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«De l’aviation pure, un plaisir»

En vol dans un Antonov-2 de 1972. A l’ancienne, sans ordinateur à bord, les pilotes et les hôtes de l’association Antonov Suisse romande se régalent. Fête en vue samedi, à Prangins.

L’An-2 décolle et atterrit sur 
une courte distance: 
300 mètres 
en moyenne.

Nous sommes en France, dans l’Ain. L’Antonov-2 de l’association Antonov Suisse romande attend ses passagers à Oyonnax, une ville de quelque 23 000 habitants située à la frontière du Jura. Son aéro-club abrite cet avion dans un hangar durant la saison froide. Ce samedi d’avril, nous volerons d’Oyonnax à Prangins (VD), où l’An-2 passera la belle saison. Nous survolerons Bellegarde-sur-Valserine, Montréal-la-Cluse, Annemasse, puis le Salève.
Dans le hangar, les deux pilotes Eric Summerer et Lionel Romailler ainsi que plusieurs membres de l’association bichonnent depuis deux heures l’appareil qu’ils ont acquis l’an dernier pour 80 000 fr. L’intérieur et l’extérieur rutilent. Monté grâce à une échelle sur le nez de l’avion, un jeune homme fait le plein d’huile. «Ça, ce n’est pas du virtuel!» s’enthousiasme un spectateur.
«Par sa taille, son moteur et ses ailes, cet avion est extraordinaire. Très fiable et durable, on peut avoir confiance en lui. En plus, l’espace qu’on a à l’intérieur donne un sentiment de stabilité», assure Alexander Metzger, membre de l’association.
Qui ne connaît pas l’aéronautique a l’impression de se trouver face à un immense jouet. Il n’en est rien! L’An-2 est un avion russe, du nom de son concepteur Oleg Konstantinovitch Antonov. Construit entre 1948 et 2000 dans plusieurs pays, il a été utilisé à des fins militaires, pour le transport, l’épandage agricole ou la lutte contre les feux de forêt. Certains en parlent comme d’un avion à tout faire. «Le nôtre date de 1972. Il a appartenu à l’armée polonaise, puis à un club polonais de parachutisme», indique Eric Summerer, président de l’association Antonov Suisse romande.
Il est l’heure de sortir l’appareil de son hangar, à la force des bras. Pas évident vu son envergure… Une fois dehors, il faut lui mettre de l’essence. Eric Summerer s’y colle, perché sur l’aile supérieure… Il est alors nécessaire de tourner manuellement son immense hélice (pour évacuer l’huile des chambres de combustion). Les curieux ont afflué à l’aérodrome. Les photos fusent. Nous montons à bord: il y a douze sièges passagers. Les plus lourds se placent à l’avant, les plus légers à l’arrière. L’humeur oscille entre curiosité, admiration et anxiété. Le commandant de bord et son copilote effectuent les contrôles, puis allument l’appareil. Le moteur de 1000 chevaux vrombit. «Rien que pour entendre ce bruit, ça vaut la peine», lance un passager.
Une fois l’huile chauffée, c’est parti. Nous volons à un peu plus de 1000 mètres pour une vitesse d’environ 180 km/h. La vue sur les montagnes est à couper le souffle. Nous nous posons à Annemasse pour les contrôles douaniers, puis redécollons. Un gyrocoptère (sorte de mini-hélicoptère) vient à notre rencontre pour photographier l’An-2 survolant le Léman. Le moment d’atterrir à l’aérodrome de la Côte est déjà arrivé. Chacun retrouve le sol avec la satisfaction d’avoir vécu une belle aventure.

L’association Antonov Suisse romande sera en fête ce samedi 7 juin à l’aérodrome de la Côte, à Prangins. Vols et petite restauration au programme de la journée.

Fans d’aéronautique
: un hommage au passé

Laurent Margadant (à g.) et Alexander Metzger, prêts à s’envoler. 

Passionné par «tout ce qui bouge», Laurent Margadant est fan d’aviation depuis l’enfance. Les avions des années 1960 lui plaisent particulièrement: «Leur rapport au temps est différent du nôtre, c’est intéressant de les connaître, comme un hommage au passé.» Il signale qu’aujourd’hui encore, en Sibérie et dans l’extrême est de la Russie, l’Antonov-2 permet d’éviter l’isolement de certains villages pendant l’hiver. L’occasion de toucher un spécimen et d’y monter représente un cadeau pour lui: «En plus, les prix des vols sont accessibles*. Cette association fournit un beau boulot.» L’homme, qui travaille aux Transports publics genevois, estime que les transports permettent de nombreux contacts: «On se côtoie à différents âges et nationalités autour de l’Antonov, c’est une manière de rapprocher les gens.»
A ses côtés, Alexander Metzger a le regard fixé sur l’An-2. Cet ingénieur mécanique aime le vol à voile et les avions historiques tels que les Super Constellation et les Antonov. En plus de sa fascination pour «ces machines qui ont du caractère», cet amoureux de la photographie se plaît à contempler les paysages depuis les airs: «Ça change à chaque fois. On perçoit même la diminution des glaciers en comparant des photos à quelques décennies d’intervalle.»

* 80 fr. par personne pour 30 minutes, 150 fr. pour une heure. Plus une cotisation annuelle de 20 fr.

Les pilotes à l’interview

Pilotes de ligne auprès d’une grande 
compagnie aérienne, Lionel Romailler 
(à g.) et Eric Summerer consacrent une large partie de leurs loisirs à l’Antonov-2. 

Coopération.  Pourquoi avoir créé l’association Antonov Suisse romande en 2012?
Eric Summerer. Pour acquérir et restaurer un An-2 et pouvoir le montrer aux gens. C’est un avion mythique, le plus construit au monde, durant cinquante ans. On fait ainsi plaisir aux passagers et on se fait plaisir en le pilotant. C’est de l’aviation pure, sans ordinateur à bord: tout ce qu’aime un pilote!

Quelles compétences sont nécessaires pour piloter un An-2?
E. S. On a reçu une formation spécifique en Lituanie, pendant environ une semaine. Il faut notamment maîtriser le fait que c’est un avion avec une roue de queue. C’est un peu plus sensible pour l’atterrissage. Quid de la formation?
Lionel Romailler. Les structures sont très différentes de celles de chez nous. Le premier jour, on ne pensait pas pouvoir voler, mais les instructeurs nous ont dit qu’on y allait. Comme le plafond commençait vraiment à descendre, ils nous ont fait monter dans les nuages. Dans cet avion, la maquette bouge, pas l’horizon. Il faut s’y habituer.

Qu’est-ce qui est difficile aux commandes de cet avion?
E. S. Il est facile à voler, mais son moteur est capricieux. Au début, on avait du mal à le faire démarrer! Heureusement, on commence à le connaître…
L. R. Il n’y a pas de logique, les instruments sont mélangés. Et il faut faire attention à de nombreux paramètres, au niveau des températures par exemple, pour préserver le moteur le plus longtemps possible.

Quelle impression cela fait au pilote de ligne que vous êtes d’être tout proche des passagers?
L. R. C’est un petit plus d’avoir leur ressenti et de les voir heureux. Ils nous posent beaucoup de questions, c’est là le charme de ces sorties.

En chiffres: un biplan de 42 ans

  • Aujourd’hui restauré, l’An-2 de l’association Antonov Suisse romande (ASR) est un modèle de 1972 construit en Pologne.
  • L’envergure de ce biplan est de 18,2 mètres (ailes supérieures) et 14,2 mètres (ailes inférieures). 
  • Il pèse 3,5 tonnes à vide et peut emmener douze passagers.
  • Consomme environ 200 litres d’essence et 3 à 5 litres d’huile par heure. 
  • Sa vitesse maximale est de 255 km/h.

www.antonov2.ch

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno
videos:
Patrick Gilliéron Lopreno
Publication:
lundi 02.06.2014, 11:30 heure

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