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La liseuse? Un clin d’œil aux leurres de certains poissons des grands fonds.

Entrée de l’exposition avec la reproduction du Nautilus.

Un poulpe cacatoes.

De magnifiques photos présentent les espèces des grands fonds.

Un siphonophore «feu d’artifice», invertébrés vivant en colonie.

La liseuse rappelle le leurre de certains poissons.

Un requin des profondeurs.

Sous-marin d’exploration.

Les profondeurs accueillent une vie foisonnante.

Étranges créatures abyssales.

Abysses: richesses des profondeurs

Exposition Le Muséum de Neuchâtel propose une vertigineuse plongée au cœur des océans à la découverte d’incroyables créatures. Un monde fragile à préserver.

Un vampire des abysses, mi-pieuvre mi-calamar, un crabe yéti aux pinces velues, des poissons bioluminescents... Au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel, l’expo «Abysses» nous plonge au fond des océans, là où la lumière est absente, la pression écrasante et l’eau glaciale.

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Ce qui n’empêche pas une vie foisonnante! Au premier étage, le visiteur est accueilli dans la pénombre par une reproduction du Nautilus du capitaine Nemo. Un calamar aux yeux globuleux ressemblant à un extraterrestre du film «Mars Attacks!» garde l’entrée. On découvre l’histoire de l’exploration des abysses, avec le bathyscaphe Trieste, développé par Auguste Piccard et piloté par son fils Jacques, qui atteignit en 1960 le fond de la fosse des Mariannes (–10 916 mètres). De superbes photos et d’impressionnants spécimens figés dans leur aquarium d’eau et de formol sont exposés, telle cette baudroie avec son étonnante «canne à pêche» qui produit de la lumière pour piéger sa proie. Clin d’œil à ce leurre, la liseuse éclairée par un led qui permet aux visiteurs de lire les légendes dans l’obscurité.

Créatures déconcertantes 

Entre –150 et –600 mètres de profondeur, le «crépuscule des océans» voit évoluer d’étranges animaux transparents et luminescents. Une drôle de guirlande lumineuse face à nous? Non, un siphonophore géant! Des invertébrés vivant en colonie et pouvant atteindre 50 mètres de longueur, donc davantage qu’une... baleine bleue! Autre espèce déconcertante, le grandgousier avec son énorme gueule. Son estomac extensible se déforme en fonction de la taille de sa proie... Cette morphologie lui permet de survivre dans un environnement extrême, où la nourriture est rare.

Une baudroie naturalisée.

La plongée virtuelle se poursuit. Vers –3000 mètres, on admire dans la section «océans toxiques» une profusion de vie autour des sources hydrothermales abyssales le long des dorsales océaniques. Elles ont été découvertes pour la première fois en 1977 par le sous-marin américain Alvin aux Galapagos, dans l’océan Pacifique. De l’eau bouillante sort des cheminées. Grâce à la chimiosynthèse, des bactéries permettent une profusion de vie malgré l’absence de lumière! Les bactéries se substituent aux plantes vertes. Moules, crevettes et vers géants pullulent. La biomasse y est ainsi de 10 000 à 100 000 fois plus importante que dans le reste des fonds marins...
La journaliste Claire Nouvian a imaginé «Abysses» pour le Muséum de Paris, en 2007, après avoir écrit le livre éponyme, qui fait toujours référence. Elle a persuadé des centaines de chercheurs de partager leurs découvertes, photos et spécimens. «C’était un sacré effort de conviction! Cela aurait été vraiment trop dommage de ne pas montrer ces animaux et de les garder dans des placards...»

Le surprenant poulpe Dumbo.

Chalutage profond destructeur

Depuis lors, «Abysses» a été vue par 2,5 millions de personnes autour du globe! Parmi les incroyables espèces présentées, la réalisatrice de films scientifiques craque pour le poulpe à oreilles ou poulpe Dumbo: «C’est mon gros chouchou! Je l’ai observé dans le Maine, aux États-Unis, à 1000 mètres de profondeur. Il est tellement gracieux et tendre. C’est la personnalisation d’un monde si fragile. Il représente l’immense vulnérabilité du vivant face à la technologie humaine si destructrice.»
Claire Nouvian s’est donné pour mission de faire connaître et protéger les océans profonds, dont seul 1% a été échantillonné. Elle dirige Bloom, association qui lutte contre la pêche en eaux profondes: «C’est le combat d’une vie! Les abysses sont le plus grand réservoir de biodiversité sur terre. Il faut protéger les océans, patrimoine naturel mondial. Le chalutage profond est un véritable massacre! On pêche jusqu’à 1800 mètres. C’est une déforestation sous-marine, la méthode de pêche la plus destructrice de l’histoire. Pour trois espèces pêchées, on en rejette plus de cent mortes...»
L’interdiction du chalutage au-delà de 800 mètres est en discussion en Europe. Une dizaine de navires le pratiquent encore en France. «Il faudrait interdire la pêche au-delà de 600 mètres», commente Claire Nouvian. «Il y a un poids des lobbies industriels au-delà de ce que l’on peut imaginer. À leur botte, il y a des élus. Les politiques font preuve d’une absence absolue de courage.»

Requin lézard et anémone mangeuse de méduses.

Responsabilité environnementale

L’écologiste estime que la grande distribution a un important rôle à jouer pour protéger les océans: «Elle écoule 75% du poisson et a une responsabilité environnementale. Il faut que les distributeurs développent leur propre cahier des charges.» Pour Claire Nouvian, le public doit aussi s’engager: «On a besoin des citoyens pour se mobiliser et faire bouger les marques. Il faut se mouiller!»

Plongée accompagnée

Visites guidées et atelier sur l’eau

Le conservateur du Muséum fera découvrir «Abysses» au public les 28 avril et 31 mai, à 12 h 30. Inscriptions: info.museum@unine.ch
Un atelier d’une heure sur le thème de l’eau (propriétés, enjeux, climat, pollution) est proposé aux classes.
Infos: www.atelier-des-musees.ch. Expo jusqu’au 14 août 2016. Adultes: 8 fr. Jusqu’à 16 ans: gratuit. Gratuit le mercredi.

Muséum de Neuchâtel
Plongée virtuelle dans les abysses
Association Bloom

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Basile Weber

Rédacteur

Photo:
Muséum Neuchâtel/Alain Germond, Mbari
Publication:
lundi 18.04.2016, 13:30 heure



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