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Le designer suisse a gardé l’idée de la croix suisse et des montagnes sur les nouvelles bouteilles de Rivella.

La nouvelle bouteille Rivella.

Yves Béhar: au top, de Lausanne à San Francisco

Design Yves Béhar est né à Lausanne et y a passé son bac. Dans l’agence qu’il a créée en Californie, il vient de donner un nouveau look à Rivella.

Il a été nommé designer industriel le plus influent au monde par le magazine Forbes. Depuis plus de vingt ans, le Lausannois Yves Béhar est installé à San Francisco. Son agence Fuseproject a révolutionné l’approche du design en se basant sur les expériences liées aux marques. Maintes fois primée, Fuseproject a récemment collaboré avec deux sociétés suisses, Rivella et les montres Movado. Nous le rencontrons lors de son récent passage en Suisse. 

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C’est vous qui avez réalisé le nouveau visuel de Rivella. Et c’est la première fois que vous, qui êtes né à Lausanne, collaborez avec une entreprise suisse!
Oui. C’est presque étrange. Quand j’ai reçu l’appel de Rivella, ce qui m’a tout de suite plu est le fait que l’entreprise soit hyper-locale, familiale. Elle est connue par tout le monde en Suisse. Son image a même un côté patriotique. J’ai trouvé intéressant de faire évoluer cette marque et de réinventer ces codes suisses très utilisés: les montagnes, la croix blanche. Le but est d’amener des éléments d’innovation, même pour des produits non technologiques et de haute consommation.

Comment se déroule le processus de création quand on touche à l’identité visuelle d’une marque grand public?
L’idée est d’amener un niveau de qualité et de finition. C’est la philosophie de fuseproject. Et même si Rivella est très connue localement, elle reste une petite marque. Il y a donc la possibilité d’innover plus rapidement, de prendre plus de risques. L’important est de démarrer le travail de design à partir des fondamentaux de la marque. De là, on peut recréer quelque chose de complètement différent tout en restant lié à l’histoire de Rivella. Pour ces bouteilles, on a ainsi gardé l’idée de la croix suisse et des montagnes mais en les présentant de manière plus abstraites, moins littérales.

Quel est votre lien personnel avec Rivella?
Je me rappelle de Rivella à l’époque des grands jours de l’équipe suisse de ski dans les années 1980. J’ai aussi fait de la course à pied et je me souviens de Morat-Fribourg à mes 16 ans. À l’arrivée, la première chose qu’on buvait c’était un Rivella.

Vous dessinez des objets dans des domaines très variés (sport, lifestyle, objets connectés). Quel est le dénominateur commun de vos réalisations?
C’est avant tout notre façon de travailler. Notre agence n’a pas un style particulier qu’on répèterait dans des projets très différents. Nous démarrons avec une approche pluridisciplinaire qui est au service de l’idée. Nous pensons que le graphisme, le design industriel et l’expérience digitale sont très liés et doivent être pensés en même temps, comme fusionnés. D’où le nom de notre agence: Fuseproject.

Sa montre Movado: second objet (après Rivella) dessiné pour une entreprise suisse.

Pour vous vers quoi le design doit-il aspirer?
Je pense, et c›est pour cela que je vais au bureau le matin, que le design accélère l’adoption de nouvelles idées. Que ce soit dans le domaine de la technologie ou pour des concepts qui touchent notre quotidien, la raison d’être du design est d’amener des changements importants dans le XXIe siècle.

Comment êtes-vous venu au design?
Tôt, vers 14 ou 15 ans. Je bricolais dans la cave de mes parents, je faisais des meubles ou des objets liés au sport. Je me suis alors rendu compte que le bac que je préparais à Lausanne ne m’amènerait pas à des branches universitaires qui me plairaient. Je me suis donc inscrit à une école de dessin pour apprendre les bases du design. À 19 ans, j’ai commencé à l’Art Center College of Design à la Tour-de-Peilz, puis dans sa maison mère à Pasadena en Californie.

Votre première création?
Un objet hybride qui combinait la planche à voile et le ski. Ça m’a permis de glisser sur des lacs gelés à Chexbres. Ça allait très vite et c’était dangereux, mais c’était parfait pour un ado de 16 ans en mal de nouveautés et d’adrénaline. (Rires)

Sa Jambox: inventée par son agence, cette enceinte sans fil lui permet d’emmener ses sons en voyage.

Votre mère est allemande, votre père turc. Que gardez-vous de ce métissage?
Il fait complètement partie de ma vie actuelle. Je me suis exporté aux États-Unis et dans mon équipe de 80 personnes, on regroupe 14 nationalités et 20 langues. San Francisco est un melting pot et ce métissage de cultures se vit au quotidien et crée des résultats assez uniques.

Aujourd’hui, vous sentez-vous californien?
Oui, parce que je surfe et que je fais partir d’une génération d’entrepreneurs à la Silicon Valley. Toutefois, je garde une forte culture européenne, ce qui n’est pas forcément une contradiction dans ce contexte. Ma culture suisse a toujours une influence importante sur mon travail et mon mode de pensée. Ça reste mon point de référence.

De la Côte Ouest, quel regard portez-vous sur la Suisse?
Comme le reste du monde, la Suisse a beaucoup évolué ces vingt dernières années. Ce qui m’étonne toujours c’est l’universalité des idées. On travaille aussi en Afrique – en Ouganda, Rwanda et au Kenya – et les aspirations de ces jeunes entrepreneurs sont les mêmes qu’en Suisse ou qu’à San Francisco. Vouloir créer sa propre référence, faire évoluer les choses, ce sont des idées universelles qui passionnent les gens, quel que soit leur continent.

3 dates dans la vie du designer

Mai 1967 Naissance à Lausanne, d’une mère allemande et d’un père turc. Deux frères.

1999: Il crée sa propre agence, Fuseproject, à San Francisco. Il y en emploie aujourd’hui 80 personnes.

Juillet 2006 Il rencontre sa femme, Sabrina, lors de la fête nationale américaine. Ils ont trois enfants.

Nouveau design des bouteilles Rivella

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Christoph Kaminski, SP
Publication:
lundi 08.02.2016, 14:20 heure



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