Les Australiens cartonnent dans le monde entier. De g. à dr.: Ashton Irwin (batterie), Calum Hood (chant), Luke Hemmings (guitare rythmique) et Michael Clifford (guitare).

«5SOS» Le son de l’été

Phénomène Le groupe australien «5 Seconds of Summer» est le chouchou des ados. Il fait escale le 24 mai à Zurich.

Ils ont à peine 20 ans, débarquent de l’autre bout du monde et mettent des millions de jeunes filles en émoi. En l’espace de deux albums et d’une poignée de clips visionnés des dizaines de millions de fois sur YouTube, le groupe «5 Seconds of Summer» s’est imposé comme le préféré des ados. Groupe ou boys band? Le débat fait rage. Groupe, évidemment, s’indignent leurs fans.
Les quatre Australiens jouent tous d’un instrument, composent eux-mêmes leurs chansons et préfèrent les guitares à la pop formatée de One Direction, boys band fabriqué par le télé-crochet X Factor et désormais périmé. Néanmoins, les deux formations ont partagé le même management. Les Anglais ont d’ailleurs fait décoller la carrière des Australiens en les invitant à assurer la première partie de leurs tournées.

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L’univers du rock se méfie donc de ces quatre jeunes hommes un peu trop photogéniques pour être crédibles. «5SOS», comme on surnomme la formation, s’est ainsi vu remettre l’an dernier le trophée peu convoité du pire groupe par le magazine rock britannique NME. Une distinction malvenue dont ils se moquent. «Nous étions nommés au même titre que U2 qui est pourtant un des plus grands groupes rock de l’histoire. Cela ne veut rien dire, c’est risible.»
La success-story du combo débute il y a cinq ans dans une banlieue de Sydney. Quatre camarades de classe au lycée postent des reprises de Justin Bieber et Bruno Mars sur YouTube.
Luke Hemmings est au chant, Michael Clifford à la guitare, Calum Hood à la basse et Ashton Irwin à la batterie. Leur succès sur les réseaux sociaux ne passe pas inaperçu auprès des maisons de disques qui s’empressent de leur offrir un contrat. Bientôt, One Direction recommande les clips de 5SOS sur Twitter puis invite carrément le groupe à l’accompagner en tournée. Il n’en faut pas plus pour propulser les Australiens au sommet des charts internationaux.
Le clip du single She Looks So Perfect fait exploser les compteurs de vues sur YouTube et leur premier album éponyme s’arrache à plus de trois millions d’exemplaires.

Porte-parole de leur génération

Fan de groupes pop-punk comme Blink 182 et Good Charlotte, le quatuor brasse riffs de guitare vigoureux et mélodies accrocheuses dans ses chansons. Il se veut aussi le porte-parole de sa génération. «On a intitulé notre dernier album Sounds Good, Feels Good parce qu’on a envie d’apporter un peu de lumière dans la vie de nos fans. On veut qu’ils se sentent bien dans leur peau. Je ne pense pas que les jeunes aient un groupe comme nous qui aborde de vrais problèmes qu’ils rencontrent», résume Ashton. Ce dernier a même publiquement évoqué ses problèmes d’anxiété et de dépression. «Pour être compris de nos fans, on veut être 100% honnêtes et ne rien cacher, déclare-t-il. On s’est aussi rendu compte que ces problèmes touchent beaucoup de jeunes. Il est important pour nous d’en parler et de les évoquer dans nos chansons pour qu’ils ne se sentent pas seuls.»

En concert le 24 mai au Hallenstadion, à Zurich. Billets: Ticketcorner

«On a forcé le destin»

Interview Le chanteur Luke Hemmings (19 ans) et le batteur Ashton Irwin (21 ans) passent à confesse.

Votre son est plus rock qu’à vos débuts. Pourquoi?
Ashton. On a donné beaucoup de concerts ces dernières années. Quand tu te produis dans de grandes salles, ta façon de jouer change. Et puis dès le début, quand on répétait dans mon garage, on ne rêvait que de faire du rock.

Cherchez-vous à être pris plus au sérieux par les critiques?
Ashton. On cherche surtout à prendre notre pied. On n’a jamais fait trop attention aux critiques. On fait de la musique pour nos fans, pas pour être jugés sur notre façon de jouer de la batterie ou de la guitare.

Êtes-vous surpris par l’ampleur de votre succès?
Luke. Bien sûr. On était déjà épatés de jouer en Australie devant 200 personnes. Nous produire maintenant dans de grandes salles à travers le monde et vendre des millions d’albums est incroyable.
Cela n’était pas censé arriver mais on a forcé le destin!

Geoffrey Raposo

Médiamaticien

Photo:
Universal Music, SP
Publication:
lundi 25.04.2016, 13:15 heure