées en restant dans une vie routinière.

Vous arrive-t-il d’avoir peur?
Je n’ai peur de rien mais je fais attention à tout. (Rires) Sérieusement, j’accepte les risques que je prends mais fais tout pour m’en prémunir. La peur est une assurance vie dans ce genre d’aventure car elle te montre tes limites. Au fil des expériences, j’ai appris à les repousser, petit à petit.

Votre idéal est de vivre libre et d’être disponible à toute aventure. Cela suppose des sacrifices…
On ne peut pas tout avoir. Pour vivre mes rêves, je sacrifie parfois beaucoup de choses. En partant sur Tofua, j’ai laissé mon amie de quatorze ans à Verbier. J’ai quitté mes parents qui se faisaient beaucoup de soucis. Mais pour être heureux, j’ai besoin de cette liberté. Je remercie mes proches d’accepter mes choix et j’essaie de leur rendre l’énergie positive que ces expériences m’apportent. Aujourd’hui, j’ai choisi ma vie et je sais que je n’aurai certainement pas d’enfant, ni de grande maison à crédit, ni de comptes en banque qui débordent.

«J’aspire à la découverte de notre terre»

«J’aspire à la découverte de notre terre»
«J’aspire à la découverte de notre terre»

Aujourd’hui vous organisez des expéditions sur Tofua pour des gens en mal d’aventure. Est-ce que ça fonctionne de transposer son expérience?
Quand je suis rentré de Tofua, on m’a demandé de donner des conférences. Ce qui m’a marqué, c’est qu’énormément de gens sont venus me dire qu’ils n’aimaient pas leur travail, s’ennuyaient ou n’avaient pas de rêves. Tout en me congratulant pour mon courage. Alors, je leur ai proposé de partir un mois sur Tofua pour tenter l’expérience. Beaucoup se sont défilés et n’ont pas osé le changement. Car c’est difficile de lâcher un acquis pour un rêve. Ceux qui partent vivent à coup sûr une expérience en fonction de leurs ambitions, de leurs motivations, de leurs peurs, etc.

Et pour 2015, quels sont vos vœux?
Je souhaite à tous les lecteurs de pouvoir faire ce qu’ils aiment le plus souvent possible! Quant à moi, je vais tenter, comme toujours, de regarder le monde avec un œil neuf. Je compte passer l’hiver à Verbier, puis un mois sur Tofua au printemps, avant de me consacrer à la préparation de ma nouvelle expédition.

«La machette, le seul outil embarqué sur Tofua»

«La machette, le seul outil embarqué sur Tofua»
«La machette, le seul outil embarqué sur Tofua»

Quelle aventure vous attend en 2016?
L’expédition s’appelle «Fly the World». En gros, ce sera un voyage tout autour de la planète, entre l’air et l’eau, la terre et le feu. En partant avec un réalisateur, je veux montrer une belle image du monde, car les médias se chargent déjà de nous montrer sa misère. Le but est encore une fois de transmettre une image positive, d’encourager les gens à découvrir leur passion et à la suivre.

4 dates dans la vie d’un aventurier

1976 Naissance à Verbier, le 27 juin – un dimanche ensoleillé.

2005 Fin mars, deuxième à l’XTreme de Verbier, compétition emblématique dans le monde du freeride.

2008 Part pour Tofua, une île déserte dans le Pacifique Sud pour 300 jours. Son site: www.vivelavie.ch

2016 En octobre, il s’en ira pour une nouvelle expédition, nommée «Fly the World», autour du globe.

Le site de Xavier Rosset «Vive la vie»

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Texte: Sophie Dorsaz

Photo:
Olivier Maire, SP
Publication:
dimanche 28.12.2014, 23:20 heure



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