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Le glacier du Rhône (avec l’hôtel Gletsch au premier plan) en 1900. Le glacier atteint presque la route du col de la Furka.

Le même endroit 
114 ans 
plus tard. 
Le glacier 
a reculé 
de manière spectaculaire.

Changement climatique et conséquences

Dans quelle mesure la Suisse est-elle touchée par le changement 
climatique? «Coopération» a posé 
la question à diverses 
personnalités, sociétés et organisations. 

Les remontées mécaniques

Andreas Keller, Remontées Mécaniques Suisses (RMS) 

«Les domaines skiables des Préalpes et du Jura seront particulièrement touchés par le changement climatique. Le Stockhornbahn, dans l’Oberland bernois, a par exemple laissé tomber le ski et mise maintenant sur les excursions, en proposant une expérience des sommets avec restauration et plateforme panoramique. Le réchauffement climatique se fera toutefois aussi sentir à haute altitude, par exemple du fait de la diminution des zones de permafrost. Des sols jusqu’ici gelés en permanence pourraient dégeler et devenir instables. A moyen terme, on pratiquera encore les sports d’hiver dans nos Alpes. En outre, qu’il y ait beaucoup ou peu de neige, nos montagnes garderont pour beaucoup de gens leur attrait comme destination de vacances et de loisirs. Les prestataires de services touristiques s’adapteront en conséquence et proposeront de nouvelles offres. Le changement climatique n’est donc pas uniquement un défi à relever, mais aussi une opportunité.»

L’électricité

Guido Lichtensteiger, service médias Association des entreprises électriques suisses (AES) 

«Pour l’instant, le changement climatique et l’augmentation actuelle des températures n’ont pas eu de conséquences pour la production de courant électrique en Suisse. Sur le long terme - deuxième moitié voire fin du siècle - on prévoit un recul de la production annuelle des centrales hydrauliques, qui produisent 60% de l’électricité suisse. En automne 2011, un projet de recherche mené par l’Institut de Géographie de l’Université de Berne (GIUB) et l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) a toutefois livré des résultats indiquant que d’ici 2100, même si la production d’électricité des barrages de haute altitude diminuera, celle des centrales des régions basses augmentera. A noter qu’aucune affirmation concrète n’est émise pour la période après 2050.»

Le tourisme 

Daniela Bär, membre de la direction de Suisse Tourisme 

«La principale raison qui amène nos hôtes chez nous est la rencontre avec la nature. Le changement climatique touche dans une même mesure la nature et les hommes, c’est pourquoi le tourisme est, en Suisse tout particulièrement, très affecté. Avec ses havres de fraîcheur alpins, la Suisse est une alternative intéressante aux destinations du bassin méditerranéen, où le réchauffement climatique entraîne une hausse significative des températures dépassant très souvent le seuil du supportable.» 

Les assurances

Sabine Alder, Association Suisse d’Assurances

«Le changement climatique constitue depuis quelques années un des grands enjeux de l’assurance contre les dommages dus aux événements naturels. La fréquence des dommages causés par les tempêtes, les inondations et la grêle liées au changement climatique a en effet augmenté. Pour comparaison, en 1970, les montants versés pour des dégâts causés par les événements naturels ont atteints 21 millions de francs. Depuis, ils ont continuellement augmenté. En 2005, qui a été une année catastrophique, ce chiffre a atteint 1049 milliards et en 2013, 120 millions. D’une part, les modifications climatiques induisent une augmentation de la fréquence et de la force des tempêtes, d’autre part la concentration des valeurs assurées augmente. Ceci entraîne des dégâts plus importants. Pour cette raison, en 2007, le total des cas de dommages a passé de un à deux milliards.»

La forêt

Raphael Schwitter, responsable du Centre de sylviculture de montagne, Maienfeld (GR)

«En Suisse, on constate déjà une augmentation des tempêtes causant des dégâts forestiers. Les insectes et les champignons qui vivent dans les arbres peuvent tout à coup devenir des ravageurs. Dans le pire des cas, ils se propagent dans des régions encore non infestées et y causent des dégâts conséquents. Outre les changements lents, l’augmentation de la fréquence d’événements extrêmes peut entraîner des modifications subites de la forêt (de fortes tempêtes comme Lothar en 1999 ou des étés très secs comme en 2003). Nous prévoyons que dans les zones basses, les épicéas seront plus fréquemment infestés par des insectes (bostryche). Des espèces étrangères (néophytes) colonisent les forêts et supplantent les espèces indigènes.»

La montagne

Heidi Schwaiger, Club Alpin Suisse (CAS)

«La fonte des glaces pérennes et du pergélisol rend certaines voies très dangereuses ou impraticables à cause des chutes de pierres. Les crevasses sont souvent plus difficiles à traverser. Sur les glaciers, les voies doivent constamment être réexaminées et modifiées. Il faut aller chercher plus loin l’eau de source (celle des glaciers comprise). Les sentiers des cabanes doivent être plus souvent réaménagés (chutes de pierres, moraines instables, recul des glaciers).»

L’agriculture

Sandra Helfenstein, Union Suisse des Paysans 

«Pour l’agriculture, le changement climatique est un enjeu à deux points de vue: premièrement, il faut contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, par exemple, lors de l’épandage d’engrais, en adaptant l’affouragement des animaux de rente ou en produisant des énergies renouvelables. Deuxièmement, l’agriculture est elle-même fortement touchée par les changements. Les longues phases sans pluie ou les étés très chauds sont particulièrement préoccupants. D’autres événements climatiques extrêmes tels que les orages de grêle, les inondations ou l’érosion sont également en augmentation, provoquant des pertes de rendement, voire la destruction de récoltes entières.»

La vigne

Werner Siegfried, responsable du groupe de recherche Extension viticulture, Agroscope, site de Wädenswil (ZH)

«Entre le début et la mi-juin, la vigne fleurit plusieurs fois, une à deux semaines plus tôt qu’il y a vingt ans. Ces quinze dernières années, les degrés Oechsle du Pinot noir (teneur en sucre du raisin) ont régulièrement atteint des niveaux record. Dans les années 1970 à 1980, des valeurs de 80 à 85°Oe étaient le maximum envisageable pour du Pinot noir. Aujourd’hui, nous obtenons des qualités de l’ordre de 95 à 100°Oe. L’effet sur la qualité du vin est très positif. Le réchauffement climatique permet maintenant de cultiver en Suisse alémanique des cépages très tardifs comme le Merlot et le Cabernet Sauvignon. Parmi les aspects négatifs du changement climatique, notons l’augmentation des précipitations pendant la période de végétation. Celles-ci favorisent l’apparition des maladies fongiques.»

Les remontées mécaniques

Andreas Keller, Remontées Mécaniques Suisses (RMS)

«Les domaines skiables des Préalpes et du Jura seront particulièrement touchés par le changement climatique. Le Stockhornbahn, dans l’Oberland bernois, a par exemple laissé tomber le ski et mise maintenant sur les excursions, en proposant une expérience des sommets avec restauration et plateforme panoramique. Le réchauffement climatique se fera toutefois aussi sentir à haute altitude, par exemple du fait de la diminution des zones de permafrost. Des sols jusqu’ici gelés en permanence pourraient dégeler et devenir instables. A moyen terme, on pratiquera encore les sports d’hiver dans nos Alpes. En outre, qu’il y ait beaucoup ou peu de neige, nos montagnes garderont pour beaucoup de gens leur attrait comme destination de vacances et de loisirs. Les prestataires de services touristiques s’adapteront en conséquence et proposeront de nouvelles offres. Le changement climatique n’est donc pas uniquement un défi à relever, mais aussi une opportunité.»

Le tourisme

Daniela Bär, membre de la direction de Suisse Tourisme

«La principale raison qui amène nos hôtes chez nous est la rencontre avec la nature. Le changement climatique touche dans une même mesure la nature et les hommes, c’est pourquoi le tourisme est, en Suisse tout particulièrement, très affecté. Avec ses havres de fraîcheur alpins, la Suisse est une alternative intéressante aux destinations du bassin méditerranéen, où le réchauffement climatique entraîne une hausse significative des températures dépassant très souvent le seuil du supportable. En outre, des lieux de destination comme le Flumserberg ou le Toggenbourg se sont déjà diversifiés.»

Les poissons

Roland Seiler, président central de la Fédération suisse de pêche

«L’augmentation de la température fait baisser le taux d’oxygène des eaux. Parallèlement, les besoins en oxygène du poisson augmentent avec l’activité croissante. Cela provoque un stress chez les poissons, qui se nourrissent moins, contractent plus facilement des maladies et présentent des problèmes de métabolisme entraînant la mort. Huit des cinquante-cinq espèces de poissons indigènes recensées autrefois ont déjà disparu, différentes causes étant impliquées. 70% des espèces de poissons restantes sont menacées dans une plus ou moins grande mesure, et le changement climatique augmente encore le risque de disparition.»

L’électricité

Guido Lichtensteiger, service médias Association des entreprises électriques suisses (AES) 

«Pour l’instant, le changement climatique et l’augmentation actuelle des températures n’ont pas eu de conséquences pour la production de courant électrique. Sur le long terme – deuxième moitié, voire fin du siècle – on prévoit un recul de la production annuelle des centrales hydrauliques. En automne 2011, un projet de recherche mené par l’Institut de Géographie de l’Université de Berne (GIUB) et l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) a toutefois livré des résultats indiquant que d’ici 2100, même si la production d’électricité des barrages de haute altitude diminuera, celle des centrales des régions basses augmentera. A noter qu’aucune affirmation concrète n’est émise pour la période après 2050.»

L’eau

Andrea Reichlin, Office fédéral de l’environnement

«L’eau ne va pas nous manquer, car la plus grande partie de nos réserves d’eau proviennent des précipitations. L’augmentation des températures va accélérer la fonte des glaciers. A moyen terme, il y aura plus d’eau s’écoulant des régions à glaces pérennes. Ce n’est qu’à plus long terme, lorsque les glaciers auront fortement régressé, que la quantité d’eau provenant de ces régions diminuera. La Suisse dispose de très importantes réserves d’eau. Toutefois, localement, cela n’empêchera pas la raréfaction de l’eau en été lors de longues périodes de sécheresse. De telles situations devraient se produire plus fréquemment avec le changement climatique. Une mesure simple pouvant être appliquée est d’adapter la consommation d’eau à la quantité disponible.» 

www.bafu.admin.ch/eau

L’homme

Damiano Urbinello, Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH) 

«Le nombre de journées caniculaires et de nuits tropicales va augmenter. Des problèmes de santé déjà présents peuvent s’aggraver. La chaleur peut par exemple affaiblir la capacité de performance physique et intellectuelle ou provoquer des coups de chaleur. Une analyse de la mortalité en Suisse au cours de l’été caniculaire de 2003 indique une augmentation de 7% du nombre des décès (975 personnes). Dans toute l’Europe, le nombre de décès a été estimé à environ 70’000.  Avec le réchauffement climatique, il faut s’attendre à une augmentation des cas de maladies infectieuses déjà présentes ou émergentes comme la salmonellose, le virus du Nil occidental, le chikungunya et la dengue.»

Coop agit

Le réchauffement climatique est causé par l’homme. A part quelques «négationnistes climatiques» notoires, plus personne ne le conteste. C’est pourquoi Coop a pris, il y a plusieurs années déjà, des mesures ad hoc.

En 2008, Coop s’est fixé l’objectif ambitieux de rendre sa maison-mère neutre en carbone d’ici 2023. Dans un premier temps, toutes les mesures techniques et financières possibles doivent être mises en œuvre pour réduire autant que faire se peut les émissions absolues de CO2. A partir de 2023, le reste des émissions de CO2 sera compensé par des projets externes importants. 

D’ici 2023, la consommation d’énergie annuelle absolue doit être réduite de 20% et la part des ressources énergétiques renouvelables passer de 20 à 80%. Il en découlera une diminution d’environ 50% des émissions de CO2 annuelles absolues. Malgré une croissance de 7,6% en termes de surface, les émissions annuelles de CO2 ont déjà été réduites de 16,6% depuis 2008. Les grands projets de réduction du CO2 prévus pour la suite sont: 

une pompe à chaleur pour la centrale de distribution de Wangen (BE)

un chauffage à biomasse pour la centrale de distribution/boulangerie de Schafisheim (AG).

Politique climatique de Coop

Notre mission: économiser l’énergie

Coop s’engage pour réduire encore ses émissions de gaz carbonique. Les nouvelles constructions et les rénovations de magasins doivent répondre aux normes Minergie. Pour l’éclairage, on utilise principalement des lampes LED. Les rejets thermiques des installations frigorifiques sont utilisés pour le chauffage et l’intégralité du courant électrique provient de la force hydraulique. Coop fait des efforts dans tous les domaines, aux niveaux du transport et de la logistique par exemple. De plus, elle promeut les énergies renouvelables, notamment l’énergie éolienne, l’énergie solaire et le biogaz. Bien sûr, elle veille aussi à proposer des articles écoénergétiques à ses clients. Chez Coop, Fust, Interdiscount et Microspot, ils trouvent des appareils électroménagers économes en énergie. Quant à l’assortiment de lampes à faible consommation, il couvre presque tous les types. 

Pour sa politique énergétique et de préservation du climat, Coop a reçu le prix EHI 2012 décerné par le EHI Retail Institute, un institut allemand de recherche et de formation pour le commerce de détail.

www.coop.ch/developpementdurable