Franziska Ullrich (30 ans) et Roman Ratnaweera (33 ans) avec le prototype d’un robot qui révolutionnera bientôt le quotidien de nombreux patients. 

Digital: ces inventions qui nous changent la vie

Musique d’avenir Internet, smartphones, robots... Ces outils ont une influence toujours grandissante sur nos vies, sur le plan privé et professionnel. Et la Suisse n’est pas étrangère à ces changements.

Depuis qu’il existe, l’homme a toujours rêvé de pouvoir se simplifier la tâche grâce à l’utilisation d’outils et de machines. C’est précisément la pensée qui anime chaque jour Franziska Ullrich (30 ans) et d’autres chercheurs, que vous apprendrez à connaître au fil de ces lignes. Depuis la révolution industrielle du XIXe siècle, ce rêve est toutefois quelque peu entaché par une peur: et si le progrès tournait à la malédiction? Le passage au numérique ne fait pas exception: de nos jours, smartphones et réseaux sociaux nous permettent de rester autant connectés avec nos voisins les plus proches qu’avec nos collègues japonais. Nous déclarons nos impôts sur la Toile et scannons les honoraires du médecin sur nos téléphones pour les envoyer à la caisse maladie. Si nous avons un doute sur les horaires d’ouverture d’un magasin, il nous suffit d’appeler Google à la rescousse. Le numérique est omniprésent dans notre quotidien et ces nouveaux outils nous sont parfois d’une aide précieuse. Mais il y a aussi un revers: des missiles sont téléguidés depuis un poste de commandement situé à l’autre bout de la planète et lâchés en Afghanistan, provoquant morts et destructions. S’ajoutent à cela de nombreux clichés, notamment véhiculés par le cinéma. Faut-il redouter une guerre de clones ou l’arrivée au pouvoir des machines? Ou bien pouvons-nous caresser l’espoir que seuls de gentils robots, à l’image de R2-D2 ou WALL-E, verront le jour pour nous aider à sauver le monde?

La Suisse s’en mêle

Franziska Ullrich (30 ans), CEO de 
la start-up Ophthorobotics, à Zurich

Franziska Ullrich (30 ans), CEO de 
la start-up Ophthorobotics, à Zurich
http://www.cooperation.ch/_Digital_+ces+inventions+qui+nous+changent+la+vie Franziska Ullrich (30 ans), CEO de 
la start-up Ophthorobotics, à Zurich

En Californie, il n’y a pas qu’Hollywood. La région abrite également l’épicentre du monde numérique: la Silicon Valley. Et si ce célèbre technopole a vu naître des idées révolutionnaires, la Suisse n’y est pas pour rien. Daniel Borel (67 ans) est un ingénieur suisse né à Neuchâtel. Il a cofondé Logitech en 1981 et a par la suite érigé la société au rang de premier prestataire mondial de périphériques sans fil. Quant à Urs Hölzle (53 ans), il est originaire de la région de Bâle. En 2000, il était ingénieur en chef dans la petite équipe de Google, dont le nombre de membres se comptait encore sur les doigts de la main. En tant que vice-président de l’entreprise qui enregistre le plus grand nombre de connexions Internet au monde, il veille aujourd’hui à ce que les différents centres de données, répartis dans le monde entier, consomment le moins d’énergie possible. Borel et Hölzle ont tous les deux fait leurs armes à l’École polytechnique fédérale (EPF), l’un à Lausanne, l’autre à Zurich.
Diplômée en génie mécanique et spécialisée en robotique, c’est aussi ici que travaille Franziska Ullrich. Avec son équipe, elle se penche actuellement sur un appareil qui devrait bientôt pouvoir soulager un grand nombre de patients. Dans les pays industrialisés, la dégénérescence maculaire liée à l’âge – la macula, fameuse «tache jaune» située au fond de l’œil – est l’une des causes principales de handicap visuel et peut même aller jusqu’à entraîner la cécité. Le remède? L’injection intraoculaire d’un traitement, plusieurs fois par an.

«

Je suis tombée amoureuse 
des robots lors 
de mon stage»

Franziska Ullrich (30 ans), CEO de 
la start-up Ophthorobotics, à Zurich

De grandes attentes 

Cette procédure de routine, tout aussi fastidieuse pour le patient que pour le médecin, devrait bientôt être simplifiée grâce aux progrès de la robotique. Un appareil viendrait ainsi se positionner sur l’œil du patient; deux caméras permettraient ensuite de le mesurer, de positionner l’aiguille avec précision et d’injecter le traitement. Il faudra certes encore quelques années de recherche et de développement à la start-up Ophthorobotics avant que son dispositif ne soit autorisé, mais le projet est plus que prometteur. Le groupe pharmaceutique Novartis apporte son soutien au développement du prototype et le magazine économique américain «Forbes» a placé Franziska Ullrich sur la liste «30 Under 30», qui classe les trente jeunes entrepreneurs les plus prometteurs en dehors des États-Unis.
La scientifique souligne par ailleurs que si elle participe à ce projet, c’est aussi pour des raisons d’ordre moral: «Les sommes investies dans la recherche en robotique sont colossales, et deux secteurs sortent largement du lot: le domaine militaire et la médecine. Quand j’ai dû choisir une orientation, je n’ai pas hésité longtemps.»
C’est également l’avis de Margarita Chli (34 ans): «Les drones peuvent faire de meilleures choses que de simplement lâcher des bombes ou photographier la terrasse du voisin», affirme la professeure assistante. Elle dirige un laboratoire au sein de l’EPF qui entend apprendre aux robots à voir. Les conditions sont difficiles, mais c’est pour la bonne cause. Elle explique: «Sur un drone, il y a peu d’espace pour des capteurs et des ordinateurs. Si nous atteignons notre objectif, nous pourrons équiper tous les robots d’un dispositif de perception visuelle.»

Margarita Chli (34 ans) veut apprendre aux robots à voir. Les drones autonomes pourraient ainsi être utiles dans des zones sinistrées, par exemple. 

Précision versus intuition

Le défi est de taille: pas moins de 60% des capacités cérébrales d’un être humain sont en effet réservées à la vision. La vue est un sens des plus importants sans lequel nous tâtonnerions. Les machines aujourd’hui sont d’ores et déjà équipées de capteurs optiques qui, contrairement à l’œil humain, couvrent parfois même le spectre infrarouge. Les robots sont, quant à eux, meilleurs que nous pour ce qui est d’évaluer les distances avec précision. Mais les machines ont toutefois encore du mal à organiser les objets dans l’espace de manière intuitive. La collaboration de drones en groupe est un autre aspect important de la recherche: «Lorsque cela fonctionne, une nuée de drones est bien plus efficace qu’un seul appareil»,  explique Margarita Chli. Si les capacités des drones sont encore bien loin d’égaler la vision humaine, ils pourraient toutefois nous être très utiles dans un avenir proche, que ce soit dans les zones sinistrées difficiles d’accès, pour la maintenance d’installations industrielles ou dans le domaine agricole. «Les drones peuvent être utilisés pour contrôler l’arrosage des plantes ou pour la détection précoce de maladies chez les végétaux.»

Les vaches et l’IA 

Il y a de cela quelques semaines seulement, Google Suisse a exposé l'éventail de possibilités qu'offre la digitalisation à l'occasion d'une conférence sur l'apprentissage machine et l'intelligence artificielle (IA), qui s'est tenue à Zurich. Aujourd'hui, il n'est plus nécessaire de programmer péniblement chaque étape, une à une. De la même manière qu'un enfant apprend petit à petit à marcher à force de tomber et de se relever, les robots et autres systèmes similaires sont en effet capables d'acquérir de l'«expérience» grâce à des réseaux dits neuronaux. Voici un exemple tiré là encore du domaine agricole: le système «Ida», développé par l'entreprise néerlandaise Connecterra, a développé une application qui indique le moment le plus propice à l'insémination des vaches et qui avertit l'utilisateur lorsque l'un de ses animaux tombe malade. Si la gestion quotidienne de ces problématiques est assez simple pour un agriculteur disposant d'un petit troupeau, elle devient toutefois plus épineuse à mesure que la taille du cheptel grandit. «Ida» permet ainsi de garder les choses en main. Pour ce faire, les animaux portent une sorte de moniteur d'activité physique autour du cou qui enregistre principalement les mouvements de l'animal. Saad Ansari, 38 ans, ingénieur en chef, nous explique: «L'intelligence artificielle évalue ces données et les compare avec des valeurs empiriques. L'appareil peut ainsi nous avertir en cas de maladie et contribuer efficacement à la reproduction de l'élevage.»
La conférence de Zurich a montré que l'IA est aujourd'hui utilisée dans de multiples domaines, que ce soit sur des ordinateurs ultra-performants ou sur nos téléphones portables. L'application «Google Photos» analyse par exemple le contenu des images et classe les photographies dans des catégories telles que «montagne», «voitures» ou «coucher de soleil». On peut penser que ce type d'intelligence artificielle relève du simple divertissement, mais les systèmes dotés d'un logiciel d'IA reposant sur l'auto-apprentissage ont fait d'énormes progrès en matière d'imagerie dans le domaine médical et pour l'optimisation de la consommation énergétique.

Les robots au travail

Les assistants numériques sont non seulement intelligents, mais ils sont aussi capables d'agir. A l'avenir, ordinateurs, imprimantes 3D et robots devraient contribuer à ce que nos maisons soient construites de manière plus durable et plus efficace: c'est l'objet du Pôle de recherche national «Fabrication numérique» de Dübendorf. On y construit le premier bâtiment de trois étages conçu et édifié en grande partie grâce au numérique. Il devrait être mis en service d'ici à l'été prochain.
Chez Coop aussi, les employés se font désormais aider par des robots, notamment en logistique: au centre de distribution de Schafisheim, certaines machines s'emploient à trier les vides tandis que d'autres vont et viennent dans les entrepôts frigorifiques – eux ne sont pas aussi sensibles aux températures que nous!

La digitalisation permet à Coop d’éviter le gaspillage alimentaire grâce à une analyse journalière des données enregistrées aux caisses.

Contre le gaspillage alimentaire

Une équipe d’informaticiens de Coop travaille à analyser les données enregistrées chaque jour aux caisses. Les quantités sont astronomiques. Couplées à d’autres données, telles que la météo ou les jours fériés, elles permettent de dégager des tendances de consommation en fonction des régions et se révèlent très utiles. Si nous n’avons pas besoin d’intelligence artificielle pour savoir que les glaces se vendent en plus grande quantité en été, les prévisions basées sur des données peuvent toutefois aider le directeur à optimiser les stocks de son magasin. Les événements locaux, comme un match de football au stade voisin, peuvent ainsi être pris en compte sans intervention humaine pour les prochaines commandes de denrées. L’objectif? Que le client ne se retrouve pas le bec dans l’eau face à un rayon trop rapidement dévalisé ou qu’il ne reste pas de quantités trop importantes d’aliments frais qui ne pourront plus être vendus le lendemain.  Les informaticiens de Coop ne sauvent certes pas le monde, mais ils contribuent à la gestion rationnelle et efficace de nos ressources.

Une première nationale

Sous l’égide de digitalswitzerland et en collaboration avec denombreuses organisations partenaires dont Coop, la première Journée du digital se déroulera le 21 novembre. Près de 40 entreprises, universités et institutions renommées présentent ensemble les opportunités du numérique.

Plus d'infos

Tout a commencé avec le système de Leibniz

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1697: Le système binaire
Gottfried Wilhelm Leibniz développe le système binaire qui, en se servant des seuls caractères 0 et 1, a rendu possible l’invention des ordinateurs.

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1977: Naissance du PC
L’Apple II de Steve Wozniak est le premier ordinateur personnel à voir le jour.

1981: High-tech romand
Daniel Borel fonde Logitech à Apples (VD), devenu leader sur le marché des périphériques sans fil.

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1987: Le «www» naît à Genève
Tim Berners-Lee développe au CERN (GE) la technologie HTML et le World Wide Web.

1995: Le GPS arrive 
Le système de géolocalisation par satellite, ou GPS, est opérationnel.

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1997: Google, futur site le plus visité
Naissance du moteur de recherche Google, qui est aujourd’hui le site web le plus visité au monde.

2005: Partage de vidéos 
La plateforme vidéo YouTube débarque et amène une petite révolution sur la Toile. Elle est rachetée un an plus tard par Google pour 1,65 milliard de dollars. C’est le second site le plus visité au monde.

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2007: Le téléphone devient intelligent
Premier smartphone: Steve Jobs présente le premier iPhone d’Apple.

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2017: Le top de l’IA
AlphaGo Zero, un programme autodidacte, surpasse toutes les intelligences artificielles précédentes.

«Tout le monde a sa chance, mais encore faut-il savoir la saisir»

Affaire de chef Que représente le passage au numérique pour Coop en tant qu’entreprise, pour ses employés et ses clients? Joos Sutter, CEO de Coop, voit en la digitalisation un véritable défi et des opportunités.

Joos Sutter avec le scanner Passabene, qui rend 
l’achat transparent et agréable
 aux clientes et clients de Coop.

Si une personne vous dit: «Le numérique ne me concerne pas. J’habite à la campagne et la vie y est terre à terre.» Que lui répondez-vous?
Internet a rendu le monde plus accessible. Nous disposons de plus en plus d’informations en temps réel. Vous pouvez même consulter en ligne et commander l’assortiment de notre plus petite filiale Coop, située dans le village tessinois de Bosco Gurin. Nous souhaitons répondre aux besoins de nos clients et le numérique nous y aide énormément.

Au travail comme à la maison, le numérique gagne de plus en plus de terrain et inquiète bon nombre de personnes. Est-ce aussi une préoccupation pour vous en tant que père de famille?
Il faut apprendre à faire le tri et à utiliser les informations de manière judicieuse. Quand j’observe les jeunes d’aujourd’hui, j’ai le sentiment qu’ils appréhendent la chose avec bien plus de sérénité que les gens de ma génération.

À la boulangerie centrale, les pains briochés sont tressés par un automate, tandis que des robots et des transporteurs automatisés travaillent à la logistique. Nos emplois sont-ils voués à disparaître?
L’histoire a déjà montré plus d’une fois que le monde du travail s’adapte rapidement. De nombreux secteurs sont en pleine évolution et d’autres vont naître. De nouveaux postes de travail vont voir le jour; c’était déjà le cas lors de l’industrialisation. L’explosion du tourisme est, par exemple, à l’origine d’un gigantesque essor économique mondial. La digitalisation n’y est pas pour rien.

Si l’on veut saisir ces nouvelles opportunités, il faut toutefois tenir la cadence et ne jamais cesser d’apprendre. Comment motivez-vous vos employés?
En tant qu’entreprise, nous ne pouvons que fixer les conditions-cadres. Coop investit globalement près de 45 millions de francs par an dans les formations. Tout le monde a sa chance, mais encore faut-il savoir la saisir.

Coop s’engage en faveur du développement durable et le numérique joue un rôle important là-dedans.À quoi peut-on le voir?
La traçabilité des denrées alimentaires ou les informations relatives au développement durable seraient impensables sans le numérique! Pour ce qui est des commandes, nous disposons aujourd’hui d’outils qui nous permettent de cibler et de couvrir exactement les besoins des clients, et donc d’éviter les stocks excédentaires.

La Journée du digital entend éveiller les consciences et susciter l’intérêt du public. Comment Coop voit-elle les choses?
Nous ne cherchons pas uniquement des programmateurs et autres experts en robotique. La digitalisation a également engendré un besoin accru de contact avec les clients, un besoin de service. Un boucher ou un pâtissier doit pouvoir conseiller la clientèle de manière compétente. Chez Coop, chacun peut mettre à profit ses connaissances spécialisées et contribuer au processus de transformation pour évoluer avec nous.

Martin Vetterli (Président de l’EPFL) évoque les défis de la révolution digitale

Yves Flückiger (Président de l’UNIGE) explique les enjeux de la digitalisation au sein de son institution

André Schneider (CEO de l’aéroport de Genève) explique ce que le digital apporte au monde aéronautique

YuMi, le robot d’ABB qui fabrique des avions en papier

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Martin Winkel
Photo:

Christoph Kaminski, Wikimedia/NeonZero, Wikimedia/Aavindraa, Heiner H. Schmitt, Keystone, DR
Publication:
lundi 20.11.2017, 13:00 heure





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