Michael Douglas (Liberace), à gauche, et Matt Damon (Scott Thorson, l’amant du pianiste).

«Une incroyable histoire d’amour»

Matt Damon campe l’amant du flamboyant pianiste Liberace dans le dernier film de Steven Soderbergh, «Ma vie avec Liberace». Rencontre avec un acteur qui n’a peur de rien.

Bande-annonce

Coopération. Un rôle pareil, c’est intimidant?
Matt Damon. Je n’ai eu aucune angoisse. Je fais confiance aux réalisateurs que je choisis, qui plus est quand il s’agit d’un grand cinéaste comme Steven (ndlr: Soderbergh) avec qui j’ai tourné sept films. Et puis, le scénario est magnifique. C’est une incroyable histoire d’amour entre deux hommes. Je n’ai jamais rien vu de pareil à l’écran et c’est pour ça que j’ai accepté de faire le film.

Il a été difficile à financer. Cela ne vous a pas refroidi?
Non, je suis très fier de ce film. Le script a été écrit par un de mes scénaristes préférés. Nous savions que ça allait être génial, mais nous avons été surpris que personne à Hollywood ne saute sur l’occasion. Tous les studios nous ont dit que le film était trop gay. Au moins, ils ont été directs! Je crois que l’industrie du cinéma est en train de changer. Les sujets les plus intéressants sont maintenant souvent produits par la télévision. Aujourd’hui, si vous essayez de vendre un film sur un type qui braque une banque pour financer une opération qui permettra à son petit ami de changer de sexe, on vous enverra balader. C’est pourtant la trame d’Un après-midi de chien, un des meilleurs films de l’histoire du cinéma.

Comment vous y êtes-vous pris pour incarner un personnage gay?
J’ai abordé le film comme s’il s’agissait d’une histoire d’amour entre un homme et une femme. Ces deux hommes avaient une vraie relation de couple. Une relation très profonde et en même temps dysfonctionnelle où Liberace avait tout le pouvoir. Cette histoire aurait été tout aussi intéressante si elle mettait en scène un homme âgé et une femme plus jeune. Michael (ndlr: Douglas) et moi avons essayé de recréer de façon crédible la complicité et les gestes intimes qui lient un couple.

Vous embrassez Michael Douglas à l’écran. Comment s’est déroulée la scène?
Michael et moi sommes amis dans la vie et je n’ai donc pas été anxieux à l’idée d’embrasser une légende hollywoodienne! Ces scènes d’amour sont toujours gênantes, même quand mes partenaires sont des femmes. Il y a une vingtaine de personnes autour de vous qui vous observent de près pendant que vous essayez d’évoquer une scène censée être intime. Je vois ça comme un numéro de magie. L’équipe de tournage est comme un groupe de magiciens dont le boulot est de rendre ça crédible.

Comment envisagez-vous l’avenir dans votre profession?
Je suis curieux de voir où se dirige l’industrie du cinéma, mais je pense qu’on aura toujours besoin de bonnes histoires et que je pourrai, quoi qu’il arrive, écrire des scénarios. Il y aura toujours des projets auxquels j’aurai envie de participer. En ce moment, il semblerait juste que ce sera de moins en moins dans des films hollywoodiens, vu la tendance actuelle.

Impressions: Douglas, le battant

On le croyait au bout du rouleau après son cancer de la gorge, les démêlés judiciaires de son fils Cameron (en prison pour trafic de drogue) et les problèmes psychiatriques de sa femme, qui a reconnu être bipolaire. Pourtant, Michael Douglas sort le grand jeu dans «Ma vie avec Liberace». La star versait des larmes lors de la présentation du film à Cannes en évoquant ses problèmes de santé. Il a dédié son récent Emmy Award à Matt Damon, lui aussi nominé pour le même film, sans qui ce biopic n’aurait jamais vu le jour. Douglas (69 ans) est un battant. Il a survécu à tout, même à la pression écrasante d’être un fils de, lui qui a grandi dans l’ombre du légendaire Kirk Douglas. Et même si son mariage avec Catherine Zeta-Jones bat de l’aile, le vieux renard n’a pas dit son dernier mot.  

Sélectionné à Cannes: drôle et touchant

Financement. Rejeté par Hollywood, «Ma vie avec Liberace» a été produit par la chaîne câblée HBO et diffusé à la télévision américaine, mais est distribué en salle dans le reste du monde.
Encensé par la critique, le film a été sélectionné en mai à Cannes et vient de décrocher trois Emmy Awards (les Oscars de la télé américaine), dont celui du meilleur long métrage et du meilleur acteur pour Michael Douglas.

Une histoire vraie. Dans les années 1970, Liberace (Michael Douglas) est au sommet de sa gloire, une superstar connue pour ses excès et ses spectacles extravagants et kitsch. Amateur de beaux garçons, le flamboyant pianiste s’entiche de Scott Thorson (Matt Damon), un jeune provincial qu’il prend sous son aile et adopte comme compagnon. D’abord grisante, cette relation passionnelle s’avère finalement destructrice pour le jeune homme.

Notre avis. A la fois drôle et touchant, léger et sombre, le dernier Soderbergh est un régal. Michael Douglas se révèle sensationnel dans la peau de l’icône kitsch. A 43 ans (ce mardi 8 octobre!), Matt Damon est bluffant en jeune Adonis naïf, puis en junkie défiguré.

«Ma vie avec Liberace», en salle le 16 octobre.

www.liberace-derfilm.de/ch/fr

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Miguel Cid

Rédacteur

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lundi 07.10.2013, 10:00 heure

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