Le chanteur italien se produira à Genève le 2 novembre.

Zucchero, libre et sauvage

Interview Plus connu sous le nom de Zucchero, Adelmo Fornaciari nous parle de son nouvel album «Black Cat», enregistré aux États-Unis. Un opus qui invite les jeunes à s’engager.

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C’est le disque le plus noir de ma carrière, musicalement parlant»

Zucchero est l’un des artistes les plus populaires au monde, avec plus de 60 millions d’albums vendus. Une star qui garde pourtant les pieds sur terre et reste fidèle à ses origines, même quand il collabore avec de grosses pointures et enregistre ses albums loin de sa terre natale. S’il a conçu et écrit «Black Cat» (Universal), son dernier opus, dans sa maison de Pontremoli (Toscane), il l’a enregistré aux États-Unis avec T Bone Burnett, Brendan O’Brien et Don Was, producteurs de haut vol. Sur ce CD, nous retrouvons le Zucchero pimpant et déchaîné des débuts, mais avec la maturité et la sagesse de ses 60 ans, sur des sonorités recherchées et suggestives.

L’album s’ouvre sur Partigiano Reggiano, 13 buone ragioni et Ti voglio sposare, trilogie au rythme endiablé, à laquelle fait suite la première ballade, Ci si arrende, où la guitare de Mark Knopfler se met en évidence. L’anno dell’amore et La tortura della luna rappellent l’état d’âme joyeux et sexy d’autrefois, tandis que Hey Lord émeut par ses accents folk-gospel. Arrive alors Terra incognita, teintée d’une douce mélancolie. Et pour finir, Voci, robuste ballade folk-pop, et l’intense Streets Of Surrender, composée par Bono. Un travail convaincant que Zucchero défendra lors d’une tournée mondiale. Il se produira à Zurich (31 octobre et 1er novembre) et Genève (2 novembre). Entretien à Milan.

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Parlons du titre: pourquoi le chat noir?
Pour nous, le chat noir porte malheur, mais pour les Afro-Américains, il est de bon augure. Le chat est un animal libre et sauvage, qui s’occupe de ses affaires. Un peu comme moi. C’est le disque le plus noir de ma carrière, musicalement parlant. J’ai fait une grande tournée aux États-Unis, jusque dans le sud, et ai puisé mon inspiration dans ces atmosphères-là. J’ai imaginé les champs de coton, les chaînes des prisonniers, puis sont arrivés des films comme «Twelve Years a Slave» et «Django Unchained». Je voulais que les sonorités reflètent tout ça, les chansons sont parties de là.

Vous avez enregistré de nombreux disques. Comment définiriez-vous «Black Cat»?
Anarchique. Libre. Je suis revenu à l’état d’esprit de mes débuts, quand je n’avais rien à perdre et que j’écrivais sans penser aux hit-parades ni si ça marcherait à la radio. C’est vrai, être premier fait plaisir et ceux qui disent le contraire racontent des conneries, mais cela ne doit pas devenir une obsession. J’ai donc travaillé librement: j’ai 60 ans et, au fond, aujourd’hui aussi je n’ai rien à perdre.

Vos textes passent de sujets de société à des moments plus légers et malicieux...
Le dualisme entre le diable et l’eau bénite fait partie de ma personnalité. Je parle explicitement de sexe, parce qu’il le faut parfois. Après, je vais peut-être devenir très poétique ou affronter des problèmes sociaux. Dans Hey Lord, je parle des nouveaux exclus de cet exode biblique, alors que Bono dans Streets Of Surrender s’est inspiré des massacres de Paris, un texte qui s’est transformé en message d’amour et de paix universelle.

Et le morceau «Partigiano Reggiano»?
Il s’inspire des récits sur la résistance de mes parents et grands-parents. J’ai toujours considéré le partisan comme un héros romantique qui quitte sa famille pour combattre au service d’une bonne cause. Mais il y a aussi une référence à l’actualité qui s’adresse aux jeunes: j’aimerais être un peu comme un oncle pour eux, élever de petits partisans armés d’idéaux, prêts à lutter pour changer le monde.

À quoi ressemblera un concert de votre tournée mondiale?
Je vais y penser cet été. Il va falloir que je trouve le bon groupe pour ces sons, sur scène nous serons beaucoup, treize ou quatorze. Et nous serons aussi accompagnés d’invités spéciaux.

Concours

Gagnez un CD!

«Coopération» offre dix CD du nouvel album du chanteur italien Zucchero, «Black Cat» (Universal), qui mêle à la fois des sons rock et folk-gospel. Les artistes Bono et Mark Knopfler y ont notamment collaboré. Participer (jusqu’au lundi 16 mai, 16 h)

En concert le 24 mai au Hallenstadion, à Zurich. Billets: Ticketcorner

Miguel Cid

Rédacteur

Photo:
Universal Music, SP
Publication:
lundi 09.05.2016, 14:20 heure